David Chomentowski

La bonne volonté ne suffit plus !

Dans quelques semaines, l’institut Bioforce Développement, association qui forme et oriente du personnel humanitaire depuis 1983, partira à la rencontre du public français. Alors qu’une grande partie de la jeunesse énonce le vœu de s’engager dans l’humanitaire, Olivier Vandecasteele, responsable du projet « Tour de France : l'humanitaire à la rencontre des jeunes », explique quels rapports entretiennent ces jeunes avec les actions de solidarité internationale.
La bonne volonté ne suffit plus !
Comment s'est monté ce « Tour de France » ?

Il tourne autour de deux axes. Premièrement, l’engouement des jeunes pour l’humanitaire quand ces derniers ignorent la réalité des métiers et des situations sur le terrain. Deuxièmement, la bonne volonté n’est plus suffisante aujourd’hui pour partir à l’étranger, il faut disposer de compétences ! Nous souhaitons informer les jeunes sur la professionnalisation de ce secteur mais également leur présenter la diversité des engagements qui leur sont ouverts, en France comme à l’international.
La particularité de l’action du Tour de France est que pour la première fois, l’ensemble des forces associatives françaises (ONG, associations de solidarité et associations jeunesse) vont à la rencontre des jeunes et ce, sur l’ensemble du territoire français !
 
En tant que chargé d'orientation professionnelle à l'institut Bioforce Développement, comment se passent les échanges avec les jeunes ?

Beaucoup de jeunes ont un imaginaire romanesque de la solidarité internationale. Ils font par exemple l’équation : un pays en voie de développement est un pays qui a des besoins, donc qui a besoin de moi… Ces personnes sont intéressées par l’exotisme ou bien sont en quête de sens. Une démarche de fuite par rapport à un système qu’on rejette n’est pas compatible avec un travail à l’international qui pose souvent des contraintes supplémentaires.
Notre travail consiste à donner une vision réaliste aux souhaits des gens. Nous souhaitons amener les jeunes à se poser les bonnes questions en termes d’engagement, de disponibilité, de contraintes individuelles et surtout qu’ils déterminent ce qu’ils souhaitent apporter aux populations du « Sud ».
 
Quelles sont les étapes à suivre pour travailler dans l'humanitaire ?

Il faut rencontrer et interroger des gens du secteur pour prendre la mesure réelle de leur travail et s’engager d’abord au niveau local et national comme bénévole : certains mécanismes dans le travail sur la précarité en France se retrouvent ailleurs !
A ceux qui sont déjà engagés associativement en France, nous conseillons de rechercher une association qui leur permettra de vivre au mieux leur première expérience internationale. Faire un chantier international est un bon choix, c’est une expérience courte où l’on mène une action de solidarité avec un bon encadrement. Ensuite, ce sont des structures comme les associations de volontariat international, aux démarches basées sur l’engagement et la motivation de la personne, qui recherchent des jeunes, bien plus souvent que les grandes ONG.

Crédits photos : Institut Bioforce Développement

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