Violaine de Marsangy

Cancer du sein : le dépistage précoce sauve des vies

Le cancer du sein est aujourd'hui, chez la femme, le cancer le plus répandu. Chaque année, la France compte 42 000 nouveaux cas. Si l'examen clinique est utile, le dépistage précoce reste la meilleure façon de vaincre la maladie.
Cancer du sein : le dépistage précoce sauve des vies
D'où vient le cancer ?

Les causes du cancer du sein restent encore inconnues pour la médecine. Il existe néanmoins un certain nombre de facteurs de risque. Tout d'abord l'âge. La moitié des cancers du sein surviennent après 65 ans, et 25 % avant 50 ans, alors qu'avant 40 ans les risques de contracter la maladie sont minimes (moins de 10 % des cas). Une puberté précoce, une ménopause tardive, une première grossesse après 40 ans, l'obésité sont aussi considérées comme des facteurs de risque. On compte aussi parmi eux une forte consommation d'alcool, de sucres ou de graisse d'origine animale.
Contrairement aux idées reçues, la cause du cancer est génétique dans seulement 5 à 6 % des cas. Néanmoins, il existe des facteurs de risque familiaux qui se transmettent, comme la tendance à avoir une modification de la glande mammaire, la mastopathie. Enfin, les études menées sur les effets nocifs de la pilule restent contestables selon la Ligue contre le cancer. « L'absence de cause évidente facilite de nombreuses hypothèses, souvent hasardeuses », remarque Nicole Alby, présidente d'Europa Donna France et psychologue.

Pourquoi se faire dépister tôt ?

« Le dépistage consiste à détecter un cancer, grâce à un test ou un examen, avant qu'il ne se manifeste par des symptômes », explique le docteur Marie-Hélène Dilhuydy pour l'association Europa Donna. L'examen classique est la mammographie. Celle-ci peut détecter une tumeur lorsqu'elle est toute petite et encore impalpable (moins d'un centimètre). À ce stade-là, on soigne mieux qu'à un stade plus avancé et les traitements sont moins lourds. On peut ainsi éviter la chimiothérapie et les interventions chirurgicales importantes, comme la mastectomie (ablation du sein).
À partir de 50 ans, et ce jusqu'à 74 ans, les femmes ont le droit à une mammographie gratuite tous les deux ans. Le dépistage précoce, organisé à l'échelle nationale, a prouvé son efficacité. Il fait chuter de 30 % la mortalité à condition que 70 % des femmes répondent aux invitations du dépistage organisé. Entre deux visites gynécologiques, une femme peut s'autoexaminer une fois par mois. L'association Le cancer du sein, parlons-en !  explique sur son site les gestes de l'autopalpation. « Mais le plus important reste la vigilance », insiste Nicole Alby. « Il faut regarder ses seins régulièrement et aller voir son médecin dès qu'on observe un signe anormal », poursuit-elle.

Soutien psychologique et image de soi

Si un cancer est diagnostiqué, il est essentiel de se faire soigner dans un grand centre spécialisé avec une équipe pluridisciplinaire. L'Institut Gustave Roussy a mis en place, par exemple, une consultation de diagnostic en un jour. Les femmes susceptibles d'être atteintes d'un cancer du sein rencontrent les spécialistes un par un - oncologue, radiologue, pathologiste et chirurgien - et peuvent faire tous les examens nécessaires.
La découverte de cette maladie est un événement bouleversant et angoissant. Les lendemains d'une opération chirurgicale et les conséquences physiques et morales des traitements sont aussi des moments difficiles à vivre. Pour soutenir les femmes, pour les aider à se sentir belle pendant la maladie ou simplement pour leur permettre de partager les angoisses liées à la maladie, diverses initiatives ont vu le jour. L'association La vie de plus belle, par exemple, organise dans les hôpitaux des ateliers de maquillage encadrés par des esthéticiennes. L'association Étincelle a ouvert un espace d'accueil consacré à la qualité de vie des malades. Les femmes trouvent des conseils de coiffure, nutritionnels, antitabac ainsi que des groupes de parole, et même des rendez-vous avec un psychologue pour celles qui ont besoin de se confier.
Outre ces initiatives, le soutien de l'entourage familial et social reste essentiel. Agnès a été atteinte d'un cancer invasif. Elle s'est beaucoup appuyée sur son mari. « Psychologiquement, ç'a été très dur. J'ai beaucoup pleuré », explique-t-elle. « Heureusement, mon mari était très présent », ajoute la jeune grand-mère. « Cette aventure nous a même rapprochés, car nous l'avons vécue ensemble », disent-ils.

Où en est la recherche ?

Il existe de nouveaux produits de chimiothérapie et des traitements d'hormonothérapie qui limitent les rechutes. Les résultats obtenus par l'ensemble de ces nouveaux traitements ainsi que par les progrès de l'imagerie (mammographies plus précises) sont conséquents. En effet, proportionnellement au nombre de cas, la mortalité a beaucoup baissé. Parmi les 10 000 morts que l'on recense en France chaque année, la majorité sont des femmes malades depuis très longtemps (25 ans parfois) et qui n'ont pas pu bénéficier des nouveaux traitements. « Le pronostic de la maladie a changé : le nombre de cas de cancer du sein a été multiplié par vingt, en revanche la mortalité recule. C'est très encourageant », conclue Nicole Alby.

Crédit photo : Association La vie de plus bell

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