Liam Rakimar | |
Des exclus au service des exclus
La Chorba est née de la volonté de certains jeunes issus de la communauté franco -maghrébine d'offrir un bol de soupe aux sans-abri durant la période de ramadan. Devant la hausse constante de la pauvreté et le nombre de démunis, « il n'était plus possible » explique Rather, le président, « de se contenter du mois de ramadan ». Aujourd'hui, c'est toute l'année que la Chorba agit parce que « la pauvreté, elle, ne s'arrête jamais » rappelle Rather.
![]() |
Jessica a 19 ans est arrivée à La Chorba par besoin : « C'était la seule association qui donnait à manger ce jour-là » ; elle y est restée « pour l'ambiance ». Sans travail et sans ressources, elle est pourtant tout sauf assistée et inactive. Depuis qu'elle a rencontré l'équipe de la Chorba, ses journées sont particulièrement chargées. Participer bénévolement à la vie de l'association, c'est elle qui l'a choisi « en regardant les autres aider » et il semble qu'elle ait trouvé sa voie.
« Quand j'aide, c'est comme si je m'aidais »
A 9 h 30 chaque matin, elle arrive dans les locaux de l'association, boulevard Poniatowski dans le 12e arrondissement. Elle donne un coup de main, nettoie, décharge les cartons de nourriture que les autres bénévoles sont allés chercher au marché ou chez leurs différents partenaires et elle prépare les colis. Elle a aussi appris à faire les repas avec Choukri, le cuisinier. Le soir, elle rentre dormir avec son copain, Rodrigue, dans un foyer social non loin d'ici.
Le vendredi est une journée spéciale : elle accueille les bénéficiaires de l'association, leur offre un café, un thé et discute un peu. « Quand je les aide, c'est comme si je m'aidais », dit-elle. Elle leur distribue aussi des colis alimentaires, et cette mission la rend particulièrement fière : « Ils ne savent pas que je suis comme eux ; ils me disent plein de fois merci. »
La distribution des colis est une des activités principale de l'association, et ils sont « bien remplis, ce qui n'est pas toujours le cas ». Pour Noël, l'association souhaite améliorer le contenu et y apporter un côté festif avec des chocolats et des jouets pour les enfants. Quand on lui demande si c'est difficile de donner alors qu'on est soi-même tellement démuni, elle baisse les yeux : « Ce qui est difficile, c'est de dire non quand une personne nous demande de rajouter des choses dans son colis, parce que, nous aussi, on sait ce que c'est de ne rien avoir. »
La volonté de bien faire
Sur son visage, les stigmates de ses années de galère contrastent avec sa jeunesse. Lorsqu'elle parle de son travail à La Chorba, son regard s'illumine mais cet éclat a tôt fait de s'effacer dès qu'elle raconte sa vie « d ' avant ». Après sa première année de BEP, elle s'est retrouvée dans la rue avec son copain. « A Valenciennes, on dormait dehors ou dans des trains, sans pouvoir se laver. Mon copain travaillait mais, le matin, il ne pouvait même pas boire un café ou prendre une douche. » Elle vit dans la rue depuis trois ans déjà, allant de foyers en associations lorsqu'elle arrive à Paris le 26 octobre dernier. Elle frappe à la porte de La Chorba: « Ici, ils acceptent tout le monde, peu importe ta couleur, ton histoire. »
Jessica est intimidée, bien sûr, mais en même temps très fière de pouvoir raconter son travail à l'association ; elle est très touchante avec sa volonté constante de bien faire. « C'est la première fois qu'on dit des choses bien de moi », avoue-t-elle, « qu'on me dit merci. » Son regard se porte sur Rather, le président, qui, lors d'une réunion inter-associations, l'a citée en exemple.
Samedi et dimanche dernier, elle a fait la collecte de dons dans les supermarchés pour la Banque alimentaire, partenaire de la Chorba. Mais, les autres week-ends, elle ne travaille pas à l'association et, selon elle, « c'est la galère. Ici, je donne le maximum de ce que je peux. Quand je suis dehors, j'ai l'impression de ne servir à rien. On n'a rien à faire car on n'a pas d'argent pour sortir ».
L'espoir retrouvé
Depuis qu'elle est bénévole, elle arrive enfin à se projeter dans l'avenir et retrouve espoir : « Je voudrais travailler dans le social, avoir un travail pour qu'on vive ensemble avec mon copain, dans un foyer de jeunes travailleurs ». Son rêve serait d'être employée à la Chorba, ce qui devrait se concrétiser puisque l'association, qui a déjà généré trois emplois, devrait bientôt en créer un quatrième pour Jessica. « Ce que j'aime, ici, c'est qu'ils ne te posent pas de questions sur ta vie. Mais, si tu as besoin d'eux, ils t'écoutent ».
Eux, ce sont les autres bénévoles de l'association, Houssin, le secrétaire, mais aussi Saïd ou encore Jacques, le plus âgé. Il a 64 ans et, lui non plus, il n'a pas été épargné par la vie. Pourtant, pour Jacques, « aider c'est le moins qu'on puisse faire quand on nous aide ».
Un leitmotiv que tous partagent. Pour Jessica comme pour Rodrigue, Jacques ou les autres bénévoles de la Chorba qui ont connu la rue, « quand on n'a plus rien, on peut toujours donner un coup de main et, ça, tout le monde peut le faire ». Encore faut-il en avoir la volonté !
« Quand j'aide, c'est comme si je m'aidais »
A 9 h 30 chaque matin, elle arrive dans les locaux de l'association, boulevard Poniatowski dans le 12e arrondissement. Elle donne un coup de main, nettoie, décharge les cartons de nourriture que les autres bénévoles sont allés chercher au marché ou chez leurs différents partenaires et elle prépare les colis. Elle a aussi appris à faire les repas avec Choukri, le cuisinier. Le soir, elle rentre dormir avec son copain, Rodrigue, dans un foyer social non loin d'ici.
Le vendredi est une journée spéciale : elle accueille les bénéficiaires de l'association, leur offre un café, un thé et discute un peu. « Quand je les aide, c'est comme si je m'aidais », dit-elle. Elle leur distribue aussi des colis alimentaires, et cette mission la rend particulièrement fière : « Ils ne savent pas que je suis comme eux ; ils me disent plein de fois merci. »
La distribution des colis est une des activités principale de l'association, et ils sont « bien remplis, ce qui n'est pas toujours le cas ». Pour Noël, l'association souhaite améliorer le contenu et y apporter un côté festif avec des chocolats et des jouets pour les enfants. Quand on lui demande si c'est difficile de donner alors qu'on est soi-même tellement démuni, elle baisse les yeux : « Ce qui est difficile, c'est de dire non quand une personne nous demande de rajouter des choses dans son colis, parce que, nous aussi, on sait ce que c'est de ne rien avoir. »
La volonté de bien faire
Sur son visage, les stigmates de ses années de galère contrastent avec sa jeunesse. Lorsqu'elle parle de son travail à La Chorba, son regard s'illumine mais cet éclat a tôt fait de s'effacer dès qu'elle raconte sa vie « d ' avant ». Après sa première année de BEP, elle s'est retrouvée dans la rue avec son copain. « A Valenciennes, on dormait dehors ou dans des trains, sans pouvoir se laver. Mon copain travaillait mais, le matin, il ne pouvait même pas boire un café ou prendre une douche. » Elle vit dans la rue depuis trois ans déjà, allant de foyers en associations lorsqu'elle arrive à Paris le 26 octobre dernier. Elle frappe à la porte de La Chorba: « Ici, ils acceptent tout le monde, peu importe ta couleur, ton histoire. »
Jessica est intimidée, bien sûr, mais en même temps très fière de pouvoir raconter son travail à l'association ; elle est très touchante avec sa volonté constante de bien faire. « C'est la première fois qu'on dit des choses bien de moi », avoue-t-elle, « qu'on me dit merci. » Son regard se porte sur Rather, le président, qui, lors d'une réunion inter-associations, l'a citée en exemple.
Samedi et dimanche dernier, elle a fait la collecte de dons dans les supermarchés pour la Banque alimentaire, partenaire de la Chorba. Mais, les autres week-ends, elle ne travaille pas à l'association et, selon elle, « c'est la galère. Ici, je donne le maximum de ce que je peux. Quand je suis dehors, j'ai l'impression de ne servir à rien. On n'a rien à faire car on n'a pas d'argent pour sortir ».
L'espoir retrouvé
Depuis qu'elle est bénévole, elle arrive enfin à se projeter dans l'avenir et retrouve espoir : « Je voudrais travailler dans le social, avoir un travail pour qu'on vive ensemble avec mon copain, dans un foyer de jeunes travailleurs ». Son rêve serait d'être employée à la Chorba, ce qui devrait se concrétiser puisque l'association, qui a déjà généré trois emplois, devrait bientôt en créer un quatrième pour Jessica. « Ce que j'aime, ici, c'est qu'ils ne te posent pas de questions sur ta vie. Mais, si tu as besoin d'eux, ils t'écoutent ».
Eux, ce sont les autres bénévoles de l'association, Houssin, le secrétaire, mais aussi Saïd ou encore Jacques, le plus âgé. Il a 64 ans et, lui non plus, il n'a pas été épargné par la vie. Pourtant, pour Jacques, « aider c'est le moins qu'on puisse faire quand on nous aide ».
Un leitmotiv que tous partagent. Pour Jessica comme pour Rodrigue, Jacques ou les autres bénévoles de la Chorba qui ont connu la rue, « quand on n'a plus rien, on peut toujours donner un coup de main et, ça, tout le monde peut le faire ». Encore faut-il en avoir la volonté !
Espace offert par Microsoft
Liens utiles
Sondage
- Quel problème écologique inquiète le plus les jeunes ?
- La pollution marine
30% - Le réchauffement climatique
18% - La déforestation
34% - La pollution de l'air
18%
- La pollution marine


