Anne-Laure Murier | |
Acheter équitable, c'est possible
Déséquilibre économique mondial, exploitation des salariés, malbouffe, les consommateurs d'aujourd'hui ont une indigestion ! Et ils ont compris qu'un autre monde est possible grâce à eux, par des achats équitables et responsables au quotidien. Le point sur ces nouvelles formes de commerce.
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« Attention, le café que vous buvez est capable de réveiller tout un village. » En 2000, cette publicité à l'arôme citoyen aurait sans doute laissé les consommateurs sur leur soif : à peine un Français sur dix avait entendu parler du commerce équitable, contre une personne sur deux aujourd'hui. Un bond de notoriété, pour des intérêts mieux compris : de plus en plus de personnes s'accordent sur le fait que le commerce équitable est un « moyen d'équilibrer les échanges entre les pays du Nord et du Sud » et perçoivent cette alternative au néolibéralisme mondial comme un « moyen de combattre la pauvreté ».
Un meilleur rapport producteur consommateur
Permettre aux producteurs et aux travailleurs défavorisés du Sud de vivre dignement de leur travail, c'est en effet possible, rappelait Max Havelaar, protagoniste parmi d'autres de la Quinzaine du commerce équitable, qui se tient jusqu'au 14 mai. A côté d'agriculteurs africains et sud-américains, d'enseignes de la distribution ou de boutiques spécialisées, et de personnalités parrainant l'opération, cette association rappelait les garanties offertes par son label, délivré en conformité avec des standards internationaux. Pour les producteurs, c'est l'assurance d'un prix juste et d'une sécurité durable, concourrant à l'autonomie ; quant aux consommateurs, ils peuvent remplir leur panier de produits de qualité à peine plus chers, en contribuant à une meilleure prise en compte des droits de l'Homme, mais aussi de l'environnement.
Permettre aux producteurs et aux travailleurs défavorisés du Sud de vivre dignement de leur travail, c'est en effet possible, rappelait Max Havelaar, protagoniste parmi d'autres de la Quinzaine du commerce équitable, qui se tient jusqu'au 14 mai. A côté d'agriculteurs africains et sud-américains, d'enseignes de la distribution ou de boutiques spécialisées, et de personnalités parrainant l'opération, cette association rappelait les garanties offertes par son label, délivré en conformité avec des standards internationaux. Pour les producteurs, c'est l'assurance d'un prix juste et d'une sécurité durable, concourrant à l'autonomie ; quant aux consommateurs, ils peuvent remplir leur panier de produits de qualité à peine plus chers, en contribuant à une meilleure prise en compte des droits de l'Homme, mais aussi de l'environnement.
Au-delà du commerce, le développement
Sur quels rouages se réinventent ces saines relations commerciales, satisfaisantes pour chacun des partenaires ? Nul besoin d'être docteur en économie pour le comprendre ! Le prix d'achat des récoltes doit couvrir les frais de production ; les contrats avec les industriels sont instaurés si possible à long terme ; un système de préfinancement partiel des récoltes et une chaîne d'approvisionnement courte permettent aux petits producteurs de maîtriser leur propre développement, sans dépendre d'intermédiaires ou d'usuriers. De plus, une prime de développement est versée pour les investissements collectifs : constructions d'écoles, de centres de santé, de routes. En 2003, le supplément de revenu pour les producteurs - 800 000 familles dans 46 pays, tous produits confondus - s'élevait à 6,2 millions d'euros !
Sur quels rouages se réinventent ces saines relations commerciales, satisfaisantes pour chacun des partenaires ? Nul besoin d'être docteur en économie pour le comprendre ! Le prix d'achat des récoltes doit couvrir les frais de production ; les contrats avec les industriels sont instaurés si possible à long terme ; un système de préfinancement partiel des récoltes et une chaîne d'approvisionnement courte permettent aux petits producteurs de maîtriser leur propre développement, sans dépendre d'intermédiaires ou d'usuriers. De plus, une prime de développement est versée pour les investissements collectifs : constructions d'écoles, de centres de santé, de routes. En 2003, le supplément de revenu pour les producteurs - 800 000 familles dans 46 pays, tous produits confondus - s'élevait à 6,2 millions d'euros !
Des achats ici qui changent la vie là-bas
« Notre niveau de vie a augmenté, témoigne Margarita Jimenez Pérez, productrice de café au Costa Rica. Nos enfants peuvent aller à l'école avec l'aide de bourses scolaires qui viennent des fonds de la coopérative. » Même impact un continent plus loin : « Avant 1998, date de l'effondrement du cours du café, les paysans congolais subvenaient à leurs besoins », affirme le porte-parole d'une coopérative groupant 23 000 producteurs. « Grâce au réseau Max Havelaar, nous ne venons pas solliciter de l'aide comme des assistés. Nous venons vous proposer nos produits de qualité à un prix suffisamment rémunérateur pour notre économie. » Et Maria Valério, cultivant des bananes en République dominicaine, d'insister : « Le commerce équitable nous permet d'envisager notre avenir et d'en être les principaux acteurs. Consommez pour que nous puissions continuer d'avancer. »
« Notre niveau de vie a augmenté, témoigne Margarita Jimenez Pérez, productrice de café au Costa Rica. Nos enfants peuvent aller à l'école avec l'aide de bourses scolaires qui viennent des fonds de la coopérative. » Même impact un continent plus loin : « Avant 1998, date de l'effondrement du cours du café, les paysans congolais subvenaient à leurs besoins », affirme le porte-parole d'une coopérative groupant 23 000 producteurs. « Grâce au réseau Max Havelaar, nous ne venons pas solliciter de l'aide comme des assistés. Nous venons vous proposer nos produits de qualité à un prix suffisamment rémunérateur pour notre économie. » Et Maria Valério, cultivant des bananes en République dominicaine, d'insister : « Le commerce équitable nous permet d'envisager notre avenir et d'en être les principaux acteurs. Consommez pour que nous puissions continuer d'avancer. »
Une offre de produits élargie
Café, thé, chocolat, jus de fruits, bananes, riz, sucre, miel, l'offre s'élargit, lentement par rapport à nos voisins d'Europe du Nord, mais sûrement, et les produits sont de plus en plus accessibles. Aujourd'hui, on peut acheter plus de 1 000 références labellisées Max Havelaar, dans plus de 10 000 points de vente partout en France. En grande surface principalement, mais aussi dans des réseaux spécialisés engagés, comme Biocoop, qui associe une volonté de développer l'agriculture biologique à une conviction solidaire, sur toutes les latitudes du globe. « Parce que l'équité nous concerne aussi, chez nous, déclare Hugues Toussaint, de Biocoop, nous nous engageons de plus en plus avec des groupements d'agriculteurs indépendants. » Des produits étiquetés « Ensemble pour plus de sens », à consommer sans modération dans leurs quelque 230 magasins de proximité.
Café, thé, chocolat, jus de fruits, bananes, riz, sucre, miel, l'offre s'élargit, lentement par rapport à nos voisins d'Europe du Nord, mais sûrement, et les produits sont de plus en plus accessibles. Aujourd'hui, on peut acheter plus de 1 000 références labellisées Max Havelaar, dans plus de 10 000 points de vente partout en France. En grande surface principalement, mais aussi dans des réseaux spécialisés engagés, comme Biocoop, qui associe une volonté de développer l'agriculture biologique à une conviction solidaire, sur toutes les latitudes du globe. « Parce que l'équité nous concerne aussi, chez nous, déclare Hugues Toussaint, de Biocoop, nous nous engageons de plus en plus avec des groupements d'agriculteurs indépendants. » Des produits étiquetés « Ensemble pour plus de sens », à consommer sans modération dans leurs quelque 230 magasins de proximité.
De la consommation à la consom'action
A l'instar de ce réseau fondé sur un esprit coopératif, plusieurs boutiques contribuent au commerce équitable en vendant des articles de la filière dite alternative. Depuis trente ans, l'association pionnière Artisans du Monde importe ainsi, via sa propre centrale d'achat, textile, objets décoratifs, instruments de musique, etc. Soit 1 000 produits artisanaux (arts de la table, décoration, jouets, textile...) et 120 produits alimentaires, distribués dans ses points de vente gérés par 5 000 bénévoles. Et parce qu'il décolle en même temps que ce XXIe siècle, le commerce équitable colle à nos pratiques d'achat à distance, en ligne notamment.
A l'instar de ce réseau fondé sur un esprit coopératif, plusieurs boutiques contribuent au commerce équitable en vendant des articles de la filière dite alternative. Depuis trente ans, l'association pionnière Artisans du Monde importe ainsi, via sa propre centrale d'achat, textile, objets décoratifs, instruments de musique, etc. Soit 1 000 produits artisanaux (arts de la table, décoration, jouets, textile...) et 120 produits alimentaires, distribués dans ses points de vente gérés par 5 000 bénévoles. Et parce qu'il décolle en même temps que ce XXIe siècle, le commerce équitable colle à nos pratiques d'achat à distance, en ligne notamment.
S'informer pour mieux consommer
C'est par Internet également que le collectif de l'éthique sur l'étiquette interpelle notre responsabilité citoyenne et les entreprises car le commerce équitable, antidote parmi d'autres à la course au profit, ne résout pas tous les maux de la mondialisation. Salaires de misère, heures supplémentaires obligatoires et non rémunérées, répression anti-syndicale sont le sort de nombreux salariés dans le contexte de productions délocalisées. D'où cette invitation à un coup franc, d'un clic, pour rappeler aux décideurs que « la fabrication de vêtements nuit gravement à la santé des travailleurs ». Réagir, informer, consommer équitable, interpeller les magasins, le collectif vous propose de jouer les prolongations : règlement dans le petit mémo du consom'acteur.
Crédits photos : Max Havelaar, Artisans du Monde
C'est par Internet également que le collectif de l'éthique sur l'étiquette interpelle notre responsabilité citoyenne et les entreprises car le commerce équitable, antidote parmi d'autres à la course au profit, ne résout pas tous les maux de la mondialisation. Salaires de misère, heures supplémentaires obligatoires et non rémunérées, répression anti-syndicale sont le sort de nombreux salariés dans le contexte de productions délocalisées. D'où cette invitation à un coup franc, d'un clic, pour rappeler aux décideurs que « la fabrication de vêtements nuit gravement à la santé des travailleurs ». Réagir, informer, consommer équitable, interpeller les magasins, le collectif vous propose de jouer les prolongations : règlement dans le petit mémo du consom'acteur.
Crédits photos : Max Havelaar, Artisans du Monde
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