Antoine Janbon | |
La finance à visage humain
L'ONU a déclaré l'année 2005 « année internationale du micro-crédit ». Cette pratique a vu le jour en 1975 au Bangladesh, à l'initiative de Muhammad Yunus, fondateur de la Grameen Bank, la première « banque des pauvres ». Aujourd'hui, le micro-crédit est reconnu comme un vrai instrument de lutte contre la pauvreté, qui s'étend de plus en plus dans les pays développés. Pourtant, en France, la micro-finance demeure marginale.
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Des petits prêts pour 60 millions de personnes
Cinquante-deux euros. C'est le montant d'un prêt octroyé par le CIKELAW, une association locale du Burkina-Faso, à Djara, une vendeuse de tabac, veuve et mère de quatre enfants. Cette somme lui a permis d'acheter de plus grandes quantités de tabac, et de constituer un stock permanent pour continuer à vendre, même en période de récolte. « Maintenant, je peux manger correctement tous les jours. »
Comme elle, ils sont plus de 60 millions dans le monde à bénéficier de micro-crédits pour faire face à une situation économique très dure. Ce prêt oscille, dans les pays du Sud, entre 7 et 700 euros. Il s'adresse à tous ceux qui ne peuvent, faute de pouvoir apporter les garanties matérielles exigées, accéder au crédit classique proposé par les banques, ou aux prêts des usuriers locaux, en raison du montant des taux qui atteignent parfois plus de 360 %. Pour ces porteurs de projet, le micro-crédit représente la possibilité de développer l'activité qui les fait vivre et, surtout, d'envisager l'avenir avec plus de sérénité.
Sortir d'une logique d'assistance
« Aujourd'hui, plus d'un milliard de personnes survivent avec moins d'un dollar par jour, et 3 milliards se trouvent exclues de tous les crédits classiques. Dans ces conditions, il est presque impossible de se lancer dans une activité viable. En bénéficiant d'un prêt, même modeste, les personnes porteuses de projets sortent d'une logique d'assistance et se responsabilisent autour ce qu'elles entreprennent », explique Eléonore Ladreit, membre de PlaNet Finance , une organisation de solidarité internationale qui finance des banques des pauvres partout dans le monde.
Responsabiliser les emprunteurs, voilà la vraie originalité de ce vaste système de micro-crédit. « Parce qu'il doit rembourser le prêt, le bénéficiaire se doit de gérer convenablement son activité. Une fois rendue, et cela concerne 98 % des cas, la somme est réinvestie pour soutenir le développement d'autres initiatives. Le but est de jeter les bases d'une économie saine et de favoriser le développement durable », rappelle Eléonore Ladreit.
Création d'emplois et reconnaissance des femmes
Au-delà des emplois que peut générer le succès de ces micro-entreprises, l'impact social de la micro-finance est énorme. « Les femmes sont extrêmement nombreuses à emprunter. Grâce à ces sommes, elles créent leur propre emploi, d'une part, et assurent, d'autre part, l'éducation de leurs enfants, préservent leur santé, et trouvent une vraie place dans leur famille et dans leur communauté », raconte Eléonore Ladreit.
Aider des personnes « qui ont les poches vides mais la tête pleine d'idées »
Au vu de ces résultats, plusieurs organisations françaises ont vu le jour pour organiser le micro-crédit dans les pays du Nord et, notamment, dans l'Hexagone. Créée en 1989, à l'initiative de Maria Novak, l'Association pour le droit à l'initiative économique (Adie) a été à l'origine de la création de près de 25 000 entreprises et de plus de 30 000 emplois.
En 2004, 5 700 prêts ont été octroyés par cette organisation. Le financement peut aller jusqu'à 15 000 euros et peut prendre diverses formes : prêt solidaire pour démarrer, prêt progressif pour financer une petite activité économique, prêt de développement pour investir dans du nouveau matériel, prêt d'honneur en complément d'un prêt solidaire, et, même, prêt de matériel. Les fonds sont mis directement à la disposition du demandeur par l'Adie ou prêtés par des banques partenaires avec qui l' Adie a signé une convention. Les montants de remboursement et les échéances sont décidés et convenus entre les conseillers de l'Adie et les demandeurs.
« Nous recevons des personnes exclues du système bancaire, souvent au RMI ou au chômage depuis de longues années. Toutes sont soucieuses de retrouver une place dans la société », explique Sébastien L'aot, délégué régional du Grand-Ouest pour l' Adie.
Une seconde chance d'exister
C'est le cas de Christine Ruffinoni. Au chômage depuis de nombreuses années, cette femme de 38 ans souhaitait créer une petite entreprise de peinture sur porcelaine avant de faire appel à l'Adie. « Durant toute cette période, je me sentais isolée, je ne savais pas à qui m'adresser pour monter mon projet. Au-delà du prêt qu'elle m'a octroyé, l'Adie a su me conseiller et me mettre en confiance pour réussir. Le micro-crédit m'a donné une seconde chance d'exister. »
« En France, beaucoup de personnes renoncent à monter leur entreprise par peur des charges sociales ou des obstacles administratifs », précise Sébastien L'aot. Les conseillers de l'Adie les aident au montage du projet, les accompagnent tout au long de leurs démarches, les conseillent pour gérer leur activité. Et si la micro-finance était un nouveau vecteur d'insertion sociale ?
Cinquante-deux euros. C'est le montant d'un prêt octroyé par le CIKELAW, une association locale du Burkina-Faso, à Djara, une vendeuse de tabac, veuve et mère de quatre enfants. Cette somme lui a permis d'acheter de plus grandes quantités de tabac, et de constituer un stock permanent pour continuer à vendre, même en période de récolte. « Maintenant, je peux manger correctement tous les jours. »
Comme elle, ils sont plus de 60 millions dans le monde à bénéficier de micro-crédits pour faire face à une situation économique très dure. Ce prêt oscille, dans les pays du Sud, entre 7 et 700 euros. Il s'adresse à tous ceux qui ne peuvent, faute de pouvoir apporter les garanties matérielles exigées, accéder au crédit classique proposé par les banques, ou aux prêts des usuriers locaux, en raison du montant des taux qui atteignent parfois plus de 360 %. Pour ces porteurs de projet, le micro-crédit représente la possibilité de développer l'activité qui les fait vivre et, surtout, d'envisager l'avenir avec plus de sérénité.
Sortir d'une logique d'assistance
« Aujourd'hui, plus d'un milliard de personnes survivent avec moins d'un dollar par jour, et 3 milliards se trouvent exclues de tous les crédits classiques. Dans ces conditions, il est presque impossible de se lancer dans une activité viable. En bénéficiant d'un prêt, même modeste, les personnes porteuses de projets sortent d'une logique d'assistance et se responsabilisent autour ce qu'elles entreprennent », explique Eléonore Ladreit, membre de PlaNet Finance , une organisation de solidarité internationale qui finance des banques des pauvres partout dans le monde.
Responsabiliser les emprunteurs, voilà la vraie originalité de ce vaste système de micro-crédit. « Parce qu'il doit rembourser le prêt, le bénéficiaire se doit de gérer convenablement son activité. Une fois rendue, et cela concerne 98 % des cas, la somme est réinvestie pour soutenir le développement d'autres initiatives. Le but est de jeter les bases d'une économie saine et de favoriser le développement durable », rappelle Eléonore Ladreit.
Création d'emplois et reconnaissance des femmes
Au-delà des emplois que peut générer le succès de ces micro-entreprises, l'impact social de la micro-finance est énorme. « Les femmes sont extrêmement nombreuses à emprunter. Grâce à ces sommes, elles créent leur propre emploi, d'une part, et assurent, d'autre part, l'éducation de leurs enfants, préservent leur santé, et trouvent une vraie place dans leur famille et dans leur communauté », raconte Eléonore Ladreit.
Aider des personnes « qui ont les poches vides mais la tête pleine d'idées »
Au vu de ces résultats, plusieurs organisations françaises ont vu le jour pour organiser le micro-crédit dans les pays du Nord et, notamment, dans l'Hexagone. Créée en 1989, à l'initiative de Maria Novak, l'Association pour le droit à l'initiative économique (Adie) a été à l'origine de la création de près de 25 000 entreprises et de plus de 30 000 emplois.
En 2004, 5 700 prêts ont été octroyés par cette organisation. Le financement peut aller jusqu'à 15 000 euros et peut prendre diverses formes : prêt solidaire pour démarrer, prêt progressif pour financer une petite activité économique, prêt de développement pour investir dans du nouveau matériel, prêt d'honneur en complément d'un prêt solidaire, et, même, prêt de matériel. Les fonds sont mis directement à la disposition du demandeur par l'Adie ou prêtés par des banques partenaires avec qui l' Adie a signé une convention. Les montants de remboursement et les échéances sont décidés et convenus entre les conseillers de l'Adie et les demandeurs.
« Nous recevons des personnes exclues du système bancaire, souvent au RMI ou au chômage depuis de longues années. Toutes sont soucieuses de retrouver une place dans la société », explique Sébastien L'aot, délégué régional du Grand-Ouest pour l' Adie.
Une seconde chance d'exister
C'est le cas de Christine Ruffinoni. Au chômage depuis de nombreuses années, cette femme de 38 ans souhaitait créer une petite entreprise de peinture sur porcelaine avant de faire appel à l'Adie. « Durant toute cette période, je me sentais isolée, je ne savais pas à qui m'adresser pour monter mon projet. Au-delà du prêt qu'elle m'a octroyé, l'Adie a su me conseiller et me mettre en confiance pour réussir. Le micro-crédit m'a donné une seconde chance d'exister. »
« En France, beaucoup de personnes renoncent à monter leur entreprise par peur des charges sociales ou des obstacles administratifs », précise Sébastien L'aot. Les conseillers de l'Adie les aident au montage du projet, les accompagnent tout au long de leurs démarches, les conseillent pour gérer leur activité. Et si la micro-finance était un nouveau vecteur d'insertion sociale ?
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