Olivier Malaponti

La voie du sport

En banlieue parisienne, à Bonneuil sur Marne, l'association Ateliers Sans Frontières travaille depuis trois ans à « l'insertion sociale et professionnelle de publics jeunes et adultes très éloignés du marché du travail, en les impliquant dans la mise en ouvre d'actions de solidarité, et notamment sur la récupération et la remise en état de matériel sportif, voire son installation dans le cadre de projets à l'international ». Le sport apparaît ici comme un vecteur d'éducation, de formation, d'insertion, et de solidarité. Rencontre avec Zinedine, qui aujourd'hui a trouvé sa voie.
La voie du sport
Une démarche d'insertion

« Je suis arrivé ici à une période charnière de ma vie. J'ai eu un parcours difficile, sur lequel je n'ai pas envie de m'attarder. » Zinedine a 36 ans. Voilà près d'un an qu'il travaille au sein d'Ateliers Sans Frontières. Brun, les cheveux courts, un physique de sportif, plutôt discret, il n'est pas du genre à s'étaler sur sa vie privée. « Ici, explique-t-il, nous sommes dans un atelier de réinsertion. Nous sommes tous différents avec chacun nos problèmes. Vivre ensemble, se soutenir tout en ayant une démarche professionnelle, m'intéressait. »
 
Une autre vision du monde

Deux mois après son arrivée, Zinedine est envoyé en mission au Sénégal : « Nous avons rénové trois terrains de sport dans un lycée, coulé une plate-forme sportive dans une école primaire, et aménagé une salle de musculation. Nous avons apporté du matériel que nous avions rénové ici. Nous sommes partis ensemble, donc nous avons appris à vivre ensemble. » Il ajoute : « Nous avons compris que nos problèmes étaient minimes par rapport à ceux des jeunes enfants Sénégalais. Lorsque tu découvres une autre culture, un autre pays, avec ses problèmes, tu apprends. Et, quand tu fais un travail comme celui-ci, ça valorise ! Les sourires des mômes nous font comprendre que nous ne sommes pas là pour rien ! »
 
Un projet d'avenir

Dans l'humanitaire, ce qui attire Zinedine, « c'est aider ». Reconnaissant, il explique qu'Ateliers Sans Frontières l'a « conforté » dans ses choix professionnels : « Ça m'a permis de me recentrer. J'aimerais continuer à exercer dans l'humanitaire, être sur le terrain et en faire mon boulot. J'aimerais partir à l'étranger, et aussi ouvrer dans le cadre de la solidarité nationale. » D'ailleurs, Zinedine vient de passer le concours d'administrateur de la solidarité internationale de l'institut Bioforce. Déterminé et motivé, il affirme : « J'ai montré que je veux réellement m'en sortir. J'ai évolué, je suis devenu stable, j'ai des buts, des projets, je me sens bien et suis épanoui. » En effet, dans le cadre du montage de la prochaine mission en Inde avec des jeunes de quartiers, Zinedine s'est vu confier des responsabilités par Ateliers Sans Frontières. « Ça me touche que l'on me fasse aussi rapidement confiance. C'est rare, aujourd'hui, de tomber sur des gens qui donnent sans attendre en retour. Des gens bien ! »

Engagez-vous avec Atelier sans Frontières :
http://www.ateliersansfrontieres.org

Crédits photos : Benjamin HORVAIS

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