Déborah Levy

Marine : des vacances autrement

Si l' envie de favoriser les initiatives des citoyens du Sud, de leur transmettre des savoir-faire sans se substituer à eux vous tente, les congés solidaires sont faits pour vous ! Le principe est simple : Vous partez en mission humanitaire pendant vos vacances. Employée chez Microsoft, Marine a fait l'expérience de cette formule avec Planète Urgence : une aventure placée sous le signe de la solidarité.
Marine : des vacances autrement
Une idée qui se concrétise

Marine a tout d'une jeune femme engagée. Soutien scolaire, bénévolat aux Restos du cœur, cours d'alphabétisation en prison : pendant et après ses études, elle a multiplié les expériences de solidarité. L'idée de partir en mission lui « trottait dans la tête depuis longtemps ». Salariée chez Microsoft, elle connaît bien Planète Urgence : « Du soutien scolaire à la formation informatique, l'association propose une grande variété de missions. J'ai trouvé ce qui me correspondait : animation en bibliothèque et soutien à la lecture ». La formule est simple : L'association propose aux entreprises de financer les congés humanitaires de leurs employés. « Microsoft avait déjà financé une précédente mission. J'ai reçu un soutien encourageant de leur part » raconte-t-elle. Après quelques démarches administratives, Marine s'envole pour le Mali à la fin du mois de novembre 2005.
 
Aucune hésitation

Des appréhensions ? Pas vraiment. «  J'avais envie de partir en Afrique et j'ai choisi la région de Mopti au Mali pour combiner ma mission avec un trek. Je ne connaissais pas le Mali, mais j'avais entendu parler de l'accueil chaleureux et sincère de la population. » La structure fournie par Planète Urgence constitue un cadre rassurant pour les bénévoles : « On suit une formation très complète avant de partir, on rencontre des anciens volontaires, on se sent encadré. C'est rassurant et ça laisse quand même une grande place à l'improvisation sur place ! »
 
Une expérience enrichissante

« Ma mission s'est déroulée sur deux semaines : une formule limitée dans le temps, mais concentrée », souligne Marine. A l'école Bocary Oualoguem, elle travaille avec Moussa, instituteur dans une classe de 118 élèves âgés de 10 à 16 ans. Dans la journée, Marine initie des groupes de six élèves à la lecture du français en animant des ateliers à la bibliothèque de l'école. « Moussa prend à cœur l'éducation des jeunes filles, qui sont souvent moins soutenues par les parents pour aller à l'école. Il insiste pour que les groupes soient constitués à part égale de filles et de garçons». Lecture, expression orale, dessins et jeux : la jeune femme s'adapte au niveau de français très hétérogène d'un enfant à l'autre. « Pour dépasser leur timidité et les encourager à s'exprimer, je les invitais à jouer à ni oui ni non. » La pari est gagné : les rapports de politesse laissent place à une atmosphère plus spontanée, propice aux éclats de rire.
 
Un accueil chaleureux

« Mon séjour était court, je savais que c'était symbolique, que je n'allais pas partir en leur ayant appris à lire parfaitement le français,  mais d'autres volontaires suivraient. » confie Marine. Les élèves sont très nombreux dans la classe et elle leur offre « un moment privilégié en petit comité », en insistant sur « l'importance de travailler en groupe et la nécessité d'encourager les filles ». Elle se rappelle son expérience avec un sourire : « Les échanges avec les enfants étaient merveilleux. Ils étaient curieux, créatifs, spontanés. ». Son meilleur souvenir ? Le dernier jour. L'instituteur programme une séance vidéo en classe : « Les enfants dansent au rythme des génériques et la projection se transforme en fête de l'école dans la cour. Ils me donnent des cadeaux, des bonbons, me glissent des petits mots avec leur adresse. Moussa fait une allocution officielle et quelques élèves poursuivent avec un petit discours. A la fin, toute la classe se lève pour me chanter l'hymne national. »
 
À la découverte de l'autre, mais aussi de soi

Pour Marine, les vacances solidaires permettent aussi de voyager de manière originale : « On voit vraiment le pays autrement. On n'est pas le touriste lambda ». La jeune femme découvre également une autre facette de sa personnalité : « on se sent plus patient, détendu par rapport aux impondérables. C'est un break idéal » conclut Marine, tout à fait prête à renouveler son expérience.
 

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