Quand l'aide alimentaire prend (les) Paris

Olga Trostiansky est adjointe au maire de Paris chargée de la solidarité, la famille et la lutte contre l'exclusion. Rencontre avec une femme qui a fait de l'alimentation un objectif prioritaire.
Quand l'aide alimentaire prend (les) Paris
Depuis quand la ville de Paris soutient-elle des épiceries sociales ?
 
Cela fait maintenant six ans que nous avons commencé. Il y a sept épiceries sociales à Paris et cinq d'entre elles sont soutenues financièrement par la ville. Chaque année, cela représente un budget de 60 000 €.
 
Ces épiceries sont toutes portées par des associations, avec des fonctionnements variés. En moyenne, elles proposent des produits à des prix 60 à 80 % moins chers que dans les supermarchés classiques et elles sont principalement fournies par la banque alimentaire ou les grandes enseignes commerciales.
 
Qui sont les personnes qui viennent faire leurs achats dans les épiceries sociales ?
 
Avant, ces magasins constituaient une aide alimentaire d'urgence, où venaient surtout des hommes seuls. Aujourd'hui, elles répondent au manque de pouvoir d'achat d'autres populations telles que les personnes qui touchent une maigre retraite, les femmes en situation de précarité ou même des anciens cadres au chômage et séparés de leur conjoint. Cette diversification entraîne une hausse de la demande, sur laquelle les associations nous ont alertés.
 
Comptez-vous alors appuyer l'ouverture de nouvelles épiceries ?
 
Avant de lancer de nouveaux dispositifs, il nous fallait identifier clairement les besoins des personnes en situation de précarité. C'est pourquoi j'ai demandé qu'une étude soit réalisée, afin que nous puissions nous appuyer sur des chiffres. Nous avons bien quelques intuitions, comme développer les restaurants d'insertion plutôt que la distribution de nourriture dans la rue. Aller dans un restaurant, c'est déjà une démarche d'insertion. Tandis que manger tout seul sur le trottoir… Nous devrions disposer de cette étude avant la fin de l'année. Après, en misant sur la créativité des associations, nous verrons avec elles comment répondre aux besoins exprimés.
 
La mairie s'implique-t-elle dans d'autres activités d'aide alimentaire ?
 
Elles sont en effet nombreuses. Au total, Paris consacre chaque année 8 M€  à l'aide alimentaire. Un tiers de ce budget environ est fourni par l'Etat.
 
Propos recueillis par Amaury Guillem – Agence d’informations Reporters d’Espoirs
Octobre 2009

 

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