Violaine de Marsangy | |
Visages d'exclusion
Lorsqu'on évoque l'exclusion, on pense aux personnes sans logement, sans papiers, sans accès à la santé, sans emploi. Et à tous ces « sans domicile fixe » rencontrés au coin d'une rue. Mais l'exclusion est parfois moins visible. le point sur les différents visages de l'exclusion en France.
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Qui sont les exclus ?
Selon l'Observatoire national de la pauvreté et de l'exclusion sociale, la pauvreté a changé de visage : elle touche aujourd'hui davantage les actifs que les retraités. Il ne suffit donc plus d'avoir un emploi pour ne pas être exclu. En 2003, 36 % des personnes vivant dans la rue avaient un emploi. De son côté, le Secours Catholique a constaté que les mères ou les pères seuls avec un enfant constituent la catégorie majoritaire des familles accueillies dans ses antennes, soit 140 000 personnes. Enfin, les étrangers viennent gonfler les chiffres des exclus. Ils sont 27 % des personnes reçues par le Secours Catholique. Leur statut est souvent précaire : demande d'asile en cours d'examen, déboutées et sans-papiers, ces personnes sont le plus souvent sans ressources.
Selon l'Observatoire national de la pauvreté et de l'exclusion sociale, la pauvreté a changé de visage : elle touche aujourd'hui davantage les actifs que les retraités. Il ne suffit donc plus d'avoir un emploi pour ne pas être exclu. En 2003, 36 % des personnes vivant dans la rue avaient un emploi. De son côté, le Secours Catholique a constaté que les mères ou les pères seuls avec un enfant constituent la catégorie majoritaire des familles accueillies dans ses antennes, soit 140 000 personnes. Enfin, les étrangers viennent gonfler les chiffres des exclus. Ils sont 27 % des personnes reçues par le Secours Catholique. Leur statut est souvent précaire : demande d'asile en cours d'examen, déboutées et sans-papiers, ces personnes sont le plus souvent sans ressources.
Féminisation de l'exclusion
Si, parmi les SDF, on rencontre surtout des hommes, on compte pourtant de plus en plus de femmes. L'Insee note dans une étude de 2001 qu'un tiers des usagers des services d'aide aux sans-domicile en France sont des femmes. Depuis 1998, le 115 (numéro d'urgence d'aide aux sans -abri) a vu le nombre d'appels émanant des femmes croître deux fois plus vite que le nombre total des appelant. Par ailleurs, avoir un logement n'est pas une chance suffisante pour éviter l'exclusion. Beaucoup de femmes seules, avec ou sans enfant, n'échappent pas à une certaine mise à l'écart de la société, sans compter les femmes battues et violentées. Enfin, les prostituées, victimes des réseaux de proxénétisme, le sont aussi de la pauvreté. Ces femmes isolées n'ont souvent pas accès aux premiers soins médicaux ni à la prévention alors qu'elles constituent une population à risque, en particulier pour les maladies sexuellement transmissibles comme le sida.
Si, parmi les SDF, on rencontre surtout des hommes, on compte pourtant de plus en plus de femmes. L'Insee note dans une étude de 2001 qu'un tiers des usagers des services d'aide aux sans-domicile en France sont des femmes. Depuis 1998, le 115 (numéro d'urgence d'aide aux sans -abri) a vu le nombre d'appels émanant des femmes croître deux fois plus vite que le nombre total des appelant. Par ailleurs, avoir un logement n'est pas une chance suffisante pour éviter l'exclusion. Beaucoup de femmes seules, avec ou sans enfant, n'échappent pas à une certaine mise à l'écart de la société, sans compter les femmes battues et violentées. Enfin, les prostituées, victimes des réseaux de proxénétisme, le sont aussi de la pauvreté. Ces femmes isolées n'ont souvent pas accès aux premiers soins médicaux ni à la prévention alors qu'elles constituent une population à risque, en particulier pour les maladies sexuellement transmissibles comme le sida.
De quoi les exclus ont-ils besoin ?
Les grands exclus sont principalement préoccupés par leurs besoins vitaux au quotidien : se nourrir et se loger. C'est pourquoi de nombreuses associations leur offrent en urgence un repas et un hébergement pour la nuit. Leurs droits sociaux ou familiaux passent au second plan. Ils en ignorent même, la plupart du temps, l'existence. Pour d'autres, moins démunis mais néanmoins très modestes, la peur de l'administration, des institutions et l'ignorance des lois est aussi une forme d'exclusion. Droits d'Urgence est une association humanitaire de juristes engagés dans la lutte contre l'exclusion. Par son action de terrain (présente à travers vingt permanences juridiques dans des structures hospitalières et humanitaires à Paris, Gennevilliers et Toulouse), l'association offre bénévolement conseil et assistance au public fréquentant habituellement ces centres. Les personnes reçues consultent les bénévoles en majeure partie pour des problèmes liés au droit des étrangers mais aussi au droit familial (divorces, droit de visite, autorité parentale, tutelle.), au droit pénal ou encore au droit du logement, du travail ou du surendettement.
Les grands exclus sont principalement préoccupés par leurs besoins vitaux au quotidien : se nourrir et se loger. C'est pourquoi de nombreuses associations leur offrent en urgence un repas et un hébergement pour la nuit. Leurs droits sociaux ou familiaux passent au second plan. Ils en ignorent même, la plupart du temps, l'existence. Pour d'autres, moins démunis mais néanmoins très modestes, la peur de l'administration, des institutions et l'ignorance des lois est aussi une forme d'exclusion. Droits d'Urgence est une association humanitaire de juristes engagés dans la lutte contre l'exclusion. Par son action de terrain (présente à travers vingt permanences juridiques dans des structures hospitalières et humanitaires à Paris, Gennevilliers et Toulouse), l'association offre bénévolement conseil et assistance au public fréquentant habituellement ces centres. Les personnes reçues consultent les bénévoles en majeure partie pour des problèmes liés au droit des étrangers mais aussi au droit familial (divorces, droit de visite, autorité parentale, tutelle.), au droit pénal ou encore au droit du logement, du travail ou du surendettement.
Comment se réinsérer ?
Pour se réinsérer, au début, il faut un minimum de soutien : une domiciliation, des soins de base, des vêtements corrects et un suivi social. L'association Les Jardins de Cocagne va encore plus loin. Elle propose du travail dans le domaine de l'agriculture biologique certifiée et de l'environnement à des adultes en difficulté sociale. Son objectif est de promouvoir l'insertion professionnelle en milieu rural, de participer au développement de la vie locale en partenariat avec les secteurs professionnels concernés et de favoriser les rencontres entre citadins et ruraux, producteurs et consommateurs. Hommes et femmes, de tous âges et aux parcours divers se lancent dans l'aventure. Deux uniques exigences pour être « embauché » : être motivé par le travail en plein air et s'impliquer pleinement dans une démarche d'insertion professionnelle. Tout au long de leur contrat d'insertion, les personnes accueillies bénéficient alors d'un accompagnement professionnel et social. L'exclusion n'est donc pas une fatalité, mais il reste encore très difficile de s'en sortir seul.
Pour se réinsérer, au début, il faut un minimum de soutien : une domiciliation, des soins de base, des vêtements corrects et un suivi social. L'association Les Jardins de Cocagne va encore plus loin. Elle propose du travail dans le domaine de l'agriculture biologique certifiée et de l'environnement à des adultes en difficulté sociale. Son objectif est de promouvoir l'insertion professionnelle en milieu rural, de participer au développement de la vie locale en partenariat avec les secteurs professionnels concernés et de favoriser les rencontres entre citadins et ruraux, producteurs et consommateurs. Hommes et femmes, de tous âges et aux parcours divers se lancent dans l'aventure. Deux uniques exigences pour être « embauché » : être motivé par le travail en plein air et s'impliquer pleinement dans une démarche d'insertion professionnelle. Tout au long de leur contrat d'insertion, les personnes accueillies bénéficient alors d'un accompagnement professionnel et social. L'exclusion n'est donc pas une fatalité, mais il reste encore très difficile de s'en sortir seul.
Réapprendre la famille pour s'en sortir ?
La cellule familiale n'est-elle pas la clé de la lutte contre l'exclusion ? « Les personnes sont prises dans le tourbillon de l'instabilité professionnelle, familiale, affective, mais on ne peut pas se construire dans le "zapping" permanent. La société doit s'interroger sur cette précarité, sur cette flexibilité qui l'affaiblit. » explique Gilbert Lagouanelle, du Secours Catholique. « Personne ne peut se passer de liens familiaux comme l'affection, la communication, la solidarité. Je crois profondément dans la pérennité de la famille, quelle qu'en soit la forme. Mais il faudra la soutenir. Il est nécessaire de réapprendre à être conjoint, parent et enfant », conclut-il.
Crédits photos : Benjamin Horvais
La cellule familiale n'est-elle pas la clé de la lutte contre l'exclusion ? « Les personnes sont prises dans le tourbillon de l'instabilité professionnelle, familiale, affective, mais on ne peut pas se construire dans le "zapping" permanent. La société doit s'interroger sur cette précarité, sur cette flexibilité qui l'affaiblit. » explique Gilbert Lagouanelle, du Secours Catholique. « Personne ne peut se passer de liens familiaux comme l'affection, la communication, la solidarité. Je crois profondément dans la pérennité de la famille, quelle qu'en soit la forme. Mais il faudra la soutenir. Il est nécessaire de réapprendre à être conjoint, parent et enfant », conclut-il.
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