Olivier Malaponti | |
Mieux se connaître pour mieux vivre ensemble
Proximité, convivialité, dialogue, lien social, solidarité : face à la montée de l'individualisme et de l'anonymat liés aux modes de vie, les citoyens sont en demande d'un « mieux vivre ensemble ». Des associations insufflent une dynamique à la vie de quartier en instaurant, à l'échelle locale, des initiatives de solidarité et de rapprochement entre les habitants.
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« Quand nous organisons un repas de quartier, c'est pour mélanger tout le monde », explique Jean Vilotte, président du Comité de quartier Arnaud-Bernard, à Toulouse. Conscient qu'aujourd'hui c'est à l'échelle du quartier qu'il faut agir pour réinventer les notions de voisinage, de solidarité et de convivialité, et créer ainsi les conditions d'un « mieux vivre ensemble », le Comité de quartier Arnaud -Bernard rassemble depuis 1975 les habitants du quartier qui ont envie de se prendre en charge. À l'origine des repas de quartier (dès 1991), qui ont fait florès dans de nombreuses villes de France depuis, le Comité de quartier invite les habitants à réfléchir collectivement pour améliorer le cadre de vie et œuvrer dans l'intérêt général des habitants du quartier. « Le Comité de quartier se présente comme étant un contre-pouvoir civique au pouvoir politique de la mairie », souligne Jean Vilotte. Ici, tous les habitants du quartier, dans leur diversité, sont représentés. Les différents problèmes liés au quartier ne sont pas abordés sous l'angle politique mais sous l'angle civique : une approche qui vise à « dépasser les clivages et permettre aux gens de mieux vivre ensemble », poursuit-il.
Communauté de quartier
Pour lui, l'essentiel est de « faire vivre cette communauté réelle de voisins-voisines. Je dis souvent qu'il n'y a pas de citoyens sans concitoyens. La concitoyenneté est liée à la vie de tous les jours. C'est une adhésion à un état d'esprit, à des actions qui sont menées, plutôt qu'à une conception géographique du quartier », poursuit-il. De ce fait, le Comité de quartier n'a pas pour seul objet la défense du quartier Arnaud -Bernard : « Nous sommes ouverts sur l'extérieur », indique le président.
Autre lieu de mixité et de convivialité ouvert sur l'extérieur : le Café des petits frères, un bar associatif situé dans le 17e arrondissement de Paris. « Nous souhaitons permettre aux gens de recréer du lien, recréer un tissu social qu'ils ont perdu », souligne Pierre Vaccaro, animateur et responsable du café. Dans ce lieu à la fois ouvert aux personnes « accompagnées » par l'association Les petits frères des pauvres , mais aussi à toutes celles qui poussent la porte, se côtoient « des gens en situation de détresse, de solitude ou de souffrance, mais aussi des familles, des commerçants, des jeunes branchés », indique-t-il. Si la plupart du temps les personnes en souffrance ont des problèmes matériels, « elles ne s'en sortent pas parce qu'elles n'ont plus de réseau relationnel », analyse-t-il.
« Faire que les gens se mélangent »
Les diverses activités culturelles, artistiques, ludiques ou citoyennes, proposées par le Café des petits frères, sont aussi un moyen « d'élargir l'horizon » des personnes prises en charge par l'association. « Le fait que les gens soient au même niveau permet de ne pas créer de ghetto de pauvres, explique Pierre Vaccaro. Nous essayons de faire en sorte que les personnes se mélangent. Elles sont dans le même lieu, et c'est une grande victoire parce que ça permet de changer le regard sur le monde de la précarité. L'autre enjeu du lieu est de pouvoir se faire mélanger les générations, de tisser des liens entre des personnes âgées, des enfants, des plus jeunes ».
Même philosophie au sein de l'association Peuplade : elle vise à « encourager la création de liens, d'évènements et de projets » entre habitants du quartier des Batignolles et des Épinettes dans le 17e, à Paris, explique Nathan Stern, concepteur et président de l'association. Grâce à un site internet, les habitants établissent un premier contact. Le site web n'est « qu'un outil, un instrument au service d'un projet social. L'enjeu est de faire que les gens entrent en relation les uns avec les autres », explique-t-il. D'après lui, c'est dans le cadre de projets communs et collectifs que les relations prennent toute leur signification : « Il y a une dimension d'échange et de partage : il peut s'agir d'informations, de biens, de cours, de savoir-faire. Notre ambition est de favoriser un monde toujours plus riche. »
« Retrouver des bases locales de fabrication du lien social »
Améliorer le cadre de vie à l'échelle du quartier, permettre la création de liens sociaux, rompre l'isolement, remettre au goût du jour les notions de convivialité, de solidarité, de partage, telle est la véritable raison d'être de ces associations qui ouvrent pour un « mieux vivre ensemble ». Selon Denise Pumain, enseignante en géographie urbaine à l'université Paris I et membre de l'Institut universitaire de France (IUF), « les conséquences de la mondialisation privent les individus des repères habituels et les noient dans des références de plus en plus lointaines. Ceci induit un regain d'intérêt pour les questions d'identité individuelle et collective, d'attache à des groupes de dimension plus restreinte. (.) On essaye de retrouver des bases locales de fabrication du lien social ». Des petites initiatives qui font un grand bien au quotidien !
Communauté de quartier
Pour lui, l'essentiel est de « faire vivre cette communauté réelle de voisins-voisines. Je dis souvent qu'il n'y a pas de citoyens sans concitoyens. La concitoyenneté est liée à la vie de tous les jours. C'est une adhésion à un état d'esprit, à des actions qui sont menées, plutôt qu'à une conception géographique du quartier », poursuit-il. De ce fait, le Comité de quartier n'a pas pour seul objet la défense du quartier Arnaud -Bernard : « Nous sommes ouverts sur l'extérieur », indique le président.
Autre lieu de mixité et de convivialité ouvert sur l'extérieur : le Café des petits frères, un bar associatif situé dans le 17e arrondissement de Paris. « Nous souhaitons permettre aux gens de recréer du lien, recréer un tissu social qu'ils ont perdu », souligne Pierre Vaccaro, animateur et responsable du café. Dans ce lieu à la fois ouvert aux personnes « accompagnées » par l'association Les petits frères des pauvres , mais aussi à toutes celles qui poussent la porte, se côtoient « des gens en situation de détresse, de solitude ou de souffrance, mais aussi des familles, des commerçants, des jeunes branchés », indique-t-il. Si la plupart du temps les personnes en souffrance ont des problèmes matériels, « elles ne s'en sortent pas parce qu'elles n'ont plus de réseau relationnel », analyse-t-il.
« Faire que les gens se mélangent »
Les diverses activités culturelles, artistiques, ludiques ou citoyennes, proposées par le Café des petits frères, sont aussi un moyen « d'élargir l'horizon » des personnes prises en charge par l'association. « Le fait que les gens soient au même niveau permet de ne pas créer de ghetto de pauvres, explique Pierre Vaccaro. Nous essayons de faire en sorte que les personnes se mélangent. Elles sont dans le même lieu, et c'est une grande victoire parce que ça permet de changer le regard sur le monde de la précarité. L'autre enjeu du lieu est de pouvoir se faire mélanger les générations, de tisser des liens entre des personnes âgées, des enfants, des plus jeunes ».
Même philosophie au sein de l'association Peuplade : elle vise à « encourager la création de liens, d'évènements et de projets » entre habitants du quartier des Batignolles et des Épinettes dans le 17e, à Paris, explique Nathan Stern, concepteur et président de l'association. Grâce à un site internet, les habitants établissent un premier contact. Le site web n'est « qu'un outil, un instrument au service d'un projet social. L'enjeu est de faire que les gens entrent en relation les uns avec les autres », explique-t-il. D'après lui, c'est dans le cadre de projets communs et collectifs que les relations prennent toute leur signification : « Il y a une dimension d'échange et de partage : il peut s'agir d'informations, de biens, de cours, de savoir-faire. Notre ambition est de favoriser un monde toujours plus riche. »
« Retrouver des bases locales de fabrication du lien social »
Améliorer le cadre de vie à l'échelle du quartier, permettre la création de liens sociaux, rompre l'isolement, remettre au goût du jour les notions de convivialité, de solidarité, de partage, telle est la véritable raison d'être de ces associations qui ouvrent pour un « mieux vivre ensemble ». Selon Denise Pumain, enseignante en géographie urbaine à l'université Paris I et membre de l'Institut universitaire de France (IUF), « les conséquences de la mondialisation privent les individus des repères habituels et les noient dans des références de plus en plus lointaines. Ceci induit un regain d'intérêt pour les questions d'identité individuelle et collective, d'attache à des groupes de dimension plus restreinte. (.) On essaye de retrouver des bases locales de fabrication du lien social ». Des petites initiatives qui font un grand bien au quotidien !
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