David Chomentowski

S'engager dans les métiers de la solidarité

L’intérêt des jeunes pour la solidarité s’est accru au cours de ces dernières années : 59% des 15-24 ans souhaitent donner de leur temps au secteur associatif et 42% des 15-18 ans souhaiteraient faire de l’humanitaire ! Pourtant 1 jeune sur 3 considère être mal informé sur la solidarité internationale… Alors que l’opération « le Tour de France – l’humanitaire à la rencontre des jeunes » démarrera cet automne, voici d’ores et déjà un éclairage sur les moyens de participer à la solidarité internationale.
S'engager dans les métiers de la solidarité
Les formations

Tout d’abord des formations existent. Les métiers de logisticien (pour superviser la mise en place et le suivi des programmes humanitaires) et d’administrateur (pour assurer la gestion financière, budgétaire et administrative de la mission sur le terrain) sont notamment enseignés à l’institut Bioforce Développement, un des rares lieux en France qui propose des formations très pratiques. Pour apprendre à concevoir des projets dans la solidarité ou suivre un cursus plus technique (sur les métiers liés à l’eau par exemple), des cours y sont également dispensés, ainsi qu’à l’école de commerce lyonnaise 3A, à l’Ifaid Aquitaine ou encore dans certaines universités.
 
S'engager sans formation, c'est possible

A ceux qui n’ont pas reçu ces formations, les différents modes de volontariat offrent la possibilité de participer tout de même à la solidarité internationale. Le Centre d'Information sur le Volontariat International (CIVI) s’adresse à toute personne majeure de moins de 28 ans pour des postes d’une durée de 6 à 24 mois. Dans des conditions très acceptables le volontaire effectue sa mission à l’étranger au sein d’une entreprise française ou dans l’Administration. L’inscription et l’accès aux offres s’effectuent directement sur le site du CIVI. La compétition est difficile pour ces postes qui nécessitent des qualifications souvent précises. Pour ceux tentés par une carrière dans la fonction publique internationale, possédant un diplôme d'étude de premier cycle ainsi que plusieurs années d’expérience de travail, ils peuvent poser leur candidature au programme des Volontaires des Nations unies qui affecte des bénévoles dans les agences de l’ONU. Enfin, on peut effectuer un Volontariat Civil en partant avec une association de solidarité internationale agréée par le Ministère des Affaires Etrangères. On reçoit alors une indemnité et bénéficie du statut à part entière établi dans la récente loi de 2005.
 
Le service Volontaire Européen

Sans nulle formation requise, le Service Volontaire Européen offre aux jeunes de 18 à 25 ans l’occasion de partir pour des missions entre 6 et 12 mois dans différentes activités d’intérêt général (art, culture, environnement, animation, santé, action sociale…) au sein d’organisations à but non lucratif ou de collectivités territoriales. Deux zones sont privilégiées : le Bassin méditerranéen et l’Europe de l’Est. Favorisant l’apprentissage interculturel, ce service a pour but d’acquérir de nouvelles compétences et de se former hors du cadre scolaire. Nourri, logé, assuré, remboursé de son trajet aller-retour, ces volontaires ne sont toutefois pas rémunérés. Et si aucun diplôme n'est exigé, une solide motivation est conseillée ! Le Guide de l’Utilisateur du programme Jeunesse publié par la Commission européenne détaille, action par action, les critères, objectifs, procédure à suivre. Le Guide du volontaire détaille les étapes à accomplir pour vous lancer dans l’aventure. D’une manière générale, les associations qui proposent des chantiers de solidarité ou des volontariats civils à l’étranger sont très regardantes sur les motivations, parfois plus que sur les qualifications professionnelles !
 
Le volontariat civil de cohésion sociale et de la solidarité

Enfin, il ne faut pas oublier qu’au niveau national, pour les jeunes de 18 à 28 ans, le volontariat civil de cohésion sociale et de solidarité existe depuis six ans. C'est déjà là une occasion de s'engager à plein temps et pour une durée variable dans une mission de solidarité en lien avec une association. Le volontaire bénéficie d'une indemnité mensuelle de 610 €, d'une couverture sociale, d'une formation au cours de sa mission et d'un suivi/tutorat. Ce peut être un tremplin vers une activité future dans l’humanitaire et le développement. Par ailleurs, la loi relative au contrat de volontariat associatif promulguée en mai 2006 permet au volontaire de se consacrer, pour une durée déterminée et de façon désintéressée, à un projet d’intérêt général en ayant les moyens de s’y investir pleinement.

Crédits photos : Institut Bioforce Développement

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