Olivier Malaponti | |
L'Etat doit prendre des mesures contre la crise du logement
À la suite des incendies meurtriers qui ont eu lieu dans la capitale, le ministre de l'Intérieur, Nicolas Sarkozy, a pris la décision de fermer tous les squats et les immeubles insalubres. Le vendredi 2 septembre au matin, deux squats parisiens dans lesquels vivaient des familles africaines, étaient évacués. Entretien avec Jean-Baptiste Eyraud, président de Droit au logement (DAL).
![]() |
Que pensez-vous de la décision de Nicolas Sarkozy ?
C'est une provocation. C'est une stratégie pour provoquer un écran de fumée et détourner des problèmes centraux qui sont : la crise du logement, la spéculation immobilière, la flambée des loyers, l'insuffisance des logements sociaux et la marchandisation du logement social. Cette déclaration de Nicolas Sarkozy vient faire un contre-feu à l'absence de propositions réelles du Premier ministre. Pour les victimes de la crise du logement et ceux qui sont dans les taudis, et en danger, il propose de relancer la politique du logement de transit : on réquisitionne des terrains pour quelques années et on fait du logement précaire là-dessus ! Cette réponse de Sarkozy alimente la rancour et la colère. Il faut se mobiliser et obliger le gouvernement à prendre des mesures contre la crise du logement et s'attaquer au logement cher
C'est une provocation. C'est une stratégie pour provoquer un écran de fumée et détourner des problèmes centraux qui sont : la crise du logement, la spéculation immobilière, la flambée des loyers, l'insuffisance des logements sociaux et la marchandisation du logement social. Cette déclaration de Nicolas Sarkozy vient faire un contre-feu à l'absence de propositions réelles du Premier ministre. Pour les victimes de la crise du logement et ceux qui sont dans les taudis, et en danger, il propose de relancer la politique du logement de transit : on réquisitionne des terrains pour quelques années et on fait du logement précaire là-dessus ! Cette réponse de Sarkozy alimente la rancour et la colère. Il faut se mobiliser et obliger le gouvernement à prendre des mesures contre la crise du logement et s'attaquer au logement cher
Que demandez-vous au gouvernement pour éviter que, d'une part, des familles vivent dans des conditions indécentes et, d'autre part, qu'elles ne se retrouvent pas à la rue ?
La première chose à faire est qu'il faut réquisitionner les logements vacants : c'est la politique de l'urgence et il y a urgence ! Il y a des marchands de sommeil qui profitent des situations, et les immeubles dangereux sont en général loués. Il faut éventuellement une mise à disposition des immeubles vides (une trentaine) que l'Etat met en vente actuellement dans Paris. Il y a un potentiel immédiat. Sur le moyen terme, il faut mettre fin à la flambée des loyers et du foncier. Il faut calmer le jeu de la spéculation, donc prendre des mesures de contrôle des loyers. Il faut cesser de financer et défiscaliser pour ceux qui investissent dans l'immobilier. Il faut que ça revienne à des niveaux accessibles aux classes moyennes. Il faut aussi prendre des mesures concernant le logement social pour les ménages modestes et les couches populaires. Il faut produire massivement du vrai logement social. Si une politique de modération des prix ne suffit pas, il faut revenir à une politique de contrôle des loyers. Enfin, nous demandons l'arrêt des expulsions sans relogement
La première chose à faire est qu'il faut réquisitionner les logements vacants : c'est la politique de l'urgence et il y a urgence ! Il y a des marchands de sommeil qui profitent des situations, et les immeubles dangereux sont en général loués. Il faut éventuellement une mise à disposition des immeubles vides (une trentaine) que l'Etat met en vente actuellement dans Paris. Il y a un potentiel immédiat. Sur le moyen terme, il faut mettre fin à la flambée des loyers et du foncier. Il faut calmer le jeu de la spéculation, donc prendre des mesures de contrôle des loyers. Il faut cesser de financer et défiscaliser pour ceux qui investissent dans l'immobilier. Il faut que ça revienne à des niveaux accessibles aux classes moyennes. Il faut aussi prendre des mesures concernant le logement social pour les ménages modestes et les couches populaires. Il faut produire massivement du vrai logement social. Si une politique de modération des prix ne suffit pas, il faut revenir à une politique de contrôle des loyers. Enfin, nous demandons l'arrêt des expulsions sans relogement
Quelle est la situation du logement en Ile-de-France et quelles solutions préconisez-vous ?
Les loyers ont doublé en euros depuis une vingtaine d'années, ce qui fait que le coût du loyer pèse de plus en plus lourdement dans le budget des ménages. Le nombre d'expulsions a lui aussi doublé en l'espace de vingt ans. Tout cela traduit la vigueur de la spéculation immobilière. Le nombre de logements sociaux construits est en constante diminution : il est passé de 20 000 à 10 000 par an. Par contre, le nombre de démolitions augmente. On compte 340 000 demandeurs de logements sociaux en Ile-de-France, et on évalue à 405 000 le nombre de logements vacants, ce qui représente 7 à 8 % du parc des logements. La solution ? Il faut construire massivement du vrai logement social, et des grands logements, pour loger des familles nombreuses
Les loyers ont doublé en euros depuis une vingtaine d'années, ce qui fait que le coût du loyer pèse de plus en plus lourdement dans le budget des ménages. Le nombre d'expulsions a lui aussi doublé en l'espace de vingt ans. Tout cela traduit la vigueur de la spéculation immobilière. Le nombre de logements sociaux construits est en constante diminution : il est passé de 20 000 à 10 000 par an. Par contre, le nombre de démolitions augmente. On compte 340 000 demandeurs de logements sociaux en Ile-de-France, et on évalue à 405 000 le nombre de logements vacants, ce qui représente 7 à 8 % du parc des logements. La solution ? Il faut construire massivement du vrai logement social, et des grands logements, pour loger des familles nombreuses
Espace offert par Microsoft
Liens utiles
Sondage
- Quel problème écologique inquiète le plus les jeunes ?
- La pollution marine
30% - Le réchauffement climatique
18% - La déforestation
34% - La pollution de l'air
18%
- La pollution marine


