Violaine de MARSANGY | |
Un double défi pour venir en aide aux déplacés
Certains avancent le chiffre de 5 millions de déplacés sur l'ensemble de la zone touchée par le raz-de-marée asiatique. Mais à l'heure actuelle il est encore difficile de donner une estimation fiable, dans la mesure où beaucoup de populations sont encore isolées. L'UNHCR évoque, pour l'instant, 800 000 déplacés au Sri Lanka, mais ne se prononce pas pour l'Indonésie ; il estime toutefois à plus de 100 000 le nombre de sans-abri. Devant ce phénomène exceptionnel, l'agence des Nations unies a pris une décision exceptionnelle : celle de soutenir les victimes du tsunami. Normalement, l'UNHCR a pour mandat de protéger et assister les réfugiés fuyant les guerres et les persécutions. Marie-Ange Lescure, porte-parole de l'UNHCR à Paris, répond à nos questions.
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Quelles sont les principales populations touchées ?
Ce sont celles de la province d'Aceh, en Indonésie, et de l'île de Sumatra. Elles étaient les plus proches du tremblement de terre et de la vague qui a déferlé sur l'Asie. Sur place, tout le monde a été touché, autant les pêcheurs que les petits commerçants. La vague n'a pas fait de distinction. Ensuite, les gens ont fui spontanément là où ils se sentaient en sécurité. L'UNHCR intervient auprès de ceux qui n'ont pas trouvé de lieu d'accueil.
Quel soutien apportez-vous à ces personnes déplacées ?
Nous leur donnons des bâches pour s'abriter, des nattes pour qu'elles ne dorment pas par terre et des ustensiles de cuisine. Nous les approvisionnons en eau, en leur donnant les moyens de la purifier, et en distribuant des bidons pour qu'ils puissent la transporter. Nous réhabilitons les installations sanitaires. Il est très important de séparer les eaux usées de l'eau utilisée pour l'alimentation.
A quelles difficultés êtes-vous confrontés ?
Des pluies torrentielles viennent compliquer l'accès aux zones les plus reculées sur la côte est de Sumatra. Dans toute la province d'Aceh, les infrastructures ont été en grande partie détruites. Il faut donc trouver des hélicoptères, des bateaux pour aller au plus près des populations dans le besoin. L'aide humanitaire afflue du monde entier, par gros porteurs, à Djakarta. Il faut ensuite la réacheminer par petits porteurs vers Aceh. Et, à Bandah Aceh, l'aéroport est actuellement fermé car un 747 s'est mis en travers de la piste. Enfin, cette crise met face, par son ampleur, à un double défi : la zone à couvri0r est gigantesque et le nombre de personnes touchées est incroyablement élevé en une seule fois : ce sont au moins 800 000 personnes à aider en une journée, rien qu'au Sri Lanka.
Crédits photos : UNHCR/B.barkal, Alernet
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