Chat VIP avec Loubna Meliane
Militante à Sos Racisme avant de s'engager auprès du mouvement ""Ni Putes Ni soumises"" en 2002 Loubna méliane vous répond sur l'engagement des jeunes.
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LOUBNA ET SON ENGAGEMENT MILITANT
H : Qu'est-ce qui t'a donné envie de t'engager dans le mouvement lycéen en 1998 ?
Loubna Méliane : Ça c'est fait tout naturellement... puisque je militais déjà dans un syndicat, la FIDL (fédération indépendante démocratique lycéenne) et que j'étais déjà au fait des revendications que pouvaient avoir les lycéens.
Leïla : Comment ta famille a réagi vis-à-vis de ton implication dans plusieurs actions ?
Loubna Méliane : Au départ, mon père était plutôt méfiant. Quand il a vu l'ampleur des différents combats que je pouvais mener (lycée, anti-racisme, sexisme...), il était plutôt fier de voir que ses enfants s'impliquaient dans les problèmes de notre société, puisqu'il a toujours considéré qu'on avait toute notre place ici, en France.
Leïla : Même en étant, on va dire : « rebeu », il n'était pas contre ? Car, généralement, ils sont réticents et ne veulent pas que tu prennes parti pour ne pas être mise sur le devant de la scène, non ?
Loubna Méliane : Ce n'est pas comme ça qu'il a réagi... bien au contraire. En tout cas dans ma famille on a toujours eu des discussions « politiques » et on commentait régulièrement tous les soirs le 20 Heures de France 2 ! Mon père a toujours été au fait de l'actualité et, pour lui, c'était important de pouvoir donner notre point de vue et surtout parce que nous étions issus de l'immigration.
H : Qu'est-ce qui t'a donné envie de t'engager dans le mouvement lycéen en 1998 ?
Loubna Méliane : Ça c'est fait tout naturellement... puisque je militais déjà dans un syndicat, la FIDL (fédération indépendante démocratique lycéenne) et que j'étais déjà au fait des revendications que pouvaient avoir les lycéens.
Leïla : Comment ta famille a réagi vis-à-vis de ton implication dans plusieurs actions ?
Loubna Méliane : Au départ, mon père était plutôt méfiant. Quand il a vu l'ampleur des différents combats que je pouvais mener (lycée, anti-racisme, sexisme...), il était plutôt fier de voir que ses enfants s'impliquaient dans les problèmes de notre société, puisqu'il a toujours considéré qu'on avait toute notre place ici, en France.
Leïla : Même en étant, on va dire : « rebeu », il n'était pas contre ? Car, généralement, ils sont réticents et ne veulent pas que tu prennes parti pour ne pas être mise sur le devant de la scène, non ?
Loubna Méliane : Ce n'est pas comme ça qu'il a réagi... bien au contraire. En tout cas dans ma famille on a toujours eu des discussions « politiques » et on commentait régulièrement tous les soirs le 20 Heures de France 2 ! Mon père a toujours été au fait de l'actualité et, pour lui, c'était important de pouvoir donner notre point de vue et surtout parce que nous étions issus de l'immigration.
LE MOUVEMENT NI PUTES NI SOUMISES ET SOS RACISME
Sundar : Ne pensez vous pas que l'intitulé « Ni putes Ni soumises » sous-entend que tous les gars des cités sont des violeurs en puissance ? Ça leur porte énormément préjudice.
Loubna Méliane : Ce n'est pas le but du mouvement Ni putes Ni soumises. Durant la première marche, des mecs ont marché et milité aux côtés des jeunes filles et de femmes. Le mouvement porte le nom NPNS, mais la marche s'appelait « la marche des femmes pour l'égalité et contre le ghetto », ce n'est pas uniquement un mouvement pour les femmes mais également pour les hommes, car ils sont condamnés à subir aussi.
Eliz : Je comprends bien, mais l'intitulé en lui même est très HARD si je puis m'exprimer ainsi ! Vous auriez pu opter pour autre chose, car cela divise plus que ça ne rassemble.
Loubna Méliane : Rappelez vous il y a deux ans, une jeune fille, Sohanne, se faisait brûler dans un local à poubelles et personne ne lui a porté secours ! La situation des jeunes filles s'est dégradée d'année en année. Pour nous, ce slogan était un cri de colère et un appel au secours ! Et il n'était en aucun cas question de diviser, au contraire, on voulait réinstaurer le dialogue entre les filles et les garçons. Pour moi, il était important de dénoncer les violences (physiques et morales) subies par l'ensemble des femmes, sans oublier l'enfermement (ghettoïsation) d'un certain nombre de quartiers.
H : Je ne me sens pas proche du tout de ce mouvement, non seulement à cause de son nom, mais, surtout, du discours de sa présidente, qui prône beaucoup l'affrontement avec les hommes.
Loubna Méliane : Il faut savoir que je n'ai aucune responsabilité dans ce mouvement. J'ai été uniquement co-initiatrice et participante à la Marche des femmes puisque, au sein de SOS Racisme, je m'occupais de la province, j'ai géré les étapes de « la marche des femmes pour l'égalité et contre le ghetto » sur la province.
H : Justement, en quoi consistait ta mission à SOS Racisme ? Pourquoi tu n'es plus porte-parole de SOS Racisme ?
Loubna Méliane : Pendant des années, j'étais en charge de la province, je m'occupais des comités locaux. Aujourd'hui, je ne suis plus porte-parole de cette organisation car il était difficile de cumuler plusieurs casquettes (animatrice de radio et porte-parole), mais je reste membre de l'association et continue à militer de manière différente.
Sundar : Ne pensez vous pas que l'intitulé « Ni putes Ni soumises » sous-entend que tous les gars des cités sont des violeurs en puissance ? Ça leur porte énormément préjudice.
Loubna Méliane : Ce n'est pas le but du mouvement Ni putes Ni soumises. Durant la première marche, des mecs ont marché et milité aux côtés des jeunes filles et de femmes. Le mouvement porte le nom NPNS, mais la marche s'appelait « la marche des femmes pour l'égalité et contre le ghetto », ce n'est pas uniquement un mouvement pour les femmes mais également pour les hommes, car ils sont condamnés à subir aussi.
Eliz : Je comprends bien, mais l'intitulé en lui même est très HARD si je puis m'exprimer ainsi ! Vous auriez pu opter pour autre chose, car cela divise plus que ça ne rassemble.
Loubna Méliane : Rappelez vous il y a deux ans, une jeune fille, Sohanne, se faisait brûler dans un local à poubelles et personne ne lui a porté secours ! La situation des jeunes filles s'est dégradée d'année en année. Pour nous, ce slogan était un cri de colère et un appel au secours ! Et il n'était en aucun cas question de diviser, au contraire, on voulait réinstaurer le dialogue entre les filles et les garçons. Pour moi, il était important de dénoncer les violences (physiques et morales) subies par l'ensemble des femmes, sans oublier l'enfermement (ghettoïsation) d'un certain nombre de quartiers.
H : Je ne me sens pas proche du tout de ce mouvement, non seulement à cause de son nom, mais, surtout, du discours de sa présidente, qui prône beaucoup l'affrontement avec les hommes.
Loubna Méliane : Il faut savoir que je n'ai aucune responsabilité dans ce mouvement. J'ai été uniquement co-initiatrice et participante à la Marche des femmes puisque, au sein de SOS Racisme, je m'occupais de la province, j'ai géré les étapes de « la marche des femmes pour l'égalité et contre le ghetto » sur la province.
H : Justement, en quoi consistait ta mission à SOS Racisme ? Pourquoi tu n'es plus porte-parole de SOS Racisme ?
Loubna Méliane : Pendant des années, j'étais en charge de la province, je m'occupais des comités locaux. Aujourd'hui, je ne suis plus porte-parole de cette organisation car il était difficile de cumuler plusieurs casquettes (animatrice de radio et porte-parole), mais je reste membre de l'association et continue à militer de manière différente.
SUJETS D'ACTUALITÉS : LA LAÏCITÉ, L'INTÉGRATION, LES DISCRIMINATIONS
H : Que penses-tu de la loi sur la laïcité ? Fallait-il une loi ?
Loubna Méliane : Je trouve que le débat sur la question de la laïcité est parti dans tous les sens. Que la vraie question, à mon sens, est de savoir comment on permet à cette nouvelle génération de Français de trouver leur place dans la société (lutter contre les discriminations et les ghettos qui nourrissent le communautarisme). Malheureusement, la question du voile a été instrumentalisée politiquement par certains individus qui préfèrent diviser la société en communautés que de la voir unie en une seule communauté.
Leila : Il n'y aurait jamais dû y avoir cette loi sur le voile, tout aurait dû se faire normalement. Je pense que c'est en ayant justement médiatisé ça que les jeunes filles musulmanes ont décidé de le garder....
Loubna Méliane : En effet, cette question a été plus que médiatisée. Elle a divisé la société mais, malheureusement, la situation s'étant dégradée, il a fallu rappeler cette règle qu'est la laïcité, pourtant inscrite dans notre constitution française. En France, il faut savoir que nous sommes dans une république laïque, où la religion reste dans la sphère privée.
Laurène : Qu'est ce que l'insertion pour les personnes vivant dans les cités ?
Loubna Méliane : Je n'ai pas envie de parler d'insertion ou d'intégration pour les jeunes issus de l'immigration, car, pour moi, ils sont français, contrairement à leurs parents, puisqu'ils sont nés ici... Il faudrait arrêter de les considérer comme des étrangers. Ce sont des citoyens français à part entière qui ont grandi dans les valeurs de la République.
H : Les étrangers ont quand même plus de mal à trouver un emploi, un logement, même s'ils sont français administrativement parlant. Ce sont de beaux discours...
Loubna Méliane : C'est ce qu'on appelle les discriminations.
H : Comment lutter contre ça ?
Loubna Méliane : Aujourd'hui, grâce à SOS Racisme, ces pratiques sont condamnées en justice et, surtout, ne sont plus banalisées. Je suis favorable à l'intervention de la justice, qui, malheureusement, aujourd'hui encore, a du mal à condamner toutes ces pratiques discriminatoires.
H : Que penses-tu de la loi sur la laïcité ? Fallait-il une loi ?
Loubna Méliane : Je trouve que le débat sur la question de la laïcité est parti dans tous les sens. Que la vraie question, à mon sens, est de savoir comment on permet à cette nouvelle génération de Français de trouver leur place dans la société (lutter contre les discriminations et les ghettos qui nourrissent le communautarisme). Malheureusement, la question du voile a été instrumentalisée politiquement par certains individus qui préfèrent diviser la société en communautés que de la voir unie en une seule communauté.
Leila : Il n'y aurait jamais dû y avoir cette loi sur le voile, tout aurait dû se faire normalement. Je pense que c'est en ayant justement médiatisé ça que les jeunes filles musulmanes ont décidé de le garder....
Loubna Méliane : En effet, cette question a été plus que médiatisée. Elle a divisé la société mais, malheureusement, la situation s'étant dégradée, il a fallu rappeler cette règle qu'est la laïcité, pourtant inscrite dans notre constitution française. En France, il faut savoir que nous sommes dans une république laïque, où la religion reste dans la sphère privée.
Laurène : Qu'est ce que l'insertion pour les personnes vivant dans les cités ?
Loubna Méliane : Je n'ai pas envie de parler d'insertion ou d'intégration pour les jeunes issus de l'immigration, car, pour moi, ils sont français, contrairement à leurs parents, puisqu'ils sont nés ici... Il faudrait arrêter de les considérer comme des étrangers. Ce sont des citoyens français à part entière qui ont grandi dans les valeurs de la République.
H : Les étrangers ont quand même plus de mal à trouver un emploi, un logement, même s'ils sont français administrativement parlant. Ce sont de beaux discours...
Loubna Méliane : C'est ce qu'on appelle les discriminations.
H : Comment lutter contre ça ?
Loubna Méliane : Aujourd'hui, grâce à SOS Racisme, ces pratiques sont condamnées en justice et, surtout, ne sont plus banalisées. Je suis favorable à l'intervention de la justice, qui, malheureusement, aujourd'hui encore, a du mal à condamner toutes ces pratiques discriminatoires.
LOUBNA ET L'ENGAGEMENT
Sundar : Quelle est ton ambition politique personnelle ?
Loubna Méliane : Pour l'instant je n'ai pas d'ambition politique, je continue mon petit bout de chemin de militante et je fais de la radio. J'ai des convictions, bien évidemment, que je garde pour moi car cela ne regarde que moi. Mais je les garde car je considère que c'est par cette voie qu'on pourra faire évoluer la société. Et vous, de votre côté, vous êtes engagés dans des combats ou des associations ?
Leïla : Oui, dans celui de la vie de tous les jours.
Loubna Méliane : Souvenez-vous que c'est à vous de prendre votre avenir en main. Les choses ne changeront pas d'elles-mêmes.
Leïla : Des choses ne changeront jamais non plus, Loubna, tu en prendras conscience.
Loubna Méliane : Je ne comprends pas comment à ton âge on peut être aussi pessimiste.
Leïla : Je ne suis pas pessimiste dans la vie car c'est ça qui me permet de lutter tous les jours. Mais y a des choses auxquelles ont ne doit pas déroger. Par tes combats, tu donnes du bien-être aux filles des cités et pour ça elles t'en remercient. Mais, même elles, au bout d'un moment, elles doivent faire face à la réalité car elles n'ont pas les armes pour rivaliser et, cette rivalité, elles doivent l'exercer contre un mot, la religion.
Loubna Méliane : Ce n'est pas uniquement une question de religion, malheureusement, certains individus ré-interprétent les textes coraniques. Il faut savoir que, à l'époque du prophète Mohamed, les femmes avaient une vraie place. Je te conseille justement de lire Le Sexe d'Allah de Martine Gonzlan (c'est le livre que je lis en ce moment), qui explique tout cela. En tout cas, sache que tu n'es pas toute seule. Je te souhaite beaucoup de courage. Leïla, tu dois y croire !
Je dois vous quitter mais je vous donne rendez-vous vendredi soir sur Fun pour mon émission. On peut l'écouter via Internet et vous pouvez intervenir au 3228.
Sundar : Quelle est ton ambition politique personnelle ?
Loubna Méliane : Pour l'instant je n'ai pas d'ambition politique, je continue mon petit bout de chemin de militante et je fais de la radio. J'ai des convictions, bien évidemment, que je garde pour moi car cela ne regarde que moi. Mais je les garde car je considère que c'est par cette voie qu'on pourra faire évoluer la société. Et vous, de votre côté, vous êtes engagés dans des combats ou des associations ?
Leïla : Oui, dans celui de la vie de tous les jours.
Loubna Méliane : Souvenez-vous que c'est à vous de prendre votre avenir en main. Les choses ne changeront pas d'elles-mêmes.
Leïla : Des choses ne changeront jamais non plus, Loubna, tu en prendras conscience.
Loubna Méliane : Je ne comprends pas comment à ton âge on peut être aussi pessimiste.
Leïla : Je ne suis pas pessimiste dans la vie car c'est ça qui me permet de lutter tous les jours. Mais y a des choses auxquelles ont ne doit pas déroger. Par tes combats, tu donnes du bien-être aux filles des cités et pour ça elles t'en remercient. Mais, même elles, au bout d'un moment, elles doivent faire face à la réalité car elles n'ont pas les armes pour rivaliser et, cette rivalité, elles doivent l'exercer contre un mot, la religion.
Loubna Méliane : Ce n'est pas uniquement une question de religion, malheureusement, certains individus ré-interprétent les textes coraniques. Il faut savoir que, à l'époque du prophète Mohamed, les femmes avaient une vraie place. Je te conseille justement de lire Le Sexe d'Allah de Martine Gonzlan (c'est le livre que je lis en ce moment), qui explique tout cela. En tout cas, sache que tu n'es pas toute seule. Je te souhaite beaucoup de courage. Leïla, tu dois y croire !
Je dois vous quitter mais je vous donne rendez-vous vendredi soir sur Fun pour mon émission. On peut l'écouter via Internet et vous pouvez intervenir au 3228.
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