Virginie Drouet

Un petit goût de solidarité dans l'art

L'art et la culture, d'une façon générale, ont en commun de stimuler l'imagination, de faire rêver et d'apaiser la douleur. On s'ouvre aux autres, le désir de vie et la sérénité prennent le dessus. La culture et l'art, facteurs de paix intérieure, d'intégration et de réinsertion ? Explications.
Un petit goût de solidarité dans l'art
Offrir des bouffées d'oxygène !

Certaines associations viennent en aide aux personnes isolées. « Les génepistes sont une bouffée d'oxygène pour les détenus et leur offrent un contact avec l'extérieur », explique Eric Plat, délégué régional Ile-de-France-Centre du Génepi. Les bénévoles, tous étudiants, apportent, chaque semaine, un travail d'accompagnement scolaire et d'éveil culturel.
Autre exemple, l'association Personimages créée il y a trente ans. Son objectif est de mettre la création artistique à la portée des handicapés mentaux pour qu'ils s'expriment, qu'ils communiquent leur richesse intérieure. « Certains autistes participent aux ateliers de peinture depuis plus de dix ans. Ils ont fait des progrès remarquables de communication. Au départ, ils tiraient des traits sur la feuille blanche, des quadrillages, témoins de leur prison intérieure. Aujourd'hui, ils utilisent des couleurs dans leurs peintures, pour exprimer ce qu'ils ne peuvent dire avec des mots. C'est tout à fait stupéfiant ! » témoigne Eric Petitdider, son secrétaire général.
La musique est tout aussi bénéfique : « Un enfant malade oublie l'environnement hospitalier et les traitements quand on lui chante une chanson ou qu'on l'invite à en écrire une. Il est subitement dans l'action, dans la vie, il quitte la torpeur et la sidération, conséquence de la maladie », indique Philippe Bouteloup, fondateur de Musique et Santé. Cette association, dont les salariés (tous musiciens) jouent dans les hôpitaux des grandes villes de France, propose des rencontres de musique vivante à un public en difficulté, participe à l'amélioration des conditions d'hospitalisation (dans le cadre d'un mouvement plus vaste d'humanisation des hôpitaux) et fait en sorte que la culture soit « contagieuse » à l'hôpital.

L'envie, c'est la vie !

La culture et, plus généralement, les arts aident à combattre la récidive, la rechute, et permettent de dépasser un handicap . « A l'hôpital, les gens vous disent souvent qu'ils s'ennuient, qu'il n'y a rien à faire. La musique les remet en selle : en jouant d'un instrument, en chantant, on bouge. On se met en mouvement, au sens « motricité » du terme, mais aussi en ce qui concerne la pensée. Je pense donc je suis en mouvement », explique Philippe Bouteloup. La maladie n'est pas la seule à miner le système de pensée. La prison y participe tout autant et de façon aussi dramatique. D'où l'action du Génepi : « Notre objectif, au-delà de l'aide immédiate apportée aux prisonniers, est de sensibiliser les futurs responsables d'entreprise que seront peut-être nos jeunes bénévoles. Ils pourront, plus tard, contribuer à la réinsertion de ces détenus. Une réinsertion, qui, bien évidemment, protège la société », assure Eric Plat.
La danse, autre moyen d'expression, rappelle aux individus peu actifs en raison de leur handicap qu'ils sont bel et bien en vie. Elle participe, elle aussi, à se tricoter des souvenirs pour les jours d'après.

Un bien-être qui fait tache d'huile

« Lorsqu'une mère chante une berceuse à son enfant et qu'il réagit, elle est rassurée. Elle se dit que son enfant est en vie, qu'il va mieux. Elle peut alors se pencher à nouveau sur son quotidien, ses projets. », témoigne Philippe Bouteloup. C'est la vie qui reprend le dessus. « Une autiste vient chaque semaine dans notre association depuis de nombreuses années. Elle réalise aujourd'hui des peintures très impressionnantes, avec des visages, ainsi que des collages », confirme le secrétaire général de Personimages. Une autiste, qui, de toute évidence, a bénéficié des bienfaits du groupe, du partage au sein de l'association, et qui est fière de voir ses ouvres présentées lors d'expositions ouvertes au grand public.

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