Par Christelle Célarié | |
Le microcrédit pour prendre son avenir en main
« Être chômeur n'est pas un crime ! Avec le microcrédit, plus de 45 000 chômeurs et allocataires du RMI, accompagnés par l'Adie, ont créé leur entreprise ». A l'occasion de la semaine du microcrédit, rencontre avec Maria Nowak, la « banquière de l'espoir », fondatrice et présidente de l'Adie, Association pour le droit à l'initiative économique.
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Le microcrédit en France ça marche ? Pourquoi ?
Oui ça marche ! Depuis la création de l'Adie, en 1989, plus de 45 000 entreprises ont été créées, générant près de 55 000 emplois. Parmi ces entreprises, 65% sont encore en activité deux ans après leur lancement. Nous considérons que la capacité d'entreprendre et la créativité ne dépendent pas d'un compte en banque et c'est pour cela que l'Adie donne un coup de pouce aux chômeurs, aux personnes allocataires du RMI qui n'ont pas accès au système de financement classique. Nous leur donnons l'accès à un capital en mettant à leur disposition des crédits dont le montant moyen est de 2 500 euros. A ce capital, s'ajoute un accompagnement des créateurs, par notre équipe de permanents et de bénévoles, pendant deux ans. En 2007, nous avons octroyé 9 853 prêts et 2 391 prêts d'honneur. Et notre taux de perte s'élève à 2,55 % : plus bas que les pertes des banques !
Le microcrédit est un moyen de lutte contre le chômage. Pourquoi l'Etat ne s'engage-t-il pas plus dans ce type de financement ?
Le microcrédit est un moyen de lutte contre le chômage. Pourquoi l'Etat ne s'engage-t-il pas plus dans ce type de financement ?
Le rôle de l'Etat n'est pas de faire des crédits... mais de mettre en place un cadre institutionnel pour légiférer sur la création d'entreprises, cadre que nous souhaitons d'ailleurs améliorer pour rendre l'entreprenariat plus simple. L'innovation, en matière de lutte contre le chômage, se crée au niveau du terrain et l'Etat n'est pas sur le terrain. Le microcrédit est une expérimentation menée sur le terrain - elle a vu le jour au Bangladesh avec la Grameen Bank - que l'Adie a importé en France.
Le microcrédit s'est développé, dans un premier temps, en Asie, en Afrique et en Amérique Latine. Pourquoi ce type de financement s'est-il développé dans les pays industrialisés depuis quinze ans ?
Le microcrédit est un concept universel qui repose sur l'équation : travail + capital = création de richesses. Depuis plus de quinze ans, ce concept, importé dans les pays industrialisés, a permis de financer et de développer des petites unités de production ainsi que des services que le système bancaire ne pouvait pas financer car ce sont des prêts risqués pour les banques. Du point de vue opérationnel, elles ne sont pas organisées pour gérer de si petites sommes et pour accompagner le public que nous soutenons.
Pourtant les prêts de l'Adie sont financés par les banques ?
Pourtant les prêts de l'Adie sont financés par les banques ?
En effet, les ressources qui permettent de financer les crédits proviennent des banques mais toute la partie de l'accompagnement que nous mettons en place auprès des créateurs provient des collectivités locales, de l'Etat et du Fonds social européen. L'Adie est un sas d'entrée pour les personnes qui n'ont pas accès au système de financement classique. Mais le but est que la plupart des créateurs qui font appel à l'Adie accèdent ensuite au système bancaire. En 2005, 75% des créateurs que nous suivions depuis deux ans avaient pu réintégrer le système classique.
L'Adie organise la quatrième édition de la semaine du microcrédit cette année. Que va-t-il se passer ?
L'Adie organise la quatrième édition de la semaine du microcrédit cette année. Que va-t-il se passer ?
Le principal objectif de cette semaine est d'aller au devant des créateurs potentiels pour établir un contact entre eux et nos permanents. En organisant des forums, nous allons faire se rencontrer ces créateurs potentiels avec des entrepreneurs financés par l'Adie. C'est ce que nous appelons la pédagogie de l'exemple pour montrer aux personnes qui sont au RMI et qui auraient envie de se lancer que d'autres l'ont fait avant eux. Nous souhaitons encourager les gens à prendre leur avenir en main pour sortir de l'exclusion. Nous espérons ainsi corriger les idées reçues que la société peut avoir sur les chômeurs. C'est d'ailleurs la thématique de notre campagne d'affichage : être chômeur n'est pas un crime
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Crédit photos : Benjamin Horvais
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