Antoine Janbon | |
Des femmes entre deux mondes
Marie-Hélène Hassan dirige, depuis 1992, l'association Arifa (Archives de l'immigration familiale), une des plus anciennes associations de médiation sociale et culturelle de France. Elle nous explique la philosophie de son action en compagnie de Naoual, une bénéficiaire.
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Des femmes-relais
« L'immigration est un passage douloureux entre deux mondes ». Marie-Hélène Hassan sait la difficulté de quitter son pays pour vivre dans une société qui n'est pas la sienne. Cette Française, mariée en Syrie, a dû apprendre à exister dans un pays où l'on doit oublier ses propres repères pour s'inventer une nouvelle vie. C'est sans doute une des raisons qui l'ont poussée à rejoindre l'association Arifa, en 1992, à son retour en France.
Créée en 1989, cette association aide les femmes immigrées d'un quartier de Montfermeil, en Seine-Saint-Denis, à trouver leur place dans la société française. Naoual, 30 ans, est arrivée en France en 2002. Cette jeune Algérienne débarque en France enceinte, sans papiers et complètement perdue. « Je ne savais pas parler français. Je ne connaissais rien des coutumes locales. Je n'avais personne à qui m'adresser. L'Arifa m'a tout donné, elle m'a permis d'avoir des papiers, un logement. »
Les femmes sortent de leur repli
Les sept femmes-relais qui composent l'association sont toutes d'origines différentes, mais habitent le quartier depuis plusieurs années. Grâce à leur formation de médiatrice, elles accompagnent les femmes les plus récemment arrivées en étant présentes lors de leurs démarches auprès des services publics. « Nous jouons le rôle de passerelle entre des personnes qui ne connaissent rien de la société française, de sa langue, de sa culture, et des services comme l'école ou l'hôpital, qui ne sont pas toujours prêts à s'ouvrir à une culture différente. »
Et Naoual de poursuivre : « Une des personnes de l'association m'a rassurée au moment de mon accouchement en m'expliquant ce que me disait le médecin. Grâce à l'Arifa, j'ai appris à devenir autonome. Aujourd'hui, je participe à la vie du quartier et je peux vivre ma vie en regardant les gens en face, sans baisser les yeux. »
Mettre fin à des incompréhensions
Ce lien, cette démarche permettent de mettre fin à bien des incompréhensions et de prévenir de nombreux conflits. D'un côté, les différentes institutions présentes dans le quartier regardent ces étrangères avec plus de sérénité, et affirment être devenues plus efficaces grâce aux explications des femmes-relais. De l'autre, les femmes immigrées sortent de leur repli en franchissant en douceur les barrières linguistiques et culturelles.
« L'immigration est un passage douloureux entre deux mondes ». Marie-Hélène Hassan sait la difficulté de quitter son pays pour vivre dans une société qui n'est pas la sienne. Cette Française, mariée en Syrie, a dû apprendre à exister dans un pays où l'on doit oublier ses propres repères pour s'inventer une nouvelle vie. C'est sans doute une des raisons qui l'ont poussée à rejoindre l'association Arifa, en 1992, à son retour en France.
Créée en 1989, cette association aide les femmes immigrées d'un quartier de Montfermeil, en Seine-Saint-Denis, à trouver leur place dans la société française. Naoual, 30 ans, est arrivée en France en 2002. Cette jeune Algérienne débarque en France enceinte, sans papiers et complètement perdue. « Je ne savais pas parler français. Je ne connaissais rien des coutumes locales. Je n'avais personne à qui m'adresser. L'Arifa m'a tout donné, elle m'a permis d'avoir des papiers, un logement. »
Les femmes sortent de leur repli
Les sept femmes-relais qui composent l'association sont toutes d'origines différentes, mais habitent le quartier depuis plusieurs années. Grâce à leur formation de médiatrice, elles accompagnent les femmes les plus récemment arrivées en étant présentes lors de leurs démarches auprès des services publics. « Nous jouons le rôle de passerelle entre des personnes qui ne connaissent rien de la société française, de sa langue, de sa culture, et des services comme l'école ou l'hôpital, qui ne sont pas toujours prêts à s'ouvrir à une culture différente. »
Et Naoual de poursuivre : « Une des personnes de l'association m'a rassurée au moment de mon accouchement en m'expliquant ce que me disait le médecin. Grâce à l'Arifa, j'ai appris à devenir autonome. Aujourd'hui, je participe à la vie du quartier et je peux vivre ma vie en regardant les gens en face, sans baisser les yeux. »
Mettre fin à des incompréhensions
Ce lien, cette démarche permettent de mettre fin à bien des incompréhensions et de prévenir de nombreux conflits. D'un côté, les différentes institutions présentes dans le quartier regardent ces étrangères avec plus de sérénité, et affirment être devenues plus efficaces grâce aux explications des femmes-relais. De l'autre, les femmes immigrées sortent de leur repli en franchissant en douceur les barrières linguistiques et culturelles.
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