Christelle Célarié

Urgence médicale

Soigner les blessures avant qu'elles ne s'infectent, soulager les gens souffrant d'infection respiratoire, soutenir les personnes choquées... Dans les régions les plus touchées, les districts de Batticoala et d'Ampara, au Sri Lanka, et le nord de l'île de Sumatra, en Indonésie, les équipes de Handicap International, de Médecins du Monde et de Médecins sans Frontières étaient sur le terrain quelques jours après la catastrophe.
Urgence médicale
Dans l'urgence, une assistance de base
 
« Nous assurons une assistance de base, nous couvrons les besoins alimentaires, vestimentaires. Nous prenons en charge les blessés pour éviter que ces blessures ne se transforment en handicap à vie. Nous pratiquons également de la kinésie respiratoire afin d'éviter que les personnes qui ont inhalé de l'eau et de la poussière ne développent des infections pulmonaires plus graves », explique Sylvain Ogier, porte-parole de Handicap International. Les sept équipes mobiles se rendent dans les 90 camps de déplacés qui se sont montés spontanément dans le district de Batticoala (Sri Lanka) et qui accueillent 91 000 personnes.

En Indonésie, les premiers volontaires de Médecins sans Frontières (MSF) étaient sur place à Banda Aceh (pointe nord de l'île de Sumatra) dès le 28 décembre. Et, dès le 31 décembre, des volontaires et 40 tonnes de matériel médical sont arrivés au Sri Lanka : une équipe de sept personnes s'est installée à Batticoala, ville dans laquelle l'ONG a déjà travaillé.
 
Missions prioritaires des équipes : soigner et évaluer
 
Médecins du Monde a envoyé une équipe de 30 personnes à Banda Aceh, en Indonésie, où elle « assure une activité de soins de santé primaire », explique Gilles Raguin, directeur des opérations à Médecins du Monde. Au Sri Lanka, « nos équipes interviennent auprès des déplacés dans la région de Trincomalee (au nord de Batticoala). Nos missions consistent à installer des dispensaires fixes (réhabilitation des bâtiments, ou des tentes quand il n'y a rien) ; nous avons également des couples de soignants mobiles qui se déplacent pour assurer les premiers soins : des enfants qui souffrent d'infection respiratoire et de diarrhée, des plaies qui peuvent s'infecter. Nous prenons en charge également les personnes choquées. Dès que la logistique le permettra, nous voulons envoyer des psychologues sur place », détaille-t-il. Parallèlement les équipes de ces trois ONG assurent une mission d'évaluation. Comme le souligne Jean-Hervé Bradol, président de MSF, « il est essentiel que nous prenions le temps d'évaluer la situation zone par zone. C'est la condition sine qua non pour apporter une aide adaptée aux besoins. » Des missions exploratoires sont en train de se mettre en place ou sont en cours d'évaluation dans des régions qui sont encore difficilement accessibles.
 
Risque d'épidémie modéré, mais la vigilance est de mise
 
Pour le moment, selon Philippe Guérin de MSF, « le risque d'épidémie est mesuré, mais à partir du moment où le risque existe, même modéré, il faut être vigilant ». Il indique également que, lors de catastrophes, ce sont les regroupements de populations qui sont propices aux épidémies plutôt que l'événement lui-même, ici le tsunami. Les pathologies comme le choléra, la dengue, le paludisme doivent être existantes dans les pays pour qu'il y ait épidémie. La bactérie responsable du choléra, par exemple, est très faible en Thaïlande, en Malaisie et modérée dans les autres pays concernés. Mais MSF comme Médecins du Monde restent en alerte.
 
L'après-catastrophe
 
Pour les trois associations, la post-urgence est aussi importante que l'urgence. Handicap International va « assurer un suivi des traumatismes physiques, un soutien psychologique, travailler à la réadaptation des personnes blessées et former des personnels locaux et des communautés villageoises à la prise en charge de soins, en kinésie respiratoire, notamment », raconte Sylvain Ogier. Au Sri Lanka, où les structures de santé sont debout et les soignants opérationnels, Gilles Raguin explique que Médecins du Monde « va apporter un appui humain, en matériel médical et une prise en charge de la santé mentale auprès des enfants, car ce type de soin n'est pas culturellement mis en place. En Indonésie, où les destructions matérielles sont majeures, les équipes vont s'attacher à reconstruire et réhabiliter des dispensaires mais auprès des communautés, dans les villages de la côte ouest, à la périphérie de Banda Acesh ».
 
Crédits photos : MSF/Erwin Vantland

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