Elodie Robert | |
Le chômage : notre responsabilité à tous
Ancien Commissaire au plan, Jean-Baptiste de Foucauld fait partie de ceux dont on parle peu, mais qui agissent concrètement dans le combat pour l'insertion. Fondateur et président de l'association Solidarités Nouvelles face au Chômage (SNC), il participe au Grenelle de l'insertion lancé fin novembre par Martin Hirsch. Rencontre.
![]() |
Pourquoi et depuis combien de temps êtes-vous impliqué dans la lutte contre le chômage ?
En 1985, avec quelques amis, nous avons décidé de nous investir dans ce combat car nous voyions bien que la France avait du mal à résoudre ce problème et qu'il allait durer longtemps. Nous voulions transposer dans le domaine de la lutte contre le chômage des méthodes qui avaient été expérimentées notamment dans le domaine des droits de l'Homme comme Amnesty International a pu le faire pour soutenir des populations privées de libertés fondamentales ou ATD Quart monde pour aider les personnes en difficulté à s'exprimer, à reprendre pied dans la société...
Nous voulions donner aux citoyens un moyen concret d'aider le chômeur qui se trouve à côté de lui. Nous avons donc créé l'association Solidarités Nouvelles face au Chômage .
En 1985, avec quelques amis, nous avons décidé de nous investir dans ce combat car nous voyions bien que la France avait du mal à résoudre ce problème et qu'il allait durer longtemps. Nous voulions transposer dans le domaine de la lutte contre le chômage des méthodes qui avaient été expérimentées notamment dans le domaine des droits de l'Homme comme Amnesty International a pu le faire pour soutenir des populations privées de libertés fondamentales ou ATD Quart monde pour aider les personnes en difficulté à s'exprimer, à reprendre pied dans la société...
Nous voulions donner aux citoyens un moyen concret d'aider le chômeur qui se trouve à côté de lui. Nous avons donc créé l'association Solidarités Nouvelles face au Chômage .
Comment fonctionne l'association Solidarités Nouvelles face au Chômage (SNC) ?
La méthode est assez simple : des groupes de 5 à 15 personnes bénévoles se réunissent tous les mois et décident d'aider des demandeurs d'emploi. Un binôme de 2 accompagnateurs rencontre alors la personne au chômage qu'il accompagne à un rythme qu'ils conviennent ensemble, sans limite de temps et gratuitement. Cette action consiste à écouter la personne, à échanger sur ses recherches, éventuellement à la conseiller. Souvent, ça suffit pour aller vers l'emploi, mais pas toujours. Car une des raisons du chômage c'est qu'il n’y a pas d'emploi pour tout le monde. Et les personnes discriminées de par leur âge, leur nom ou encore leur nationalité en sont les premières victimes.
Dans ce cas, SNC fait émerger des emplois. En fonction de leur savoir faire, nous cherchons une place dans une association qui a un projet intéressant mais qui manque des moyens humains et d'argent pour le développer. SNC prend alors en charge le salaire de cette personne jusqu'au niveau du SMIC. Nous créons ainsi un triangle de la solidarité : une personne qui a des capacités se trouve employée, elle contribue à développer une association qui, elle-même, rend des services à la population.
La méthode est assez simple : des groupes de 5 à 15 personnes bénévoles se réunissent tous les mois et décident d'aider des demandeurs d'emploi. Un binôme de 2 accompagnateurs rencontre alors la personne au chômage qu'il accompagne à un rythme qu'ils conviennent ensemble, sans limite de temps et gratuitement. Cette action consiste à écouter la personne, à échanger sur ses recherches, éventuellement à la conseiller. Souvent, ça suffit pour aller vers l'emploi, mais pas toujours. Car une des raisons du chômage c'est qu'il n’y a pas d'emploi pour tout le monde. Et les personnes discriminées de par leur âge, leur nom ou encore leur nationalité en sont les premières victimes.
Dans ce cas, SNC fait émerger des emplois. En fonction de leur savoir faire, nous cherchons une place dans une association qui a un projet intéressant mais qui manque des moyens humains et d'argent pour le développer. SNC prend alors en charge le salaire de cette personne jusqu'au niveau du SMIC. Nous créons ainsi un triangle de la solidarité : une personne qui a des capacités se trouve employée, elle contribue à développer une association qui, elle-même, rend des services à la population.
Vous participez au Grenelle de l'insertion qui a commencé fin novembre. Quelle est votre action dans ce Grenelle ? Et vos objectifs ?
Le premier message que je souhaite faire passer est celui de l'implication du citoyen dans la lutte contre l'exclusion. Il ne faut pas reporter la remise en route de la cohésion sociale uniquement sur des professionnels. Elle doit être l'affaire de la société toute entière. En France, le rapport à l'autre est difficile : quelqu'un qui parle de son chômage fait peur et se retrouve souvent seul. Pourtant c'est l'inverse dont ces gens ont besoin. Le second message concerne les dysfonctionnements des aides, de la gestion des parcours d'insertion mis en place par le service public. Un chômeur de longue durée a besoin de temps et d'humanité pour se reconstruire. C'est pour remettre à l'ordre du jour ces idées « élémentaires » que SNC souhaite intervenir dans le débat public.
Le premier message que je souhaite faire passer est celui de l'implication du citoyen dans la lutte contre l'exclusion. Il ne faut pas reporter la remise en route de la cohésion sociale uniquement sur des professionnels. Elle doit être l'affaire de la société toute entière. En France, le rapport à l'autre est difficile : quelqu'un qui parle de son chômage fait peur et se retrouve souvent seul. Pourtant c'est l'inverse dont ces gens ont besoin. Le second message concerne les dysfonctionnements des aides, de la gestion des parcours d'insertion mis en place par le service public. Un chômeur de longue durée a besoin de temps et d'humanité pour se reconstruire. C'est pour remettre à l'ordre du jour ces idées « élémentaires » que SNC souhaite intervenir dans le débat public.
Quels résultats en attendez-vous ?
Au cours de ces quinze dernières années, beaucoup de politiques ont été construites de manières très empiriques : le RMI, les contrats aidés... Souvent l'objectif quantitatif de faire baisser les chiffres du chômage l'emporte sur les objectifs qualitatifs de reconstruction de la « professionnalité » des personnes. Ce que j'attends du Grenelle de l'insertion c'est qu'il remette à plat ces politiques pour qu'elles soient stables, sûres et efficaces. Il doit aussi faire en sorte que toutes les entités qui travaillent sur le terrain de la lutte contre l'exclusion deviennent visibles. Beaucoup d'associations et de personnes agissent concrètement mais on n'en parle jamais. Tout ceci en liaison avec une politique de retour au plein emploi.
Au cours de ces quinze dernières années, beaucoup de politiques ont été construites de manières très empiriques : le RMI, les contrats aidés... Souvent l'objectif quantitatif de faire baisser les chiffres du chômage l'emporte sur les objectifs qualitatifs de reconstruction de la « professionnalité » des personnes. Ce que j'attends du Grenelle de l'insertion c'est qu'il remette à plat ces politiques pour qu'elles soient stables, sûres et efficaces. Il doit aussi faire en sorte que toutes les entités qui travaillent sur le terrain de la lutte contre l'exclusion deviennent visibles. Beaucoup d'associations et de personnes agissent concrètement mais on n'en parle jamais. Tout ceci en liaison avec une politique de retour au plein emploi.
Crédit photos : Benjamin Horvais
Espace offert par Microsoft
Liens utiles
Sondage
- Quels sont les droits les plus bafoués ?
- Le droit syndical
42% - Le droit d'asile
9% - Le droit à la vie privée
35% - Les droits économiques
14%
- Le droit syndical


