Anne Berrier | |
Leur liberté, c'est la nôtre !
Depuis plus de cent jours maintenant, Florence Aubenas et Hussein Hanoun sont retenus en Irak. Privés de toute forme de liberté, privés du droit élémentaire de s'exprimer, fondamental pour un journaliste, privés de leur famille, de leurs amis, privés de leur vie. Nicole Pénicaut, journaliste à Libération , engagée dans le comité de soutien pour Florence Aubenas et Hussein Hanoun, fait le point sur la situation.
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Quel rôle avez-vous au sein du comité de soutien ?
Je fais une différence entre le comité de soutien, le journal Libération , Reporter Sans Frontières et les actions individuelles. Notre tâche, à Libé , est justement de relayer toutes les actions afin qu'elles ne se fassent pas concurrence, que les dates ne se chevauchent pas. Essayer de trouver des représentants du comité, de Libé ou de RSF qui soient présents lors des actions. Et aussi d'informer la famille de Florence de tout ce qui se passe autour de la mobilisation.
Je fais une différence entre le comité de soutien, le journal Libération , Reporter Sans Frontières et les actions individuelles. Notre tâche, à Libé , est justement de relayer toutes les actions afin qu'elles ne se fassent pas concurrence, que les dates ne se chevauchent pas. Essayer de trouver des représentants du comité, de Libé ou de RSF qui soient présents lors des actions. Et aussi d'informer la famille de Florence de tout ce qui se passe autour de la mobilisation.
On a beaucoup parlé du manque d'actions pour Florence et Hussein, où en est la mobilisation, aujourd'hui ?
Il est vrai que, au début, la mobilisation était très parisienne et corporative, puis, au fur et à mesure, elle devenue plus populaire. Un peu partout, dans des petites villes de province, des initiatives voient le jour. Des personnes de toutes origines socioprofessionnelles viennent à notre rencontre et se sentent concernées : aujourd'hui, la mobilisation augmente. Je pense que, tout d'abord, les gens ont été tétanisés par ces deux disparitions, et maintenant tout le monde a compris que chacun peut agir.
Il est vrai que, au début, la mobilisation était très parisienne et corporative, puis, au fur et à mesure, elle devenue plus populaire. Un peu partout, dans des petites villes de province, des initiatives voient le jour. Des personnes de toutes origines socioprofessionnelles viennent à notre rencontre et se sentent concernées : aujourd'hui, la mobilisation augmente. Je pense que, tout d'abord, les gens ont été tétanisés par ces deux disparitions, et maintenant tout le monde a compris que chacun peut agir.
Un groupe d'amis à l'origine du comité de soutien.
Pour tout vous dire, au départ, le groupe de soutien, c'était une dizaine d'amis. Tout a commencé un soir à l'institut du Monde arabe : une soirée devait être organisée pour la libération de Christian Chéneau et de Georges Malbrunot, et la nouvelle de la disparition de Florence et Hussein est tombée, du coup, cette soirée de fête s'est transformée en soirée de soutien. Dix jours plus tard, Dalil Boubakeur a appelé Libé pour proposer une réunion de soutien. A l'issue de cette réunion, le comité de soutien est né. Par la suite, sont venus se greffer les clubs de presse locaux, les écoles de journalisme, les politiques, et finalement tous les individuels qui se sont senti concernés.
Pour tout vous dire, au départ, le groupe de soutien, c'était une dizaine d'amis. Tout a commencé un soir à l'institut du Monde arabe : une soirée devait être organisée pour la libération de Christian Chéneau et de Georges Malbrunot, et la nouvelle de la disparition de Florence et Hussein est tombée, du coup, cette soirée de fête s'est transformée en soirée de soutien. Dix jours plus tard, Dalil Boubakeur a appelé Libé pour proposer une réunion de soutien. A l'issue de cette réunion, le comité de soutien est né. Par la suite, sont venus se greffer les clubs de presse locaux, les écoles de journalisme, les politiques, et finalement tous les individuels qui se sont senti concernés.
Depuis la diffusion de la cassette le 1er mars dernier, il n'y a plus aucune information sur la situation, l'état des recherches. Pourquoi ?
Ici, nous sommes en contact quotidien avec le quai d'Orsay, nous faisons le point tous les matins pendant une heure au sujet de Florence et d'Hussein, mais ils nous en disent le moins possible. Je pense que, échaudé par toutes les interférences qu'il y a eu dans l'affaire Chéneau et Malbrunot, le gouvernement a décidé d'être d'une discrétion de sioux. On espère malgré tout que les choses s'arrangent !
Ici, nous sommes en contact quotidien avec le quai d'Orsay, nous faisons le point tous les matins pendant une heure au sujet de Florence et d'Hussein, mais ils nous en disent le moins possible. Je pense que, échaudé par toutes les interférences qu'il y a eu dans l'affaire Chéneau et Malbrunot, le gouvernement a décidé d'être d'une discrétion de sioux. On espère malgré tout que les choses s'arrangent !
Quel message voulez-vous faire passer dans « Leur liberté, c'est la nôtre » ?
Florence et Hussein sont partis en Irak pour faire en sorte qu'il n'y ait pas qu'un seul aspect des choses. Ne plus couvrir les événements dans ces pays reviendrait à n'avoir plus qu'une version : la version de celui qui tient la force dans le pays, autant dire que ça ne serait pas très objectif ! Si, un jour, l'information était réduite à ça, nous serions contents qu'il reste des journalistes pour nous dire ce qu'il se passe !
Florence et Hussein sont partis en Irak pour faire en sorte qu'il n'y ait pas qu'un seul aspect des choses. Ne plus couvrir les événements dans ces pays reviendrait à n'avoir plus qu'une version : la version de celui qui tient la force dans le pays, autant dire que ça ne serait pas très objectif ! Si, un jour, l'information était réduite à ça, nous serions contents qu'il reste des journalistes pour nous dire ce qu'il se passe !
Quel est l'état d'esprit du comité de soutien après plus de cent jours de silence ?
Le comité est plus impatient qu'au début, puisque c'est une situation qui dure, mais il est encore hyper tonique, tout le monde a des idées d'actions, et la mobilisation est bonne. Quand un petit groupe est déprimé, il y en a toujours un autre pour prendre le relais et remotiver tout le monde, mais nous espérons tous que cette situation ne va plus durer.
Crédits photos : Philippe MATSAS / OPALE, Jérôme Sessini
Le comité est plus impatient qu'au début, puisque c'est une situation qui dure, mais il est encore hyper tonique, tout le monde a des idées d'actions, et la mobilisation est bonne. Quand un petit groupe est déprimé, il y en a toujours un autre pour prendre le relais et remotiver tout le monde, mais nous espérons tous que cette situation ne va plus durer.
Crédits photos : Philippe MATSAS / OPALE, Jérôme Sessini
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