Antoine Janbon

Chômage : lutter contre la fatalité

Même s'il est en baisse constante depuis bientôt huit mois, le chômage touche encore 9,6 % de la population française, un des chiffres les plus importants d'Europe. Ce fléau aux effets dévastateurs n'épargne personne. Cadre, non diplômé, jeune ou salarié plus expérimenté, nul n'est à l'abri. Pourtant, de nombreuses associations luttent aux côtés des sans emplois pour leur permettre de retrouver le chemin du travail.
Chômage : lutter contre la fatalité
La lutte contre le chômage : une priorité

Le chômage touche aujourd'hui prés de 2,8 millions de français. Des catégories extrêmement diverses de personnes allant du jeune diplômé n'arrivant pas à trouver un premier emploi au salarié licencié quelques années avant sa retraite se retrouvent sur la touche. Le gouvernement a fait de la lutte contre le chômage une de ses priorités pour l'année 2006. Parmi les mesures déjà existantes : la création des contrats d'avenir ou d'accompagnement vers l'emploiou la récente mise en place du contrat nouvelle embauche.
 
Des conséquences dramatiques

Être sans emploi à 25, 30 ou 50 ans a des conséquences dramatiques sur le plan humain. D'abord, il y a l'isolement et la disparition des repères sociaux qu'offre l'entreprise. Ce phénomène fait que le chômeur a également tendance à se mettre en retrait par rapport à sa famille, à ses amis. Vient aussi la perte de confiance en raison de la difficulté à retrouver un emploi. Enfin, il y a la précarité économique. La baisse des revenus met le chômeur dans une position de fragilité car la gestion de la vie quotidienne comme le logement, le transport ou la santé devient de plus en plus complexe. La disponibilité pour chercher efficacement un travail est alors largement entamée.
 
Lutter contre l'isolement

A partir de ce constat récurrent, de nombreuses associations se sont créées ces dernières années pour soutenir ces exclus du travail. C'est le cas d'AC, Agir ensemble contre le chômage. Divisée en petits collectifs partout en France, cette organisation permet aux sans emploi de se sentir moins isolés. « Nous organisons des permanences deux fois par semaine au sein desquelles les chômeurs se retrouvent. Nous les écoutons sans la pression immédiate de retrouver un emploi et surtout sans les juger. La majorité des personnes se sentent coupables et n'ont plus la force d'affronter seules des institutions qui les contrôlent avant de les aider », raconte Jean-Louis Chausset, animateur d'une antenne d'AC à Nantes. Des actions collectives sont donc menées face à l'administration pour faire valoir les droits d'un chômeur en cas par exemple de radiation abusive. Un travail qui paye. AC a récemment obtenu la gratuité des transports collectifs sur la ville de Nantes pour tous les demandeurs d'emplois.
 
Remettre le chômeur dans une perspective d'activité

Tenter de revaloriser les chômeurs en les remettant dans une perspective d'activité, tel est aussi l'objectif de Solidarités nouvelles face au chômage (SNC) . Cette association soutient toute l'année plus de 1700 chômeurs grâce aux 1000 bénévoles répartis au sein de 88 groupes locaux de solidarité. « Notre première mission est de redonner de la confiance. Nous avons mis en place un système de parrainage dans lequel la personne est accompagnée par deux bénévoles qui vont lui permettre de refaire le point sur ses compétences et sur sa méthodologie pour se porter candidat. Ce suivi personnalisé va redonner de l'espoir et générer à nouveau l'envie de rechercher du travail », explique Jessica Holc, déléguée générale de l'association. SNC finance également un certain nombre d'emplois au sein d'associations qui en auraient besoin. Le but est que l'individu se restructure à nouveau autour d'un travail et qu'il redevienne autonome. Enfin, l'association favorise un rapprochement avec les entreprises. Huit ateliers de travail existent déjà au sein de grands groupes. « Notre objectif est que des salariés en activité, qu'ils soient DRH ou pas, comprennent la situation de non emploi et ses difficultés. Personne n'est à l'abri du chômage. »
 
Bousculer les mentalités

Agir pour la citoyenneté recrutement partage cette lutte contre les préjugés. Ce cabinet associatif de recrutement met en relation des candidats issus de quartiers sensibles souvent victimes de discriminations à l'embauche malgré leurs diplômes et des entreprises à la recherche de vraies compétences. « A travers notre action, nous voulons montrer que les « banlieues » regorgent de savoir-faire et qu'en favorisant la diversité, les entreprises peuvent être plus performantes dans le futur. Le chômage n'est pas une fatalité. Il faut juste aller de l'avant et bousculer un peu les mentalités », conclut Karim Zéribi, président d'APC.
Une philosophie que partage l'Association pour le droit à l'initiative économique (ADIE). Elle s'adresse à tous ceux qui ne comptent que sur eux pour retrouver du travail mais qui peinent à créer leur entreprise par manque de moyens. L'ADIE leur permet d'emprunter une petite somme pour lancer leur activité grâce au système du micro-crédit. Depuis 1989, cette association a permis la naisance de 25 000 entreprises et de plus de 30 000 emplois. Une autre manière de lutter pour que le chômage cesse d'être une fatalité.

Crédits photos : Fondation Armée du Salut, Stéphane Lehr

Espace offert par Microsoft

Sondage

  1. Quel problème écologique inquiète le plus les jeunes ?

Votez pour voir les résultats

Cliquez ici pour voir les réponses sans voter

  1. Quel problème écologique inquiète le plus les jeunes ?
    1. La pollution marine
      26%
    2. Le réchauffement climatique
      24%
    3. La déforestation
      31%
    4. La pollution de l'air
      19%
45366 réponses, Ceci n'est pas un sondage validé scientifiquement, résultats mis à jour toutes les minutes.
MSN Actions Solidaires, une initiative Microsoft Unlimited Potential