Olivier Malaponti | |
Liberté, égalité, accessibilité
Au mois de juin sera discuté à l'Assemblée nationale un projet de loi pour l'égalité des droits et des chances, la participation et la citoyenneté des personnes handicapées. Un intitulé ambitieux pour une loi qui, selon ses initiateurs, devrait améliorer les conditions de vie au quotidien des personnes handicapées. Retour avec Claude Meunier, directeur général de l'Association des Paralysés de France, sur un des enjeux de ce projet, l'accessibilité, condition essentielle à la participation sociale des personnes handicapées.
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Quel constat pouvez-vous faire aujourd'hui, en France, sur l'accessibilité réservée aux personnes handicapées ?
Nous sommes à un moment où une loi est débattue. Elle n'est passée qu'en première lecture au Sénat. Pour nous, c'est une question fondamentale. Lorsque l'on parle d'accessibilité, nous parlons d'accès à la société. Les personnes handicapées doivent avoir accès à tous les dispositifs. C'est la condition à une participation sociale. On nous dit que des avancées sont faites dans le domaine de l'habitat, mais on nous annonce des décrets qui vont restreindre le champ de ces avancées. Nous ne demandons pas l'accessibilité du château de Chambord ! Même si les bâtiments historiques sont en avance, en terme d'accès. Ce que nous demandons principalement, c'est que tous les petits commerces de quartier soient accessibles. Cela est possible par le biais d'incitations fiscales. Le texte de loi fait aussi part de belles avancées pour ce qui concerne l'accessibilité des établissements scolaires, des universités et des bureaux de vote. Dans les transports, il y a une volonté de rendre accessible tous les transports dans un délai de six ans. Maintenant, nous attendons les décrets...
Comment expliquer le retard de la France par rapport à ses homologues européens, en matière d'accessibilité pour les personnes handicapées ?
C'est une question de mentalité. En France, nous sommes dans un réflexe de compassion par rapport aux personnes handicapées. Nous ne sommes pas dans un esprit d'égalité des droits. Il faut une volonté politique forte afin de changer les mentalités, comme la mise en place d'un plan sur dix ans. En terme d'accès à l'emploi, par exemple, lorsque l'on regarde le texte de loi, on se rend compte que l'État va avoir un problème car la directive européenne ne sera pas applicable. Tous les emplois ne sont pas accessibles. En revanche, il y a des progrès accomplis, notamment avec l'introduction d'une notion de pénalisation plus forte pour les entreprises qui rechignent à employer des personnes handicapées.
A quel niveau faut-il agir pour améliorer la situation ?
Il faut une incitation forte, prendre des mesures au niveau du cadre bâti, des établissements et installations recevant du public, des transports, des accès aux services, aux loisirs ou à l'emploi. Il faut raisonner en terme de chaîne de déplacement. La constitution stipule que toute personne a le droit de circuler librement à l'intérieur d'un État. Les personnes handicapées doivent avoir accès à tout, comme tout le monde ! Aussi, il faut mener des campagnes de sensibilisation à destination du grand public. Notre démarche, c'est de faire du grand public un allié. Il reste encore beaucoup de travail.
Crédits photos : APF, Benjamin Horvais
Nous sommes à un moment où une loi est débattue. Elle n'est passée qu'en première lecture au Sénat. Pour nous, c'est une question fondamentale. Lorsque l'on parle d'accessibilité, nous parlons d'accès à la société. Les personnes handicapées doivent avoir accès à tous les dispositifs. C'est la condition à une participation sociale. On nous dit que des avancées sont faites dans le domaine de l'habitat, mais on nous annonce des décrets qui vont restreindre le champ de ces avancées. Nous ne demandons pas l'accessibilité du château de Chambord ! Même si les bâtiments historiques sont en avance, en terme d'accès. Ce que nous demandons principalement, c'est que tous les petits commerces de quartier soient accessibles. Cela est possible par le biais d'incitations fiscales. Le texte de loi fait aussi part de belles avancées pour ce qui concerne l'accessibilité des établissements scolaires, des universités et des bureaux de vote. Dans les transports, il y a une volonté de rendre accessible tous les transports dans un délai de six ans. Maintenant, nous attendons les décrets...
Comment expliquer le retard de la France par rapport à ses homologues européens, en matière d'accessibilité pour les personnes handicapées ?
C'est une question de mentalité. En France, nous sommes dans un réflexe de compassion par rapport aux personnes handicapées. Nous ne sommes pas dans un esprit d'égalité des droits. Il faut une volonté politique forte afin de changer les mentalités, comme la mise en place d'un plan sur dix ans. En terme d'accès à l'emploi, par exemple, lorsque l'on regarde le texte de loi, on se rend compte que l'État va avoir un problème car la directive européenne ne sera pas applicable. Tous les emplois ne sont pas accessibles. En revanche, il y a des progrès accomplis, notamment avec l'introduction d'une notion de pénalisation plus forte pour les entreprises qui rechignent à employer des personnes handicapées.
A quel niveau faut-il agir pour améliorer la situation ?
Il faut une incitation forte, prendre des mesures au niveau du cadre bâti, des établissements et installations recevant du public, des transports, des accès aux services, aux loisirs ou à l'emploi. Il faut raisonner en terme de chaîne de déplacement. La constitution stipule que toute personne a le droit de circuler librement à l'intérieur d'un État. Les personnes handicapées doivent avoir accès à tout, comme tout le monde ! Aussi, il faut mener des campagnes de sensibilisation à destination du grand public. Notre démarche, c'est de faire du grand public un allié. Il reste encore beaucoup de travail.
Crédits photos : APF, Benjamin Horvais
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