Source : MSF | |
Garder les yeux ouverts
Partie pour la première fois comme médecin volontaire en décembre 1994 au Rwanda, Marie-Madeleine a connu le cauchemar à Kibeho. Aujourd'hui, elle fait de l'attention portée aux personnes secourues sa priorité.
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Lorsque l'on se penche sur la longue liste de ses missions (Rwanda, Ouganda, Soudan, Afghanistan, Tadjikistan, Tchétchénie.), on ne voit quasiment que des pays en guerre, où les civils vivent et meurent sous la menace et dans la peur.
Sa première mission l'amène au Rwanda, alors que trois épidémies se déclarent simultanément. « J'aime l'urgence parce qu'on voit nos actes porter leurs fruits, la condition des gens s'améliorer. Nous avions vacciné 60 000 personnes quelques jours après mon arrivée. Le stage de préparation au premier départ m'avait donné quelques notions, ainsi je n'étais pas trop perdue. »
Sa première mission l'amène au Rwanda, alors que trois épidémies se déclarent simultanément. « J'aime l'urgence parce qu'on voit nos actes porter leurs fruits, la condition des gens s'améliorer. Nous avions vacciné 60 000 personnes quelques jours après mon arrivée. Le stage de préparation au premier départ m'avait donné quelques notions, ainsi je n'étais pas trop perdue. »
Savoir écouter
Ce à quoi aucun stage ne pouvait préparer Marie, c'est la tuerie de Kibeho. Trois mille Rwandais massacrés sous les yeux des volontaires et des Casques bleus présents. Se coucher pour éviter les balles, enjamber les cadavres. Une expérience violente et brutale. « J'ai compris que le respect pour la blouse blanche n'existait pas. » Ouvrir les yeux, garder chaque jour sa vigilance intacte, désormais, c'est, pour elle, indispensable : « Il faut savoir parler avec les gens, les écouter. »
Ce à quoi aucun stage ne pouvait préparer Marie, c'est la tuerie de Kibeho. Trois mille Rwandais massacrés sous les yeux des volontaires et des Casques bleus présents. Se coucher pour éviter les balles, enjamber les cadavres. Une expérience violente et brutale. « J'ai compris que le respect pour la blouse blanche n'existait pas. » Ouvrir les yeux, garder chaque jour sa vigilance intacte, désormais, c'est, pour elle, indispensable : « Il faut savoir parler avec les gens, les écouter. »
Témoigner ou ne rien dire ?
Puis retour à la maison, à Montbéliard, pour quelques temps. Mais la fibre humanitaire, trop bien installée en elle, la pousse à repartir. Ce sera l'Afghanistan, avec ce souvenir ancré en elle d'un film sur les « French Doctors » vu lorsqu'elle était adolescente. A cette époque, elle vivait dans le Jura et elle avait déjà ressenti une insolite complicité à l'égard de ces populations montagnardes. Elle sera donc à son aise dans le Badakhshan, cette province afghane où elle mènera un programme de santé materno-infantile, avant d'en être chassée par le régime taliban.
On la retrouve ensuite en Tchétchénie, à la maternité de Grozny quand, au printemps 2000, l'association peut à nouveau porter assistance aux Tchétchènes. Témoigner ? « Je ne sais pas à quoi ça sert, confie-t-elle, mais ne rien dire revient à ajouter un peu de terre sur des gens qui n'ont pas grand monde sur qui compter. »
Les yeux ouverts. et pas la langue dans la poche.
En savoir plus sur MSF :http://www.msf.fr/
Crédit photos : Francesco Zizola, Roger Job, Didier Lefèvre
Puis retour à la maison, à Montbéliard, pour quelques temps. Mais la fibre humanitaire, trop bien installée en elle, la pousse à repartir. Ce sera l'Afghanistan, avec ce souvenir ancré en elle d'un film sur les « French Doctors » vu lorsqu'elle était adolescente. A cette époque, elle vivait dans le Jura et elle avait déjà ressenti une insolite complicité à l'égard de ces populations montagnardes. Elle sera donc à son aise dans le Badakhshan, cette province afghane où elle mènera un programme de santé materno-infantile, avant d'en être chassée par le régime taliban.
On la retrouve ensuite en Tchétchénie, à la maternité de Grozny quand, au printemps 2000, l'association peut à nouveau porter assistance aux Tchétchènes. Témoigner ? « Je ne sais pas à quoi ça sert, confie-t-elle, mais ne rien dire revient à ajouter un peu de terre sur des gens qui n'ont pas grand monde sur qui compter. »
Les yeux ouverts. et pas la langue dans la poche.
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