Guillaume Bapst : contre le gaspillage alimentaire
En finir une fois pour toutes avec l'assistanat et le gaspillage alimentaires, voilà ce qui anime Guillaume Bapst, à l'origine d'un réseau national d'épiceries solidaires.
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Directeur commercial au sein de l'Office public des HLM de Nevers à la fin des années 90, Guillaume Bapst est confronté à de nombreux impayés. Mais plutôt que de procéder à des expulsions, il choisit d'aller chercher la cause des retards de paiements.
Résultat de son enquête : le budget consacré par les familles à l'alimentation est, par rapport à leurs revenus, beaucoup trop important.
D'où l'idée de créer une "épicerie solidaire" : "C'est une nouvelle forme d'aide alimentaire, explique-t-il. L'idée a été de créer des espaces où les gens puissent venir acheter des produits de première nécessité à très faible coût." L'occasion pour eux d'acheter et non de recevoir gratuitement, de choisir leurs aliments, de faire eux-mêmes la cuisine.
Très vite, Guillaume Bapst constate qu’en diminuant le budget alimentaire, les habitants parvenaient à mieux respecter leurs échéances locatives, et même à améliorer leur qualité de vie.
Un succès qui le conduira à quitter son poste pour passer un DESS de développement local et d’économie solidaire et ouvrir, à partir de 2000, d'autres épiceries solidaires en France. Elles forment aujourd'hui le réseau Andes, ou Association nationale de développement des épiceries solidaires. "En dix ans, 150 épiceries ont rejoint Andes, se réjouit Guillaume, directeur de toute la structure. Cela leur permet de bénéficier de tous les outils que nous développons."
Par exemple, le logiciel Escarcelle, qui permet désormais aux épiceries de mieux gérer leurs stocks mais surtout leur clientèle : "D'ici un an, nous aurons, pour la première fois en France, une vision assez globale et réaliste du nombre de personnes qui bénéficient de l'aide alimentaire".
Autre expérimentation : un partenariat avec la Fédération nationale des transports routiers (FNTR) et Téléroute permet à Andes de savoir quel camion part de quel endroit avec quel chargement. "Si j'ai trois tonnes de tomates à livrer à Marseille, je profite d'un camion qui n'est pas complètement plein !"
Grâce à un accord passé avec Christine Boutin, alors Ministre du Logement et de la Ville, l'entreprise a en outre le droit de défiscaliser ce transport : tout le monde y gagne !
Des idées comme celles-là, celui qui est accompagné par l'organisation Ashoka depuis 2006 en a des dizaines et ça marche : des cours de cuisine, une entreprise d'insertion à Rungis qui récupère et valorise les invendus -35 personnes ont déjà remis un pied à l'étrier de l'emploi grâce à elle, un jeu de société sur l'alimentation et même un "petit manuel de cuisine populaire" qui sortira fin octobre aux éditions Menu fretin. A déguster sans modération !
Contact : Association Andes, + 33 1 44 24 09 30, www.epiceries-solidaires.org
Amaury Guillem (Reporters d'Espoirs)
Octobre 2009
Contact : Association Andes, + 33 1 44 24 09 30, www.epiceries-solidaires.org
Amaury Guillem (Reporters d'Espoirs)
Octobre 2009
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