Antoine Janbon | |
Classe mixtes, une priorité
Seuls 20 % des enfants handicapés suivent une scolarité normale. L'éducation, thème de la semaine nationale des personnes handicapées physique cette année, est, pour les associations, une priorité. Nicole Lapierre-Armande dirige depuis sept ans l'antenne Nord de l'Adapt (la ligue pour l'Adaptation du diminué physique au travail), qui se bat pour l'insertion sociale et professionnelle des personnes handicapées. Cette femme de 54 ans milite pour l'intégration des jeunes handicapés dans un cursus scolaire normal.
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Pourquoi est-ce si important de tenter de mélanger des élèves valides et non-valides dans une même classe ?
Les enfants dont nous nous occupons tout au long de l'année souffrent énormément d'isolement. Leurs difficultés physiques ou mentales les obligent souvent à évoluer dans un monde à part et à faire une croix sur leur vie d'enfant ordinaire. Cet isolement constituera un second handicap pour leur intégration dans la vie d'adulte. Plus le temps passé dans une structure spécialisée est long, plus la réadaptation sera difficile. C'est la raison pour laquelle il faut essayer de les mettre le plus rapidement possible dans des conditions de vie normales.
Vous avez tenté l'expérience avec le collège Lamartine à Cambrai (Nord). Quels sont les premiers enseignements de cette initiative ?
Les 33 élèves qui ont pu intégrer cet établissement cette année sont vraiment ravis et ne feraient marche arrière pour rien au monde. Contrairement à ce qui se passe d'habitude, ici, on les regarde en tant que personne avant de s'intéresser à leur handicap. Cette expérience leur a permis de devenir plus autonomes et de sortir d'un certain climat d'assistance. La présence de jeunes handicapés est également extrêmement saine pour les autres élèves car la classe est devenue un vrai lieu d'apprentissage de la différence.
Comment expliquez-vous la résistance de la majorité des établissements à l'instauration de classes mixtes ?
Je crois que les équipes pédagogiques sont encore craintives car elles méconnaissent les contraintes que peut représenter pour une classe la présence d'un élève handicapé. Il ne faut pas cacher que cela demande des moyens et que beaucoup de petites structures ne sont pas équipées pour cela, mais nous sommes là pour les aider et des subventions existent. Si chacun fait une partie du chemin, tout devient possible.
Crédits photos : ADAPT
Les enfants dont nous nous occupons tout au long de l'année souffrent énormément d'isolement. Leurs difficultés physiques ou mentales les obligent souvent à évoluer dans un monde à part et à faire une croix sur leur vie d'enfant ordinaire. Cet isolement constituera un second handicap pour leur intégration dans la vie d'adulte. Plus le temps passé dans une structure spécialisée est long, plus la réadaptation sera difficile. C'est la raison pour laquelle il faut essayer de les mettre le plus rapidement possible dans des conditions de vie normales.
Vous avez tenté l'expérience avec le collège Lamartine à Cambrai (Nord). Quels sont les premiers enseignements de cette initiative ?
Les 33 élèves qui ont pu intégrer cet établissement cette année sont vraiment ravis et ne feraient marche arrière pour rien au monde. Contrairement à ce qui se passe d'habitude, ici, on les regarde en tant que personne avant de s'intéresser à leur handicap. Cette expérience leur a permis de devenir plus autonomes et de sortir d'un certain climat d'assistance. La présence de jeunes handicapés est également extrêmement saine pour les autres élèves car la classe est devenue un vrai lieu d'apprentissage de la différence.
Comment expliquez-vous la résistance de la majorité des établissements à l'instauration de classes mixtes ?
Je crois que les équipes pédagogiques sont encore craintives car elles méconnaissent les contraintes que peut représenter pour une classe la présence d'un élève handicapé. Il ne faut pas cacher que cela demande des moyens et que beaucoup de petites structures ne sont pas équipées pour cela, mais nous sommes là pour les aider et des subventions existent. Si chacun fait une partie du chemin, tout devient possible.
Crédits photos : ADAPT
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