Anne-Laure Murier | |
Des semis pour l'insertion
Entretien avec Jean-Guy Henckel créateur du premier jardin de Cocagne qui contribue à remettre sur le chemin de l'emploi quelque 2 500 personnes par an.
![]() |
Quel est le principe des
jardins de Cocagne
?
L'idée est d'utiliser l'agriculture biologique comme support d'insertion par l'activité économique, en responsabilisant les consommateurs : sous contrat de travail, des personnes en rupture sociale cultivent des légumes, voire des fruits selon les lieux, composent des paniers selon la récolte de la semaine et les livrent dans des dépôts bénévoles à l'attention d'adhérents qui se sont engagés à les acheter pendant un an. Ces jardins sont des associations loi 1901, catégorisés comme chantiers d'insertion selon la typologie définie par la loi Aubry contre l'exclusion. Ils sont animés par une équipe de salariés, incluant un directeur, des maraîchers encadrants, une accompagnatrice sociale, du personnel administratif et une animatrice du réseau d'adhérents.
Qu'est-ce qui fait le succès de ce modèle d'insertion, cité en référence jusque dans les ministères ?
Son utilité, déjà. Quoi qu'on en pense, l'instauration du RMI en 1988 a révélé une grande précarité en milieu rural, alors que l'exclusion semblait cantonnée aux villes. Je me suis inspiré d'un dispositif anglo-saxon pour concilier insertion et économie plus équitable. Il se trouve que la société civile était et reste demandeuse de ce genre d'échanges aussi conviviaux qu'impliquants, inscrits dans une démarche locale de développement durable. Quant aux bénéficiaires, les jardiniers, ils peuvent se réhabituer à un rythme de travail dans une proximité relationnelle avec les encadrants, ce qui favorise la confiance. Enfin, nous travaillons avec de nombreux partenaires, conscients que nous ne sommes qu'une étape dans le parcours d'insertion d'une personne.
Sociologue, responsable d'un centre d'hébergement pendant quinze ans, vous considérez-vous aujourd'hui comme un entrepreneur social ?
Les métiers de l'insertion forcent à la modestie, sachant que nous ne pouvons qu'accompagner les gens dans le changement qu'ils veulent bien apporter dans leur vie. Mais il est vrai que le réseau Cocagne a fait la preuve que quatre-vingts structures pouvaient travailler main dans la main, en mutualisant leurs compétences sur l'accompagnement social ou la gestion d'un potager biologique, sans dénaturer ni leur identité ni leurs objectifs.
Vous souhaitez en savoir plus sur ce programme d'insertion professionnelle ?
http://www.reseaucocagne.asso.fr
Crédits photos : Benjamin Horvais
L'idée est d'utiliser l'agriculture biologique comme support d'insertion par l'activité économique, en responsabilisant les consommateurs : sous contrat de travail, des personnes en rupture sociale cultivent des légumes, voire des fruits selon les lieux, composent des paniers selon la récolte de la semaine et les livrent dans des dépôts bénévoles à l'attention d'adhérents qui se sont engagés à les acheter pendant un an. Ces jardins sont des associations loi 1901, catégorisés comme chantiers d'insertion selon la typologie définie par la loi Aubry contre l'exclusion. Ils sont animés par une équipe de salariés, incluant un directeur, des maraîchers encadrants, une accompagnatrice sociale, du personnel administratif et une animatrice du réseau d'adhérents.
Qu'est-ce qui fait le succès de ce modèle d'insertion, cité en référence jusque dans les ministères ?
Son utilité, déjà. Quoi qu'on en pense, l'instauration du RMI en 1988 a révélé une grande précarité en milieu rural, alors que l'exclusion semblait cantonnée aux villes. Je me suis inspiré d'un dispositif anglo-saxon pour concilier insertion et économie plus équitable. Il se trouve que la société civile était et reste demandeuse de ce genre d'échanges aussi conviviaux qu'impliquants, inscrits dans une démarche locale de développement durable. Quant aux bénéficiaires, les jardiniers, ils peuvent se réhabituer à un rythme de travail dans une proximité relationnelle avec les encadrants, ce qui favorise la confiance. Enfin, nous travaillons avec de nombreux partenaires, conscients que nous ne sommes qu'une étape dans le parcours d'insertion d'une personne.
Sociologue, responsable d'un centre d'hébergement pendant quinze ans, vous considérez-vous aujourd'hui comme un entrepreneur social ?
Les métiers de l'insertion forcent à la modestie, sachant que nous ne pouvons qu'accompagner les gens dans le changement qu'ils veulent bien apporter dans leur vie. Mais il est vrai que le réseau Cocagne a fait la preuve que quatre-vingts structures pouvaient travailler main dans la main, en mutualisant leurs compétences sur l'accompagnement social ou la gestion d'un potager biologique, sans dénaturer ni leur identité ni leurs objectifs.
Vous souhaitez en savoir plus sur ce programme d'insertion professionnelle ?
http://www.reseaucocagne.asso.fr
Crédits photos : Benjamin Horvais
Espace offert par Microsoft
Liens utiles
Sondage
- En 2009, quelle action solidaire souhaitez-vous réaliser ?
- Un don à une association
27% - Vous engager bénévolement auprès d'une association un jour par an ou plus
23% - Vous engager bénévolement auprès d'une association, un jour par mois ou plus
28% - aucune
22%
- Un don à une association

