Anne-Laure Murier | |
Donner de soi pour donner de la vie
« Aujourd'hui, je peux décider de sauver des vies. » L'interpellation de l'Etablissement français du sang (EFS) ne saurait être plus explicite. À l'heure où aucun produit n'est capable de se substituer complètement au sang humain, le don du sang reste indispensable. Un leitmotiv qui s'applique à la moelle osseuse, partagée elle aussi de son vivant, mais aussi aux organes prélevés après une mort cérébrale : étant donné la loi, mieux vaut aviser ses proches le plus tôt possible de votre volonté.
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Une prise de conscience
« On ne nous dit pas, on ne sait pas que certaines personnes ont besoin de moelle osseuse et de plaquettes sanguines. Qu'il est facile à chacun d'entre nous d'en donner un peu. Que ce geste peut sauver des vies. » Relayée sur le site de l'Association Laurette Fugain, qui aide les malades à se battre contre la leucémie, l'incantation du chanteur Alain Souchon laisse perplexe. Ne sait-on pas que les progrès fulgurants de la médecine et de la science ne font pas tout ? Que notre sang, notre moelle osseuse, nos organes restent un remède irremplaçable pour des milliers de malades, dont la vie peut être suspendue à nos dons ? Que ces dons entament au plus notre emploi du temps, mais en rien notre capital santé ? Malgré le travail de mobilisation des associations, les campagnes d'information de l'Agence de la biomédecine ou encore les appels à collecte répétés par l'Etablissement français du sang, force est de constater que notre prise de conscience est insuffisante. Si l'activité de greffe d'organes, en progression de 32% depuis l'année 2000, a franchi, pour la première fois en 2005, le seuil annuel de 4 000 opérations, la situation de pénurie persiste : en 2005, près de 12 000 personnes ont eu besoin d'une greffe d'organes et 186 malades sont décédés faute de greffon.
Donner son sang, un acte facile
« On nous cache tout, on nous dit rien. » Pour le coup, impossible d'entonner le refrain de Jacques Dutronc. Des questions sur le don du sang, par exemple ? Sachez qu'un homme peut donner son sang 5 fois par an, une femme 3 fois, avec un intervalle de 8 semaines, et ce de 18 à 65 ans. Contrairement aux idées reçues, il n'est pas utile d'être à jeun, au contraire. La forme de don la plus connue est le don de sang total, qui dure de 45 mn à 1 h. Ce don peut permettre de sauver une personne victime d'un accident, d'une hémorragie, ou être nécessaire au cours d'une opération chirurgicale. Il est possible également de donner ses plaquettes. Un prélèvement sur une personne permet alors de transfuser entre un et deux adultes ou jusqu'à trois enfants : atteints de maladies hématologiques et de cancers, ils risquent l'hémorragie après un traitement par chimiothérapie sans ces précieuses cellules permettant la coagulation. Quant au plasma, prélevé également de façon indolore et sans risque dans la veine du donneur, il contribue aussi à la coagulation et peut être utilisé pour traiter des sujets victimes de brûlures graves.
Le don de moelle osseuse, un engagement à vie
Autre don de soi - terme générique qui désigne les dons de son vivant -, le don de moelle osseuse est moins anecdotique, mais demeure sans effets secondaires pour le donneur, alors qu'il est vital pour le receveur ! Lieu de naissance et de maturation des nombreuses cellules du sang, la moelle osseuse est un organe diffus, localisé au niveau des os, ceux du bassin particulièrement. C'est là qu'est effectuée la ponction, sous anesthésie générale. Aucune incision n'étant pratiquée, cette aspiration par seringue ne peut s'apparenter à un geste chirurgical au vrai sens du terme ; le donneur peut même être un enfant, seul cas où un mineur peut donner de son vivant. Une fois filtrée, la moelle est apportée dans le service de greffe puis injectée au malade par cathéter en une heure environ. « C'est incroyable que ce geste aussi anodin puisse me sauver », témoigne une jeune femme atteinte d'une leucémie, allant jusqu'à évoquer « une nouvelle vie ».
Optimiser les chances de greffe pour sauver les malades
Il faut savoir qu'une greffe de moelle osseuse reste conditionnée à une compatibilité dite tissulaire, qui dépend du patrimoine génétique : c'est la condition pour que le système immunitaire du receveur accepte le greffon. Pour cette raison, les donneurs sont en priorité recherchés dans la famille du patient. Si aucun n'est compatible, les médecins recourent aux donneurs volontaires inscrits sur un fichier national, connecté à réseau international. C'est dire les besoins, sachant par ailleurs que les donneurs s'engagent à être disponible sur une durée de 20 à 30 ans, à n'importe quel moment.
Dons d'organe : transmettre sa position à ses proches
Foie, coeur, poumon, rein, cornée..., le don d'organes est une autre alternative pour transmettre la vie. Au contraire des précédents, cet acte de générosité n'intervient pas seulement de son vivant puisque la très grande majorité des greffons sont prélevés sur des personnes en état de mort encéphalique (1% seulement des décès hospitaliers enregistrés en court séjour). Quoique : si la loi retient le principe du consentement présumé du donneur, c'est aux proches du défunt qu'il sera demandé, le moment venu, si cette personne avait exprimé de son vivant une opposition au don d'organes et de tissus de son vivant.. Dans des circonstances déjà bouleversantes, cette démarche est beaucoup moins douloureuse si les proches connaissent déjà la volonté du défunt. En vous aidant si besoin des conseils émis par l'Agence de la biomédecine, pensez à transmettre votre position à vos proches : « Donneur ou pas ? . je le dis à mes proches ». C'est une étape déterminante dans la chaîne du don, c'est-à-dire de la vie. La greffe est une thérapeutique de mieux en mieux maîtrisée, dont les résultats en terme de survie et de qualité de vie sont en constante progression. La greffe pulmonaire, par exemple, sauve chaque année de plus en plus de vies. Quant à la greffe de rein, elle libère nombre d'insuffisants rénaux des contraintes de la dialyse, augmentant par ailleurs leur espérance de vie.
Crédit photos : Benjamin Horvais
« On ne nous dit pas, on ne sait pas que certaines personnes ont besoin de moelle osseuse et de plaquettes sanguines. Qu'il est facile à chacun d'entre nous d'en donner un peu. Que ce geste peut sauver des vies. » Relayée sur le site de l'Association Laurette Fugain, qui aide les malades à se battre contre la leucémie, l'incantation du chanteur Alain Souchon laisse perplexe. Ne sait-on pas que les progrès fulgurants de la médecine et de la science ne font pas tout ? Que notre sang, notre moelle osseuse, nos organes restent un remède irremplaçable pour des milliers de malades, dont la vie peut être suspendue à nos dons ? Que ces dons entament au plus notre emploi du temps, mais en rien notre capital santé ? Malgré le travail de mobilisation des associations, les campagnes d'information de l'Agence de la biomédecine ou encore les appels à collecte répétés par l'Etablissement français du sang, force est de constater que notre prise de conscience est insuffisante. Si l'activité de greffe d'organes, en progression de 32% depuis l'année 2000, a franchi, pour la première fois en 2005, le seuil annuel de 4 000 opérations, la situation de pénurie persiste : en 2005, près de 12 000 personnes ont eu besoin d'une greffe d'organes et 186 malades sont décédés faute de greffon.
Donner son sang, un acte facile
« On nous cache tout, on nous dit rien. » Pour le coup, impossible d'entonner le refrain de Jacques Dutronc. Des questions sur le don du sang, par exemple ? Sachez qu'un homme peut donner son sang 5 fois par an, une femme 3 fois, avec un intervalle de 8 semaines, et ce de 18 à 65 ans. Contrairement aux idées reçues, il n'est pas utile d'être à jeun, au contraire. La forme de don la plus connue est le don de sang total, qui dure de 45 mn à 1 h. Ce don peut permettre de sauver une personne victime d'un accident, d'une hémorragie, ou être nécessaire au cours d'une opération chirurgicale. Il est possible également de donner ses plaquettes. Un prélèvement sur une personne permet alors de transfuser entre un et deux adultes ou jusqu'à trois enfants : atteints de maladies hématologiques et de cancers, ils risquent l'hémorragie après un traitement par chimiothérapie sans ces précieuses cellules permettant la coagulation. Quant au plasma, prélevé également de façon indolore et sans risque dans la veine du donneur, il contribue aussi à la coagulation et peut être utilisé pour traiter des sujets victimes de brûlures graves.
Le don de moelle osseuse, un engagement à vie
Autre don de soi - terme générique qui désigne les dons de son vivant -, le don de moelle osseuse est moins anecdotique, mais demeure sans effets secondaires pour le donneur, alors qu'il est vital pour le receveur ! Lieu de naissance et de maturation des nombreuses cellules du sang, la moelle osseuse est un organe diffus, localisé au niveau des os, ceux du bassin particulièrement. C'est là qu'est effectuée la ponction, sous anesthésie générale. Aucune incision n'étant pratiquée, cette aspiration par seringue ne peut s'apparenter à un geste chirurgical au vrai sens du terme ; le donneur peut même être un enfant, seul cas où un mineur peut donner de son vivant. Une fois filtrée, la moelle est apportée dans le service de greffe puis injectée au malade par cathéter en une heure environ. « C'est incroyable que ce geste aussi anodin puisse me sauver », témoigne une jeune femme atteinte d'une leucémie, allant jusqu'à évoquer « une nouvelle vie ».
Optimiser les chances de greffe pour sauver les malades
Il faut savoir qu'une greffe de moelle osseuse reste conditionnée à une compatibilité dite tissulaire, qui dépend du patrimoine génétique : c'est la condition pour que le système immunitaire du receveur accepte le greffon. Pour cette raison, les donneurs sont en priorité recherchés dans la famille du patient. Si aucun n'est compatible, les médecins recourent aux donneurs volontaires inscrits sur un fichier national, connecté à réseau international. C'est dire les besoins, sachant par ailleurs que les donneurs s'engagent à être disponible sur une durée de 20 à 30 ans, à n'importe quel moment.
Dons d'organe : transmettre sa position à ses proches
Foie, coeur, poumon, rein, cornée..., le don d'organes est une autre alternative pour transmettre la vie. Au contraire des précédents, cet acte de générosité n'intervient pas seulement de son vivant puisque la très grande majorité des greffons sont prélevés sur des personnes en état de mort encéphalique (1% seulement des décès hospitaliers enregistrés en court séjour). Quoique : si la loi retient le principe du consentement présumé du donneur, c'est aux proches du défunt qu'il sera demandé, le moment venu, si cette personne avait exprimé de son vivant une opposition au don d'organes et de tissus de son vivant.. Dans des circonstances déjà bouleversantes, cette démarche est beaucoup moins douloureuse si les proches connaissent déjà la volonté du défunt. En vous aidant si besoin des conseils émis par l'Agence de la biomédecine, pensez à transmettre votre position à vos proches : « Donneur ou pas ? . je le dis à mes proches ». C'est une étape déterminante dans la chaîne du don, c'est-à-dire de la vie. La greffe est une thérapeutique de mieux en mieux maîtrisée, dont les résultats en terme de survie et de qualité de vie sont en constante progression. La greffe pulmonaire, par exemple, sauve chaque année de plus en plus de vies. Quant à la greffe de rein, elle libère nombre d'insuffisants rénaux des contraintes de la dialyse, augmentant par ailleurs leur espérance de vie.
Crédit photos : Benjamin Horvais
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