Violaine de MARSANGY

Les enfants du Sri Lanka

Au Sri Lanka, un tiers des victimes du raz-de-marée seraient des enfants. Parmi les survivants, les plus jeunes sont aujourd'hui les plus vulnérables. L'Unicef leur vient en aide en apportant de l'eau, en réparant les réseaux ou encore en rétablissant des chaînes du froid pour les vacciner. Il faut maintenant éviter les épidémies et ne pas négliger l'après-coup psychosocial. Les enfants ont subi de forts traumatismes. De Colombo, au Sri Lanka, Luc Chauvin, responsable Urgence Asie du Sud pour l'Unicef, répond à nos questions.
Les enfants du Sri Lanka
Les enfants ont-ils été plus touchés que les autres ?
 
Nous estimons qu'au Sri Lanka un tiers des victimes sont des enfants. Cela n'est pas étonnant lorsqu'on sait que, dans cette zone de l'Asie, 40 % de la population a moins de 18 ans. Il n'y a donc pas eu de vulnérabilité particulière des enfants devant la mort : la vague a tout emporté. En revanche, parmi les survivants, les enfants sont plus fragiles car leur système immunitaire est plus faible.
 
Quels sont les besoins actuels ?
 
Nous concentrons nos efforts sur les besoins en eau, en assainissement et en santé. C'est par l'eau qu'arrivent les maladies diarrhéiques comme la dysenterie ou le choléra. Or les systèmes d'eau ont été détruits et les puits contaminés par l'eau de mer. Il faut donc fournir de l'eau potable et réparer les réseaux. Par ailleurs, les centres de santé ont également été happés par la vague. Nous rétablissons des chaînes du froid pour pouvoir assurer les vaccinations. Nous faisons venir de gros réfrigérateurs pour centraliser les vaccins, et des glacières pour aller dans les villages. Enfin, il est très important de mettre l'accent sur les traumatismes subis par les enfants. Beaucoup ont vu la vague emporter leurs proches, leurs familles. Ils sont en état de choc. Nous allons prendre en charge un soutien psychologique et les aider à exprimer leurs émotions par le dessin ou des jeux interactifs.
 
Quelles sont vos principales difficultés ?
 
Elles sont d'ordre logistique. Au Sri Lanka, certains villages ne sont accessibles que par hélicoptère. Heureusement ce n'est pas la majorité. Beaucoup restent accessibles par la route : la vague est entrée jusqu'à 1,5 km, et, au-delà, les routes restent praticables. En revanche, aux Maldives, c'est un cauchemar logistique. L'archipel s'étale sur 1 000 km de long et 200 de large. La population est très dispersée. Toutes les îles ont été touchées. Certaines ne sont accessibles que par hydravion ou petits bateaux. Quelques-unes, à 1,50 mètre au-dessus du niveau de la mer, ont été totalement submergées.
 
Crédits photo : UNICEF, Bagla

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