Christelle Célarié | |
Réduire les écarts de salaire et réconcilier parentalité et emploi
A quelques jours de la présentation du projet de loi sur l'égalité salariale à l'Assemblée nationale, Nicole Ameline, ministre de la Parité et de l'Egalité professionnelle, revient sur l'égalité hommes-femmes dans le monde du travail.
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Comment expliquez-vous qu'en 2003 (selon l'INSEE) le salaire mensuel net moyen d'une femme était encore inférieur de 19,7 % à celui de son collègue masculin ?
Les différences sont très variables d'une entreprise à l'autre, et les causes sont multiples. Tout commence, déjà, au niveau de l'orientation scolaire. Aujourd'hui encore, les jeunes filles n'arrivent pas en force dans des secteurs-clés de l'économie, dans les filières porteuses de débouchés sur le marché du travail. Les femmes cumulent souvent beaucoup trop de responsabilités familiales (les horaires liés au mode de garde de leurs enfants, par exemple) qui gênent leur investissement professionnel. Leur formation initiale est souvent moins valorisante que celle des hommes, et la validation des acquis par l'expérience, un bon moyen de progression, n'est pas assez développée en France. Tous ces facteurs cumulés font que les hommes ont obtenu et obtiennent toujours plus de promotions que les femmes.
Quels sont les moyens, les outils mis en place par le gouvernement pour gommer ces différences dans le monde du travail ?
Nous allons donner aux entreprises les moyens de contribuer à la diversification des modes de garde en créant des crèches d'entreprise et inter-entreprises. Le texte de loi (NDLR : sur l'égalité salariale, présenté le 24 mars dernier au Conseil des ministres) doit permettre aux entreprises de repenser la gestion des ressources humaines, de déployer un mode de management moderne, pour favoriser la mixité à tous les niveaux de responsabilité. Nous avons mis en place, en juin 2004, le label Egalité : il distingue les entreprises qui valorisent l'égalité hommes-femmes dans leur gestion des ressources humaines.
Outre ces actions dans le monde du travail, nous avons augmenté de 20 % les places réservées aux filles dans les filières scientifiques, un secteur incontournable pour l'avenir de la France.
Revenons au projet de loi sur l'égalité salariale. Quelles en sont les grandes lignes ?
Un des points les plus importants, c'est la suppression de tous les écarts de salaires entre hommes et femmes d'ici à 2010. Les chefs d'entreprise devront ouvrir des négociations avec les représentants des salariés. L'autre point est la réconciliation de la maternité avec l'emploi. Les congés de maternité sont souvent à l'origine de retards de progression (rémunération, promotion) dans l'entreprise. Les chefs d'entreprise doivent envisager la maternité comme une valeur ajoutée et non comme un frein. Ce texte, présenté et validé par le Conseil des ministres le 24 mars dernier, sera présenté le 10 mai prochain à l'Assemblée nationale, en présence des 24 ministres européens chargés du Travail ou des Affaires sociales.
Pensez-vous qu'une loi sur l'égalité professionnelle va faire changer les mentalités dans le monde de l'entreprise ?
Oui, j'en suis sûre. Certains textes de lois sont imposés, et la réactivité peut être plus ou moins positive, voire négative. Mais ce texte-là a été élaboré dans un autre état d'esprit, en concertation avec les partenaires sociaux. En étant sur le terrain, au contact des chefs d'entreprise, j'ai pu constater que leur état d'esprit est en train d'évoluer : ils sont prêts à ce changement, à voir les femmes prendre en charge des responsabilités au sein des entreprises.
Le traité de constitution européenne peut-il gommer ces différences ?
L'Europe s'est construite sur l'égalité hommes-femmes. Le traité de Rome abordait déjà l'égalité salariale. Aujourd'hui, le traité de constitution européenne est fondé sur l'égalité hommes-femmes, c'est à la fois un objectif et une valeur, c'est inclus dans les droits fondamentaux. L'Europe est un moteur d'égalité, c'est pour cela que les femmes doivent s'engager sur l'Europe, et je leur donne rendez-vous le 29 avril à 18 heures, place du Trocadéro, à Paris. En présence de Simone Veil, Fadela Amara, Laure Adler, Nicole Notat, Claudie Haigneré, j'organise un grand rassemblement de femmes pour rappeler que, soixante ans après leur premier vote en France, les femmes ont le pouvoir de choisir leur avenir.
Discutez en direct avec Nicole Ameline, le 28 avril. Vous pouvez d'ores et déjà lui poser vos questions :
213.186.46.105/chat/sig
Donnez votre avis sur l'égalité professionnelle en participant au forum :
www.forums.gouv.fr
Le dossier du ministère sur l'égalité professionnelle :
www.femmes-egalite.gouv.fr
Les différences sont très variables d'une entreprise à l'autre, et les causes sont multiples. Tout commence, déjà, au niveau de l'orientation scolaire. Aujourd'hui encore, les jeunes filles n'arrivent pas en force dans des secteurs-clés de l'économie, dans les filières porteuses de débouchés sur le marché du travail. Les femmes cumulent souvent beaucoup trop de responsabilités familiales (les horaires liés au mode de garde de leurs enfants, par exemple) qui gênent leur investissement professionnel. Leur formation initiale est souvent moins valorisante que celle des hommes, et la validation des acquis par l'expérience, un bon moyen de progression, n'est pas assez développée en France. Tous ces facteurs cumulés font que les hommes ont obtenu et obtiennent toujours plus de promotions que les femmes.
Quels sont les moyens, les outils mis en place par le gouvernement pour gommer ces différences dans le monde du travail ?
Nous allons donner aux entreprises les moyens de contribuer à la diversification des modes de garde en créant des crèches d'entreprise et inter-entreprises. Le texte de loi (NDLR : sur l'égalité salariale, présenté le 24 mars dernier au Conseil des ministres) doit permettre aux entreprises de repenser la gestion des ressources humaines, de déployer un mode de management moderne, pour favoriser la mixité à tous les niveaux de responsabilité. Nous avons mis en place, en juin 2004, le label Egalité : il distingue les entreprises qui valorisent l'égalité hommes-femmes dans leur gestion des ressources humaines.
Outre ces actions dans le monde du travail, nous avons augmenté de 20 % les places réservées aux filles dans les filières scientifiques, un secteur incontournable pour l'avenir de la France.
Revenons au projet de loi sur l'égalité salariale. Quelles en sont les grandes lignes ?
Un des points les plus importants, c'est la suppression de tous les écarts de salaires entre hommes et femmes d'ici à 2010. Les chefs d'entreprise devront ouvrir des négociations avec les représentants des salariés. L'autre point est la réconciliation de la maternité avec l'emploi. Les congés de maternité sont souvent à l'origine de retards de progression (rémunération, promotion) dans l'entreprise. Les chefs d'entreprise doivent envisager la maternité comme une valeur ajoutée et non comme un frein. Ce texte, présenté et validé par le Conseil des ministres le 24 mars dernier, sera présenté le 10 mai prochain à l'Assemblée nationale, en présence des 24 ministres européens chargés du Travail ou des Affaires sociales.
Pensez-vous qu'une loi sur l'égalité professionnelle va faire changer les mentalités dans le monde de l'entreprise ?
Oui, j'en suis sûre. Certains textes de lois sont imposés, et la réactivité peut être plus ou moins positive, voire négative. Mais ce texte-là a été élaboré dans un autre état d'esprit, en concertation avec les partenaires sociaux. En étant sur le terrain, au contact des chefs d'entreprise, j'ai pu constater que leur état d'esprit est en train d'évoluer : ils sont prêts à ce changement, à voir les femmes prendre en charge des responsabilités au sein des entreprises.
Le traité de constitution européenne peut-il gommer ces différences ?
L'Europe s'est construite sur l'égalité hommes-femmes. Le traité de Rome abordait déjà l'égalité salariale. Aujourd'hui, le traité de constitution européenne est fondé sur l'égalité hommes-femmes, c'est à la fois un objectif et une valeur, c'est inclus dans les droits fondamentaux. L'Europe est un moteur d'égalité, c'est pour cela que les femmes doivent s'engager sur l'Europe, et je leur donne rendez-vous le 29 avril à 18 heures, place du Trocadéro, à Paris. En présence de Simone Veil, Fadela Amara, Laure Adler, Nicole Notat, Claudie Haigneré, j'organise un grand rassemblement de femmes pour rappeler que, soixante ans après leur premier vote en France, les femmes ont le pouvoir de choisir leur avenir.
Discutez en direct avec Nicole Ameline, le 28 avril. Vous pouvez d'ores et déjà lui poser vos questions :
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Donnez votre avis sur l'égalité professionnelle en participant au forum :
www.forums.gouv.fr
Le dossier du ministère sur l'égalité professionnelle :
www.femmes-egalite.gouv.fr
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