France Berlioz | |
« Mon bébé a été sauvé du VIH »
Au Botswana, plus de 37 % des femmes enceintes qui font le test du sida sont séropositives. Et près de 50 % des jeunes. Déterminé à « faire la guerre au sida », le gouvernement, en partenariat avec l’Unicef, assure la gratuité des tests et des traitements anti-rétroviraux. Grâce à un protocole de soins, des nourrissons sont désormais épargnés par le virus à la naissance. Témoignage.
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Enceinte mais séropositive
Elle s'appelle Sara et vit à Gabane, un petit village du Botswana, au sud de l'Afrique. En 2001, cette jeune femme à l'allure encore adolescente s'aperçoit qu'elle est enceinte. Enceinte, mais aussi séropositive. « Quand je suis allée à la clinique pour passer ma première visite prénatale, on m'a proposé de faire un test de dépistage du VIH. Tranquille, j'ai accepté. Et là, le choc ! ». Sara interroge les médecins sur l'avenir de son bébé : « Va-t-il naître avec le virus du sida ? Va-t-il mourir ? Peut-on le sauver ? »
Traitement pendant la grossesse et à l'accouchement
La clinique propose alors à la future maman un traitement AZT pendant sa grossesse, avec une double dose au moment de l'accouchement. « On m'a expliqué qu'avec cette prise en charge médicale le nombre de bébés séropositifs était passé de 40 % à 20 % en deux ans ». Le 27 mai 2002, Sara met au monde un petit garçon, Eliot. « Avant de savoir s'il était ou non porteur du VIH, j'ai dû attendre six semaines la peur au ventre ».
Le sida reste tabou
Suivant le programme PMTCT à la lettre, la jeune maman renonce à donner le sein à son bébé. L'allaitement est en effet un facteur de risque important de contamination. Mais, en Afrique, donner des biberons de lait en poudre à un nourrisson est contre-nature. Dans le village, c'est aussi un facteur de stigmatisation. « Les gens disent : si elle n'allaite pas son enfant, c'est qu'elle a le sida. Et le sida reste tabou. Cela n'a pas été facile, mais j'ai donné à mon fils toutes les chances de vivre. »
Sara a eu raison. Le premier test s'est révélé négatif. Le second aussi. « J'estime que mon bébé a été sauvé grâce à ce protocole de soins. Evidemment, moi, je reste séropositive. Il m'arrive d'avoir des crises d'herpès, signe que la maladie évolue », témoigne la jeune femme de 27 ans, qui a rejoint la soixantaine de bénévoles de son village. « Je participe aux soins à domicile. Et avec d'autres personnes séropositives, nous organisons des réunions pour sensibiliser les gens, et surtout les jeunes, à se prendre en charge, faire un test de dépistage, se soigner, utiliser des préservatifs. Aujourd'hui, je n'ai plus peur de dire que je suis séropositive. Pas peur non plus de dire que j'ai changé ma façon de vivre, car je ne veux pas transmettre le virus. Oui, j'ai le VIH, mais je le garde pour moi. »
Sara a eu raison. Le premier test s'est révélé négatif. Le second aussi. « J'estime que mon bébé a été sauvé grâce à ce protocole de soins. Evidemment, moi, je reste séropositive. Il m'arrive d'avoir des crises d'herpès, signe que la maladie évolue », témoigne la jeune femme de 27 ans, qui a rejoint la soixantaine de bénévoles de son village. « Je participe aux soins à domicile. Et avec d'autres personnes séropositives, nous organisons des réunions pour sensibiliser les gens, et surtout les jeunes, à se prendre en charge, faire un test de dépistage, se soigner, utiliser des préservatifs. Aujourd'hui, je n'ai plus peur de dire que je suis séropositive. Pas peur non plus de dire que j'ai changé ma façon de vivre, car je ne veux pas transmettre le virus. Oui, j'ai le VIH, mais je le garde pour moi. »
Crédits photos : UNICEF / Pirozzi
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