Olivier Malaponti

Les mécanismes de l'urgence humanitaire

Agir vite et bien, à l'autre bout du monde, venir en aide aux victimes quelles que soient les conditions : tels sont les défis que se doivent de relever les ONG. L'urgence humanitaire impose d'établir des priorités : humaines d'abord, matérielles ensuite ; et surtout être capable de déployer, en quelques heures, une logistique adaptée à un cas particulier.
Les mécanismes de l'urgence humanitaire
Nécessité d'agir vite : urgence. Un séisme d'une magnitude de 6,3 sur l'échelle de Richter secoue la ville de Bam, en Iran. C'est un dimanche, un 26 décembre noir. Marc Vergara, porte-parole de l'Unicef à Genève, revient tout juste des lieux de la catastrophe : « C'est un tremblement de terre particulièrement violent qui a frappé en plein cour de la ville, à 5 heures 30 du matin : tout le monde était au lit ! Il y a plus de morts que de blessés, c'est rare ! ». Très vite, l'information se répand au sein de la communauté internationale et arrive au siège des grandes organisations non-gouvernementales (ONG). « La première chose est d'obtenir la confirmation de demande officielle d'aide internationale du pays », indique Antoine Peigney, directeur des opérations internationales de la Croix-Rouge. Dès lors, « en fonction de l'estimation de nos sources, nous nous préparons à intervenir. Les procédures logistiques sont en permanence opérationnelles », poursuit-il.

Évaluer les besoins

Une aide humanitaire efficace doit apporter une réponse appropriée à des besoins précis. « L'évaluation des besoins commence par les personnes sur place, confirme Antoine Peigney. Les autorités locales, la Croix Rouge locale et l'ensemble des grandes familles [d'ONG] opèrent des mécanismes d'échange par Internet. Les données sont affinées d'heure en heure. » Très vite, une mission exploratoire est dépêchée sur place. Selon Pierre Brunet de Solidarités, « il s'agit généralement d'un binôme. Ce sont des personnes d'expérience chargées d'évaluer la gravité, les paramètres de sécurité et les besoins prioritaires. Ensuite, elles en rendent compte au siège de l'association. »

Communiquer

« En parallèle, nous activons notre réseau pour solliciter la générosité du public. Nous avons une procédure d'appel pour faire connaître notre action et récolter les dons », lance Antoine Peigney. Les fonds propres dont disposent les ONG pour répondre à des événements de grande ampleur étant insuffisants, l'objectif est de sensibiliser rapidement la population pour lever des fonds. Pour être efficace, « la communication doit être rapide, massive et organisée », insiste Marc Vergara. Tous les moyens de communication sont utilisés : affichage publicitaire, spots télé, radio, Internet…

Recruter

Recruter les bonnes personnes. Pour cela, « nous avons des fichiers contenant des listes de gens disponibles. Nous recrutons des volontaires présélectionnés en fonction de leurs compétences ou de leur expérience particulière », confirme Pierre Brunet. Chauffeurs, logisticiens, médecins, interprètes, ingénieurs, coordinateurs, enseignants. : en fonction des besoins, de nombreux corps de métiers sont requis.

Partir pour secourir

Des avions sont affrétés, le matériel et les équipes d'urgence embarquent. « Les premiers gestes des ONG qui arrivent sur place sont ceux de la survie », constate Marc Vergara. L'urgence humanitaire, c'est avant tout une aide médicale, avec la mise en place d'un hôpital de campagne, et une aide alimentaire (distribution de denrées alimentaires et d'eau) : telles ont été les priorités, à Bam. Viennent ensuite la fourniture d'abris et la recherche des disparus. « Les premiers jours, on flotte beaucoup, concède Marc Vergara. Tout le monde va partout ! On se demande où sont les gens, dans quel secteur travaillent les ONG. »

Organiser l'aide

Ensuite, la confusion cède la place à l'organisation : « Une réunion quotidienne des différentes ONG a lieu. L'objectif est de coordonner et faire remonter l'info », continue-t-il. « Les équipes se déplacent sur le terrain : elles rencontrent les autorités, les responsables des villages, établissent des listes de bénéficiaires, recoupent, vérifient et réajustent les données. L'évolution naturelle des besoins entraîne une évolution naturelle des actions et, donc, une évolution des gens que l'on recrute », analyse Pierre Brunet.

Penser aux lendemains

Aujourd'hui toutes les ONG s'accordent pour dire que les priorités sont l'hygiène, l'eau, l'assainissement et l'aide psychologique aux personnes traumatisées. L'Unicef s'atèle aussi à réunir les enfants séparés, à repérer les parents, placer les orphelins dans des familles, et relancer l'éducation. Mais des questions subsistent, bien entendu : « Dans six mois, qui sera là pour aider à reconstruire ? » se demande Marc Vergara, de l'Unicef. Du côté d'Antoine Peigney, de la Croix-Rouge, on affirme que l'on « s'assurera que les autorités publiques vont privilégier des constructions antisismiques pour prévenir ce type d'accident ».
Néanmoins, pour l'instant, tous se félicitent de la coopération des autorités et des associations iraniennes, de leur organisation et de leur discipline. Pour l'heure, les ONG sont à pied d'ouvre, et la population est entre de bonnes mains.

Crédits photos : Solidarités, Unicef, La croix rouge.

Espace offert par Microsoft

Sondage

  1. A quel propos les parents ressentent-ils le plus de stress vis-à-vis de leurs enfants ?

Votez pour voir les résultats

Cliquez ici pour voir les réponses sans voter

  1. A quel propos les parents ressentent-ils le plus de stress vis-à-vis de leurs enfants ?
    1. La sécurité
      27%
    2. L'éducation
      23%
    3. La scolarité
      29%
    4. La santé
      21%
56700 réponses, Ceci n'est pas un sondage validé scientifiquement, résultats mis à jour toutes les minutes.
MSN Actions Solidaires, une initiative Microsoft Unlimited Potential