Violaine de Marsangy | |
L'eau, le nouvel or bleu ?
Boire un verre d'eau du robinet, c'est un geste banal pour nombre d'entre nous. Pour d'autres, cela relève de l'impossible. En France, nous consommons 150 litres d'eau par personne et par jour ; au Sahel, les habitants doivent se contenter d'une moyenne de 5 litres. A la découverte de ce nouvel or bleu.
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Terre, planète bleue ?
La Terre doit son nom de « planète bleue » à ses immenses ressources en eau : 70 % de sa surface est en effet recouverte de cet or bleu mais l'eau douce ne représente que 2,5 % des réserves. Les 97,5 % restant sont des océans. Une infime partie (0,3 %) de cette eau douce provient des rivières et des lacs, environ un tiers est issu des nappes souterraines alors que le reste est stocké dans des zones difficiles d'accès comme les glaciers lointains ou les régions montagneuses.
L'eau, un droit ?
En novembre 2002, l'accès à l'eau potable pour tous et sans discrimination a été reconnu par la communauté internationale comme un droit fondamental ; 145 pays ont alors signé la convention du CESCR (Convention sur les droits économiques et culturels). Selon l'association Ingénieurs sans Frontières (ISF), près de la moitié de l'humanité consomme une eau de mauvaise qualité. Face à ce constat et depuis sa première mission d'adduction d'eau en Ethiopie en 1982, ISF a fait de l'eau son secteur d'intervention principal.
Qui consomme l'eau ?
Plus des deux tiers de l'eau douce utilisée dans le monde l'est pour l'agriculture. L'industrie, elle, engloutit 22 % des réserves et l'usage domestique 8 %. Ces moyennes varient en fonction des pays. En Afrique, l'agriculture représente 88 % de la consommation d'eau alors qu'en Europe, l'industrie est en tête avec 54 % (contre 5 % en Afrique).
Il n'existe pourtant pas de lien réel entre la surconsommation d'eau au nord et le manque d'eau au sud, si ce n'est que préserver la ressource en eau implique une bonne gestion au Nord comme au Sud. Partout, il faut lutter contre le gaspillage.
L'eau potable, une urgence vitale ?
« Dès qu'il y a une situation d'urgence, que des populations sont déplacées, qu'elles sont coupées de tout système d'approvisionnement en eau, il y a un danger de mort immédiat », explique Hubert Sémiond, responsable du département Eau et Assainissement d'Action contre la faim (ACF). « L'approvisionnement en eau est alors la première chose à mettre en place, avant même la distribution de nourriture », ajoute-t-il. ACF dispose de moyens financiers et techniques qui lui permettent d'intervenir rapidement et d'éviter les flambées épidémiques. Il s'agit non seulement de distribuer de l'eau pour boire mais aussi pour la cuisine et l'hygiène. Ainsi l'association construit des latrines, organise la collecte des ordures (dans les camps de réfugiés par exemple) et dispense des formations à l'hygiène.
L'eau, un problème de santé publique ?
« 80 % des maladies du Sud sont liées à l'eau et favorisent la malnutrition », explique Hubert Sémiond d'ACF. Une meilleure eau ou de l'eau en plus grande quantité est un facteur d'amélioration sanitaire et alimentaire. Chaque jour, 15 000 personnes meurent de maladies transmises par l'eau, principalement des enfants de moins de 5 ans. L'hygiène est directement liée à l'eau. Quand on a peu d'eau, on nettoie moins et on se lave peu, ce qui engendre des problèmes de Santé publique.
Combien coûte de l'eau ?
En milieu rural dans les pays du Sud, l'eau, en général, est gratuite, mais elle est souvent éloignée. Il faut deux, trois voire quatre heures pour aller la chercher. Ce temps perdu l'est au détriment du travail dans les champs : « Il représente un impact financier et économique non négligeable pour la famille car il mobilise de la main d'ouvre », commente Hubert Sémiond.
Dans les villes, en revanche, l'eau est payante. Les zones urbaines sont équipées de systèmes de pompage et de traitement des eaux. L'eau est ensuite vendue par des intermédiaires qui la transportent vers les consommateurs. Pour les familles pauvres, l'eau représente une part significative du budget.
Pourquoi l'eau n'est-elle pas gratuite ?
Si l'eau elle-même est gratuite, le service, en revanche, doit être payant. « Personne ne peut s'approprier la ressource en eau mais nous sommes condamnés à une gestion commune », commente M. Chabert d'Hières, Délégué Général de l'association Eau Vive. Lorsqu'un équipement a été mis en place, il est normal que cette installation et sa maintenance soient payantes : « la gratuité ne fonctionne pas. » L'entretien d'un puit, d'une pompe ou d'un réseau doit être financé au moins en partie par les usagers. Cet argent peut aussi permettre de développer de nouveaux projets. L'association Eau Vive promeut des activités génératrices de revenus qui permettront par la suite de financer d'autres projets sociaux.
Crédits photos : Ingénieurs sans frontières
Sources chiffrées : UN World Water Development Report (WWDR) (Unesco)
La Terre doit son nom de « planète bleue » à ses immenses ressources en eau : 70 % de sa surface est en effet recouverte de cet or bleu mais l'eau douce ne représente que 2,5 % des réserves. Les 97,5 % restant sont des océans. Une infime partie (0,3 %) de cette eau douce provient des rivières et des lacs, environ un tiers est issu des nappes souterraines alors que le reste est stocké dans des zones difficiles d'accès comme les glaciers lointains ou les régions montagneuses.
L'eau, un droit ?
En novembre 2002, l'accès à l'eau potable pour tous et sans discrimination a été reconnu par la communauté internationale comme un droit fondamental ; 145 pays ont alors signé la convention du CESCR (Convention sur les droits économiques et culturels). Selon l'association Ingénieurs sans Frontières (ISF), près de la moitié de l'humanité consomme une eau de mauvaise qualité. Face à ce constat et depuis sa première mission d'adduction d'eau en Ethiopie en 1982, ISF a fait de l'eau son secteur d'intervention principal.
Qui consomme l'eau ?
Plus des deux tiers de l'eau douce utilisée dans le monde l'est pour l'agriculture. L'industrie, elle, engloutit 22 % des réserves et l'usage domestique 8 %. Ces moyennes varient en fonction des pays. En Afrique, l'agriculture représente 88 % de la consommation d'eau alors qu'en Europe, l'industrie est en tête avec 54 % (contre 5 % en Afrique).
Il n'existe pourtant pas de lien réel entre la surconsommation d'eau au nord et le manque d'eau au sud, si ce n'est que préserver la ressource en eau implique une bonne gestion au Nord comme au Sud. Partout, il faut lutter contre le gaspillage.
L'eau potable, une urgence vitale ?
« Dès qu'il y a une situation d'urgence, que des populations sont déplacées, qu'elles sont coupées de tout système d'approvisionnement en eau, il y a un danger de mort immédiat », explique Hubert Sémiond, responsable du département Eau et Assainissement d'Action contre la faim (ACF). « L'approvisionnement en eau est alors la première chose à mettre en place, avant même la distribution de nourriture », ajoute-t-il. ACF dispose de moyens financiers et techniques qui lui permettent d'intervenir rapidement et d'éviter les flambées épidémiques. Il s'agit non seulement de distribuer de l'eau pour boire mais aussi pour la cuisine et l'hygiène. Ainsi l'association construit des latrines, organise la collecte des ordures (dans les camps de réfugiés par exemple) et dispense des formations à l'hygiène.
L'eau, un problème de santé publique ?
« 80 % des maladies du Sud sont liées à l'eau et favorisent la malnutrition », explique Hubert Sémiond d'ACF. Une meilleure eau ou de l'eau en plus grande quantité est un facteur d'amélioration sanitaire et alimentaire. Chaque jour, 15 000 personnes meurent de maladies transmises par l'eau, principalement des enfants de moins de 5 ans. L'hygiène est directement liée à l'eau. Quand on a peu d'eau, on nettoie moins et on se lave peu, ce qui engendre des problèmes de Santé publique.
Combien coûte de l'eau ?
En milieu rural dans les pays du Sud, l'eau, en général, est gratuite, mais elle est souvent éloignée. Il faut deux, trois voire quatre heures pour aller la chercher. Ce temps perdu l'est au détriment du travail dans les champs : « Il représente un impact financier et économique non négligeable pour la famille car il mobilise de la main d'ouvre », commente Hubert Sémiond.
Dans les villes, en revanche, l'eau est payante. Les zones urbaines sont équipées de systèmes de pompage et de traitement des eaux. L'eau est ensuite vendue par des intermédiaires qui la transportent vers les consommateurs. Pour les familles pauvres, l'eau représente une part significative du budget.
Pourquoi l'eau n'est-elle pas gratuite ?
Si l'eau elle-même est gratuite, le service, en revanche, doit être payant. « Personne ne peut s'approprier la ressource en eau mais nous sommes condamnés à une gestion commune », commente M. Chabert d'Hières, Délégué Général de l'association Eau Vive. Lorsqu'un équipement a été mis en place, il est normal que cette installation et sa maintenance soient payantes : « la gratuité ne fonctionne pas. » L'entretien d'un puit, d'une pompe ou d'un réseau doit être financé au moins en partie par les usagers. Cet argent peut aussi permettre de développer de nouveaux projets. L'association Eau Vive promeut des activités génératrices de revenus qui permettront par la suite de financer d'autres projets sociaux.
Crédits photos : Ingénieurs sans frontières
Sources chiffrées : UN World Water Development Report (WWDR) (Unesco)
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