Anne-Laure Murier | |
Phosphorer à l'étranger
Parce que la recherche cardiovasculaire est internationale, la Fédération Française de Cardiologie réserve quelques-unes de ses 30 à 40 bourses annuelles à des jeunes cardiologues candidats au départ. Témoignage de Marc Sirol, dont le cour balance entre passion scientifique et pessimisme sur ses perspectives professionnelles en France.
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Direction l'Amérique
C'est dans le cadre d'une thèse de sciences que Marc Sirol a décidé de franchir l'Atlantique avec femme et enfants, à l'aide d'une bourse de la Fédération Française de Cardiologie. « Aux États-Unis, les moyens accordés à la recherche sont bien plus importants qu'en France, ce qui influe sur l'accès à des équipements technologiques et induit une avance médicale et scientifique. » Un facteur crucial pour le jeune médecin cardiologue, qui a recours à l'imagerie par résonance magnétique (IRM) pour ses travaux sur l'athérosclérose. « Cette technique de visualisation est non-invasive, c'est-à-dire sans aucun danger pour les patients, et n'expose pas aux radiations, contrairement au scanner. Je cherche à caractériser les plaques de graisse qui se déposent dans les artères et contribuent à les obstruer : elles risquent en effet de se rompre, provoquant un infarctus ou un accident cérébral. »
Le manque d'équipements en France
Si l'IRM se développe en France, ces gros appareils, comparables à des aimants circulaires, sont généralement accaparés par les structures cliniques. « A mon départ, il y a deux ans, l'Assistance publique - Hôpitaux de Paris comptabilisait une dizaine de machines pour vingt-cinq établissements environ, alors que l'hôpital américain qui m'accueille en possède six, dont une est entièrement dédiée à la recherche ! » Enfin, c'est seulement à New York que Marc Sirol a accès à des agents de contraste, produits qu'il teste sur des animaux pour localiser des endroits spécifiques de la plaque de cholestérol à des fins diagnostiques : « L'industrie pharmaceutique sponsorise très volontiers nos recherches puisque notre groupe est l'un des leaders dans ce domaine ; les résultats qu'il publie sont suivis par la communauté scientifique internationale. »
Un retour possible ?
Bémol à cet enthousiasme, quid d'une valorisation possible de ce travail en France ? « Les maladies cardio-vasculaires constituent la première cause de mortalité dans les pays développés », rappelle Marc Sirol. « Idéalement, cette technique de dépistage pourrait compléter les traitements dont on dispose déjà : si une personne présente un risque d'athérosclérose, on anticipe l'accident par pharmacologie ou chirurgie. Mais cette piste n'en est qu'au stade expérimental, et le passage à l'homme exige des moyens que la France ne se donne pas. » Pour l'heure, Marc Sirol a accepté de prolonger son expatriation. Crédits et poste à la clef, mais la fibre patriotique en berne.
Soutenir la recherche sur les maladies cardiovasculaires :
http://www.fedecardio.com
Crédits photos : Fédération Française de Cardiologie
C'est dans le cadre d'une thèse de sciences que Marc Sirol a décidé de franchir l'Atlantique avec femme et enfants, à l'aide d'une bourse de la Fédération Française de Cardiologie. « Aux États-Unis, les moyens accordés à la recherche sont bien plus importants qu'en France, ce qui influe sur l'accès à des équipements technologiques et induit une avance médicale et scientifique. » Un facteur crucial pour le jeune médecin cardiologue, qui a recours à l'imagerie par résonance magnétique (IRM) pour ses travaux sur l'athérosclérose. « Cette technique de visualisation est non-invasive, c'est-à-dire sans aucun danger pour les patients, et n'expose pas aux radiations, contrairement au scanner. Je cherche à caractériser les plaques de graisse qui se déposent dans les artères et contribuent à les obstruer : elles risquent en effet de se rompre, provoquant un infarctus ou un accident cérébral. »
Le manque d'équipements en France
Si l'IRM se développe en France, ces gros appareils, comparables à des aimants circulaires, sont généralement accaparés par les structures cliniques. « A mon départ, il y a deux ans, l'Assistance publique - Hôpitaux de Paris comptabilisait une dizaine de machines pour vingt-cinq établissements environ, alors que l'hôpital américain qui m'accueille en possède six, dont une est entièrement dédiée à la recherche ! » Enfin, c'est seulement à New York que Marc Sirol a accès à des agents de contraste, produits qu'il teste sur des animaux pour localiser des endroits spécifiques de la plaque de cholestérol à des fins diagnostiques : « L'industrie pharmaceutique sponsorise très volontiers nos recherches puisque notre groupe est l'un des leaders dans ce domaine ; les résultats qu'il publie sont suivis par la communauté scientifique internationale. »
Un retour possible ?
Bémol à cet enthousiasme, quid d'une valorisation possible de ce travail en France ? « Les maladies cardio-vasculaires constituent la première cause de mortalité dans les pays développés », rappelle Marc Sirol. « Idéalement, cette technique de dépistage pourrait compléter les traitements dont on dispose déjà : si une personne présente un risque d'athérosclérose, on anticipe l'accident par pharmacologie ou chirurgie. Mais cette piste n'en est qu'au stade expérimental, et le passage à l'homme exige des moyens que la France ne se donne pas. » Pour l'heure, Marc Sirol a accepté de prolonger son expatriation. Crédits et poste à la clef, mais la fibre patriotique en berne.
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