Anne-Laure MURIER | |
L'état de la recherche en France
Soutien de projets scientifiques, bourses à des chercheurs, aides à des équipes hospitalières, actions d'information et de prévention, financement d'infrastructures : du cancer aux maladies rares, les associations s'affirment comme des partenaires indispensables de la recherche biomédicale en France. le point sur la recherche en France.
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La recherche en péril
« Les associations ne pallieront pas les déficiences de l'Etat (1) » Alors que la colère des chercheurs atteignait son pic et donnait la fièvre aux décideurs politiques, c'est le diagnostic qu'ont posé haut et fort quatre collectifs de malades faisant appel à la générosité du public. Avec une ordonnance non moins rigoureuse : « Les associations sont là pour jouer un rôle d'accélérateur, pour faire sauter des verrous et pour impulser des avancées, mais en aucun cas à la place de l'Etat et du secteur privé. Maintenir un effort financier sur le secteur de la recherche en France est indispensable, pour l'avenir du pays mais, surtout, pour que les malades en aient un.
Une complémentarité nécessaire
Un rappel à l'ordre plus que légitime. Pendant que l'académie des Sciences déplore l'inadaptation du modèle français de recherche et prône des réformes urgentes pour éviter de voir se creuser « un fossé irréversible » avec les autres grands pays, la société civile n'hésite pas à mettre la main à la poche pour parfaire l'excellence scientifique et médicale nationale, appuyant des actions aussi généralistes que ciblées, concernant des maladies rares ou plus répandues. « La complémentarité entre acteurs publics, privés et caritatifs est reconnue comme une nécessité absolue depuis longtemps », commente Catherine Monnier, directrice des ressources à la Fondation Recherche Médicale<
Eviter la fuite des cerveaux
Lancée dès 1947 par des grands chercheurs, cette fondation à la vocation pluridisciplinaire couple deux types d'actions grâce à des dons et legs exclusivement. D'une part, elle finance sur dossier équipes et projets, aidant notamment de jeunes chercheurs en formation à l'étranger à réintégrer les organismes de recherche publique - l'Inserm et le CNRS principalement. « Aujourd'hui, la carrière de chercheur en France passe nécessairement par une expérience à l'étranger, mais rien n'est fait pour organiser leur retour en France ! », alerte Catherine Monnier.
Seconde préoccupation de la Fondation Recherche Médicale, redynamiser le tissu scientifique autour d'un champ négligé par les pouvoirs publics - a contrario du cancer, par exemple, combattu à travers un plan national d'envergure. « Après la psychiatrie, c'est l'allergie qui est l'objet de notre programme pluriannuel. En 2010, on estime qu'un Français sur deux sera concerné : il est primordial de favoriser une approche multidisciplinaire sur cette maladie. Elle se multiplie et ses causes et mécanismes fondamentaux restent méconnus. » Bref, qu'il s'agisse d'enrayer la fuite des cerveaux ou d'asseoir une dynamique autour d'un enjeu de Santé publique, « à travers le don utile, soutenir la recherche, c'est préserver la santé
Seconde préoccupation de la Fondation Recherche Médicale, redynamiser le tissu scientifique autour d'un champ négligé par les pouvoirs publics - a contrario du cancer, par exemple, combattu à travers un plan national d'envergure. « Après la psychiatrie, c'est l'allergie qui est l'objet de notre programme pluriannuel. En 2010, on estime qu'un Français sur deux sera concerné : il est primordial de favoriser une approche multidisciplinaire sur cette maladie. Elle se multiplie et ses causes et mécanismes fondamentaux restent méconnus. » Bref, qu'il s'agisse d'enrayer la fuite des cerveaux ou d'asseoir une dynamique autour d'un enjeu de Santé publique, « à travers le don utile, soutenir la recherche, c'est préserver la santé
La recherche sur les maladies cardiovasculaires
« Préservez votre capital cour », incite quant à elle la Fédération Française de Cardiologie (FFC). Parce que nous ignorons souvent que les maladies cardiovasculaires représentent la première cause de décès en France, à l'instar des pays développés, c'est toute une profession qui a choisi d'agir. « Tabagisme, surpoids, diabète, les tendances épidémiologiques ne vont pas dans le bon sens alors que les facteurs de risques sont connus ! », déplore le Pr Christophe Bauters. Comme ce chef de service lillois, chargé d'animer le département recherche à la FFC, 300 cardiologues bénévoles multiplient sur le terrain la prévention et l'information sur les gestes qui sauvent en cas d'urgence, ou encore concourent à améliorer l'aide à la réadaptation des cardiaques et à favoriser la recherche. « Auprès des structures hospitalières (nous leur achetons du matériel ou soutenons leurs projets) comme des jeunes cliniciens (nous finançons les recherches à l'étranger), notre apport en cardiologie clinique est conséquent », détaille le Pr Bauters. Si le système français n'oblige pas à la mobilité, c'est pourtant loin de nos frontières que progressent techniques diagnostiques ou protocoles de prise en charge. « Il est important d'intégrer ces laboratoires à la pointe, d'autant qu'une recherche appliquée qui débouche sur un résultat positif peut s'appliquer en routine très rapidement. &raq
Les maladies rares
Aussi surprenant soit-il, c'est une association de malades et de parents de malades qui s'est imposée comme un acteur majeur de la recherche en France, grâce au gigantesque succès du Téléthon. Au point que l'Association Française contre les Myopathies (AFM), centrée sur la génétique et les maladies rares, est jugée comme un modèle de mobilisation de la recherche, qu'elle soit publique ou privée, en France ou à l'étranger. « Peu nous importe, pourvu qu'on parvienne à guérir les maladies neuromusculaires », martèle Laurence Tiennot-Herment. « Alors que ces pathologies, toujours incurables, ne bénéficiaient d'aucune recherche, nous avons investi 577 millions d'euros depuis le premier Téléthon, en 1987, jusqu'en 2003. » Nécessité oblige, confirme la Fédération Maladies Orphelines (FMO) par la voix de son directeur, Gilles Boustany : « Les maladies non-rentables n'intéressent personne. »
Des attentes en matière de recherche
Peu importe également à l'AFM que ses investissements dans des voies thérapeutiques ou des infrastructures lourdes concernent des maladies génétiques autres, voire l'infarctus du myocarde, pourvu que ces pistes constituent des approches modèles, généralisables. « Gènes-médicaments, cellules souches, pharmacologie, cela ne nous choque pas d'avoir à démontrer la faisabilité de techniques ou de pistes novatrices. En revanche, je ne comprends pas que l'Etat ne prenne pas le relais sur des enjeux de santé tels que l'errance diagnostique, alors que nous avons réalisé toutes les recherches et collectes génétiques en amont. » Un mal que vont peut-être soigner les Etats généraux de la recherche, prévus en octobre pour soigner le modèle français ?
(1) Communiqué de presse conjoint de l'Association Française contre les Myopathies, Aides, l'Alliance Maladies Rares et la Ligue nationale contre le Cancer.
Crédits photos : Fondation pour la Recherche Médic
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