Juliette Viatte | |
« Le logement pour tous, une urgence nationale »
« Les Enfants de Don Quichotte » organisent depuis la mi-décembre une opération « coup de poing » : installés sur les quais du Canal Saint Martin à Paris, ils invitent les « bien logés » à camper en signe de solidarité avec les SDF. Leur objectif : dénoncer la situation dramatique du mal logement en France et exiger des réponses politiques. Aujourd’hui l’opération est un succès puisqu’un projet de loi vient d’être adopté par le conseil des ministres. Rencontre avec Jean-Baptiste Legrand, président de l’association.
![]() |
Comment sont nés « Les Enfants de Don Quichotte » ?
Nous n’avions, mes frères (Augustin et Joseph) et moi, aucun engagement associatif. Nous sommes juste des citoyens qui au fil des années ont pris conscience de l’extrême précarité dans laquelle vivent des milliers de personnes aujourd’hui en France : 86 000 personnes sont sans domicile fixe selon les chiffres de l’Insee, et près d’un million privées de domicile personnel selon la Fondation Abbé Pierre.
Les tentes de Médecins du Monde l’an dernier, un rapport publié sur la pauvreté pendant l’été… et les circonstances d’une élection présidentielle nous ont poussés à réagir. Nous avons ainsi appelé à la mobilisation et invité le grand public à signer la Charte du Canal Saint Martin, bâtie autour de propositions concrètes : ouverture de structures d’hébergement 24h/24 et 365 jours par an, humanisation des conditions d’accueil, création immédiate d’une offre de logement temporaire et de logements sociaux accessibles aux ménages les plus pauvres et surtout possibilité de rendre le droit au logement opposable sur tout le territoire au même titre que le droit à la santé ou à l’éducation.
Nous n’avions, mes frères (Augustin et Joseph) et moi, aucun engagement associatif. Nous sommes juste des citoyens qui au fil des années ont pris conscience de l’extrême précarité dans laquelle vivent des milliers de personnes aujourd’hui en France : 86 000 personnes sont sans domicile fixe selon les chiffres de l’Insee, et près d’un million privées de domicile personnel selon la Fondation Abbé Pierre.
Les tentes de Médecins du Monde l’an dernier, un rapport publié sur la pauvreté pendant l’été… et les circonstances d’une élection présidentielle nous ont poussés à réagir. Nous avons ainsi appelé à la mobilisation et invité le grand public à signer la Charte du Canal Saint Martin, bâtie autour de propositions concrètes : ouverture de structures d’hébergement 24h/24 et 365 jours par an, humanisation des conditions d’accueil, création immédiate d’une offre de logement temporaire et de logements sociaux accessibles aux ménages les plus pauvres et surtout possibilité de rendre le droit au logement opposable sur tout le territoire au même titre que le droit à la santé ou à l’éducation.
Comment expliquer que vous soyez écoutés alors que les associations diffusent ces mêmes messages depuis des années ?
Nous n’utilisons pas les mêmes outils. Les associations réalisent un travail de fond, qui est remarquable et s’inscrit dans la durée. Nous, nous arrivons avec notre énergie et notre rage pour exiger des réponses et un engagement immédiats. Mais nous n’avons rien inventé. Nous nous appuyons sur la connaissance et la compétence des associations car ce sont elles les experts. Nous visons juste à mettre en lumière une réalité insupportable.
Grâce à l’action collective, un projet de loi vient d’être adopté par le conseil des ministres. Il instaure notamment un « droit opposable au logement ». Ce texte stipule que « l’Etat garantit le droit à un logement à toute personne qui, résidant sur le territoire français de façon régulière et stable, n’est pas en mesure d’accéder par ses propres moyens à un logement décent ou indépendant ou de s’y maintenir ». Il devrait prendre effet au 1er décembre 2008. On ne peut que se réjouir de cet engagement.
Nous n’utilisons pas les mêmes outils. Les associations réalisent un travail de fond, qui est remarquable et s’inscrit dans la durée. Nous, nous arrivons avec notre énergie et notre rage pour exiger des réponses et un engagement immédiats. Mais nous n’avons rien inventé. Nous nous appuyons sur la connaissance et la compétence des associations car ce sont elles les experts. Nous visons juste à mettre en lumière une réalité insupportable.
Grâce à l’action collective, un projet de loi vient d’être adopté par le conseil des ministres. Il instaure notamment un « droit opposable au logement ». Ce texte stipule que « l’Etat garantit le droit à un logement à toute personne qui, résidant sur le territoire français de façon régulière et stable, n’est pas en mesure d’accéder par ses propres moyens à un logement décent ou indépendant ou de s’y maintenir ». Il devrait prendre effet au 1er décembre 2008. On ne peut que se réjouir de cet engagement.
Comment va s'organiser le comité de suivi ?
Le comité réunit une vingtaine d’organismes, associations spécialistes du droit au logement et de l’exclusion (Fédération Nationale des Associations d’Accueil et de Réinsertion, Emmaüs, Droit Au Logement, Fondation Abbé Pierre, Secours Catholique…), Sonacotra, Haut Comité Logement, DDASS. Des réunions sont programmées tous les 15 jours pour suivre et vérifier l’avancement du dossier, et ce normalement jusqu’à l’été. Nous coprésidons ce comité avec Mme Vautrin, ministre déléguée à la cohésion sociale et à la parité.
Parallèlement sur le terrain, les SDF sont reçus en entretien individuel par les travailleurs sociaux, qui examinent leurs situations. Des solutions commencent à émerger. Chaque fois qu’un relogement pérenne et durable est confirmé, nous plions une tente. Cela prend du temps car tout le monde doit être relogé. Alors en attendant, nous sommes toujours présents et nous continuons à nous battre.
Crédits photos: Benjamin Horvais
Le comité réunit une vingtaine d’organismes, associations spécialistes du droit au logement et de l’exclusion (Fédération Nationale des Associations d’Accueil et de Réinsertion, Emmaüs, Droit Au Logement, Fondation Abbé Pierre, Secours Catholique…), Sonacotra, Haut Comité Logement, DDASS. Des réunions sont programmées tous les 15 jours pour suivre et vérifier l’avancement du dossier, et ce normalement jusqu’à l’été. Nous coprésidons ce comité avec Mme Vautrin, ministre déléguée à la cohésion sociale et à la parité.
Parallèlement sur le terrain, les SDF sont reçus en entretien individuel par les travailleurs sociaux, qui examinent leurs situations. Des solutions commencent à émerger. Chaque fois qu’un relogement pérenne et durable est confirmé, nous plions une tente. Cela prend du temps car tout le monde doit être relogé. Alors en attendant, nous sommes toujours présents et nous continuons à nous battre.
Crédits photos: Benjamin Horvais
Espace offert par Microsoft
Liens utiles
Sondage
- Quel problème écologique inquiète le plus les jeunes ?
- La pollution marine
30% - Le réchauffement climatique
18% - La déforestation
34% - La pollution de l'air
18%
- La pollution marine


