Olivier Malaponti | |
Sida, l'inégalité de traitement
95 % des personnes atteintes par le VIH pourraient mieux vivre si elles avaient accès à un traitement. Seulement, elles n'ont pas les moyens de se l'offrir.
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Un monde à plusieurs vitesses. L'inégalité d'accès aux médicaments anti-rétroviraux (ARV), médicaments permettant aux personnes infectées par le VIH de vivre, est criante. Quarante-deux millions de personnes sont infectées à travers le monde. Selon Médecins Sans Frontières, 95 % des personnes infectées vivent dans les pays pauvres, et seul 1 % d'entre elles ont accès à un traitement anti-rétroviral.
Le cas de l'Afrique
Eric Maville, responsable du développement international chez Aides, s'appuyant sur les données de l'OMS (organisation mondiale de la santé), explique que « sur les 30 millions de personnes vivant avec le VIH en Afrique, 6 millions ont un besoin urgent de traitement ARV. Fin 2003, 70 000 à 100 000 personnes bénéficiaient effectivement d'un traitement, soit un peu plus de 1 % : une goutte d'eau ! » s'exclame-t-il. Au Botswana, c'est près de 40 % de la population qui est infectée !
Les obstacles
Pour Karine Gavand, responsable de la mobilisation à Solidarité Sida, les obstacles à l'accès aux médicaments pour les pays en développement sont multiples : « il y a une faiblesse des contributions financières des grands donateurs et une faiblesse des investissements en santé publique dans les pays en développement. Aussi, les barrières juridiques, dans le cadre des accords de l'OMC (Organisation mondiale du commerce), posent problème. Les Etats-Unis et l'Europe protègent les intérêts de leur industrie pharmaceutique. A cela s'ajoute un manque de personnel qualifié car le traitement de la maladie est parfois compliqué. » Malgré les importantes diminutions de prix intervenues ces dernières années (un traitement coûte entre 15 et 150 euros par mois selon les pays), le coût, la prévention et la formation du personnel soignant demeurent les principaux obstacles à l'accès aux médicaments. Mobilisation et pression : tels sont les maîtres mots pour Karine Gavand. « Il faut une pression de la société civile pour que les gouvernants respectent leurs engagements et accroissent leur contribution. La pression doit s'exercer non seulement sur les organes des Nations unies, mais aussi sur les gouvernements de chaque pays. »
Crédit photos : Solidarité Sida
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