Anne-Laure Murier | |
Les clés du développement
Comment aider les pays du sud à se développer? Eclairage sur les clés d'un développement réussi et durable.
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Pour nourrir le pêcheur, ne lui offre pas de poisson, apprends lui à pêcher. « Le développement, traduit Frédérique William pour l'Association française des volontaires du progrès, consiste à apporter des compétences utiles à quelqu'un qui en a besoin pour survivre et vivre dans de meilleures conditions. ». Une définition large, à l'image d'une démarche à géométrie variable. Dans une dynamique de solidarité à l'échelle mondiale, le développement rassemble des acteurs aussi différents que des associations locales, des collectivités territoriales ou des instances financières ; il se déploie dans des secteurs aussi éloignés que l'éducation, les transports ou la pêche, et s'illustre aussi bien dans les pays du Sud que dans le quart-monde occidental.
Développer les services de base
L'enjeu : mettre un terme à une pauvreté galopante et à une répartition des richesses toujours plus inégale. S'alarmant d'une baisse de revenu qui perdure dans 54 pays, situés, pour la plupart, en Afrique subsaharienne, le rapport mondial 2003 sur le développement humain (publié par l'Onu) incite les pouvoirs publics à développer les services de base. « Les pays pauvres ont besoin de centres de santé ruraux, d'écoles, de routes, d'eau potable, d'installations sanitaires. L'investissement destiné à répondre aux besoins vitaux n'est pas seulement souhaitable pour mettre un terme à la souffrance humaine ; c'est également un élément clé dans une stratégie de croissance économique. »
L'enjeu : mettre un terme à une pauvreté galopante et à une répartition des richesses toujours plus inégale. S'alarmant d'une baisse de revenu qui perdure dans 54 pays, situés, pour la plupart, en Afrique subsaharienne, le rapport mondial 2003 sur le développement humain (publié par l'Onu) incite les pouvoirs publics à développer les services de base. « Les pays pauvres ont besoin de centres de santé ruraux, d'écoles, de routes, d'eau potable, d'installations sanitaires. L'investissement destiné à répondre aux besoins vitaux n'est pas seulement souhaitable pour mettre un terme à la souffrance humaine ; c'est également un élément clé dans une stratégie de croissance économique. »
S'attaquer aux causes de la pauvreté
Des problèmes tels que la malnutrition, l'analphabétisme ou un accès discriminatoire aux services de base pour les femmes, les ruraux et les minorités ethniques sont certes des symptômes de la pauvreté mais en constituent aussi la cause. Les éradiquer est donc une priorité ! C'est ce qu'ont compris les organisations de solidarité internationale : elles consacrent donc leurs plus grosses dépenses aux secteurs de la santé, de l'éducation et du développement rural, sachant que leurs investissements concernent en priorité l'Afrique et l'Océan indien, puis l'Asie.
Des problèmes tels que la malnutrition, l'analphabétisme ou un accès discriminatoire aux services de base pour les femmes, les ruraux et les minorités ethniques sont certes des symptômes de la pauvreté mais en constituent aussi la cause. Les éradiquer est donc une priorité ! C'est ce qu'ont compris les organisations de solidarité internationale : elles consacrent donc leurs plus grosses dépenses aux secteurs de la santé, de l'éducation et du développement rural, sachant que leurs investissements concernent en priorité l'Afrique et l'Océan indien, puis l'Asie.
Une action concertée
Comment améliorer les conditions de vie d'une population tout en favorisant son autonomie économique et financière ? Tous les acteurs de terrain prônent une action concertée, depuis l'évaluation des besoins jusqu'au financement et à la mise en ouvre des projets. Un cas d'école parmi d'autres, mené par Ingénieurs sans Frontières : l'approvisionnement en eau potable dans la région de Kayes, au Mali. « Dans le village de Fanga, ce n'est pas l'accès à l'eau qui pose problème, mais le défaut d'eau potable : c'est la cause de 70 % des maladies en saison des pluies. » En partenariat avec des instances locales, l'équipe a appuyé la réalisation d'un système d'approvisionnement, mené une campagne de sensibilisation sanitaire et formé les villageois à la gestion autonome de l'exploitation.
Comment améliorer les conditions de vie d'une population tout en favorisant son autonomie économique et financière ? Tous les acteurs de terrain prônent une action concertée, depuis l'évaluation des besoins jusqu'au financement et à la mise en ouvre des projets. Un cas d'école parmi d'autres, mené par Ingénieurs sans Frontières : l'approvisionnement en eau potable dans la région de Kayes, au Mali. « Dans le village de Fanga, ce n'est pas l'accès à l'eau qui pose problème, mais le défaut d'eau potable : c'est la cause de 70 % des maladies en saison des pluies. » En partenariat avec des instances locales, l'équipe a appuyé la réalisation d'un système d'approvisionnement, mené une campagne de sensibilisation sanitaire et formé les villageois à la gestion autonome de l'exploitation.
Un développement durable est un développement approprié
Autre impératif pour un développement réussi : prendre en compte les habitudes des populations, valoriser leurs traditions. Améliorer les conditions de vie implique un processus de transformation sociale et économique ; celui-ci ne sera efficace que si les locaux peuvent se l'approprier. Pour freiner l'exode rural en Mauritanie, l'Association des volontaires du progrès a ainsi misé sur les coopératives de femmes pour favoriser l'autosuffisance alimentaire dans les oasis. Ces femmes ont été formées et ont bénéficié de micro-crédits le temps que leur exploitation soit rentable. Dans la même idée, Architecture et développement favorise l'utilisation de matériaux et de savoir-faire locaux pour l'habitat. Selon Sandra d'Urzo , responsable de programmes, « Tirer parti des compétences des populations, sans oublier le contexte climatique et naturel, est le meilleur moyen de réamorcer des filières d'activités ».
Autre impératif pour un développement réussi : prendre en compte les habitudes des populations, valoriser leurs traditions. Améliorer les conditions de vie implique un processus de transformation sociale et économique ; celui-ci ne sera efficace que si les locaux peuvent se l'approprier. Pour freiner l'exode rural en Mauritanie, l'Association des volontaires du progrès a ainsi misé sur les coopératives de femmes pour favoriser l'autosuffisance alimentaire dans les oasis. Ces femmes ont été formées et ont bénéficié de micro-crédits le temps que leur exploitation soit rentable. Dans la même idée, Architecture et développement favorise l'utilisation de matériaux et de savoir-faire locaux pour l'habitat. Selon Sandra d'Urzo , responsable de programmes, « Tirer parti des compétences des populations, sans oublier le contexte climatique et naturel, est le meilleur moyen de réamorcer des filières d'activités ».
Exploiter des dynamiques porteuses
Investir dans des activités créatrices d'emploi, comme le textile ou le secteur manufacturier est essentiel. Une priorité que s'assigne Agrisud : « La création d'un tissu économique de base passe par de petites exploitations ou entreprises auxquelles il faut assurer un large débouché commercial. » Cette association identifie d'autres dynamiques porteuses : les jeunes, qui représentent plus de la moitié de la population dans les pays pauvres, le secteur agricole, l'entreprenariat, l'épargne et le crédit. « Les organisations de solidarité internationale ne se contentent plus d'un simple soutien financier », conclut Emmanuel Fagnou, directeur exécutif de Coordination Sud. « Elles interviennent essentiellement en renforcement des acteurs de la société civile. »
Investir dans des activités créatrices d'emploi, comme le textile ou le secteur manufacturier est essentiel. Une priorité que s'assigne Agrisud : « La création d'un tissu économique de base passe par de petites exploitations ou entreprises auxquelles il faut assurer un large débouché commercial. » Cette association identifie d'autres dynamiques porteuses : les jeunes, qui représentent plus de la moitié de la population dans les pays pauvres, le secteur agricole, l'entreprenariat, l'épargne et le crédit. « Les organisations de solidarité internationale ne se contentent plus d'un simple soutien financier », conclut Emmanuel Fagnou, directeur exécutif de Coordination Sud. « Elles interviennent essentiellement en renforcement des acteurs de la société civile. »
Le développement vous tente ?
Actuellement, la plupart des ONG agissent sur deux fronts. Là-bas, au Sud, elles mènent des actions de développement avec les populations locales ; ici, en France, elles sensibilisent le public au contexte du développement, y compris macro-économique : c'est ce que l'on appelle l'éducation au développement. Au quotidien, par exemple, acheter équitable, épargner solidaire, parrainer un enfant sont des actes qui comptent. Vous pouvez aussi participer à des campagnes d'information ou de lobbying, comme celle que mène Agir Ici pour réformer les institutions financières institutionnelles. Si le développement vous tente, feuilletez le répertoire des acteurs de la solidarité internationale, publié par Ritimo.
Actuellement, la plupart des ONG agissent sur deux fronts. Là-bas, au Sud, elles mènent des actions de développement avec les populations locales ; ici, en France, elles sensibilisent le public au contexte du développement, y compris macro-économique : c'est ce que l'on appelle l'éducation au développement. Au quotidien, par exemple, acheter équitable, épargner solidaire, parrainer un enfant sont des actes qui comptent. Vous pouvez aussi participer à des campagnes d'information ou de lobbying, comme celle que mène Agir Ici pour réformer les institutions financières institutionnelles. Si le développement vous tente, feuilletez le répertoire des acteurs de la solidarité internationale, publié par Ritimo.
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