Olivier Malaponti | |
Prévenir le suicide chez l'adolescent
Psychiatre, chef de l'unité médico-psychologique de l'adolescent au Centre hospitalier universitaire de Bordeaux, Xavier Pommerau nous explique comment repérer, chez les adolescents, les conduites à risque qui peuvent être des signes d'un mal-être profond.
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Quels signes peuvent indiquer une tendance suicidaire chez un adolescent ?
C'est la multiplication des conduites de rupture, le mot rupture étant à entendre au sens propre et au sens figuré. La fugue, l'ivresse répétée (à l'alcool ou au cannabis) ou l'absentéisme scolaire sont autant de signes qui peuvent montrer l'envie de couper avec une réalité considérée comme difficile ou intolérable. C'est cette multiplication de faits, de coupures, qui doit alerter. L'apparition des premiers signes avant l'âge de 15 ans, le cumul de ces façons de rompre, l'intensité de ces ruptures et leur caractère répété sont des indicateurs de gravité. Il faut savoir que les garçons et les filles n'adoptent pas les mêmes comportements : les garçons sont davantage dans des conduites de rupture violentes et très impulsives, alors que les filles sont plutôt dans un schéma de violence dirigées vers leur propre corps, comme les scarifications.
Quels conseils donneriez-vous aux parents ?
En tant que parent, on a parfois beaucoup de mal à voir avec analyse et distance les conduites de rupture de ses propres enfants. En revanche, on peut très bien voir chez les voisins ce qui ne va pas ! Il faut donc arriver à faciliter cet " effet de tiers ". Aussi, quand on est parent d'adolescents, c'est bien de lire quelques ouvrages sur l'adolescence. C'est encore mieux de pouvoir en parler avec d'autres parents ou des professionnels en charge d'adolescents, pour bien comprendre la différence entre des conduites normales, avec leur degré de provocations, de revendications, et des conduites de rupture. C'est une histoire de mesure et d'appréciation et, pour cela, il faut pouvoir parler avec d'autres parents.
La prévention dans ce domaine est-elle efficace ?
C'est très important pour les ados de savoir qui ils sont, comment on les voit, quelle place on leur donne, jusqu'où ils peuvent aller, à partir de quel stade ils ne peuvent pas faire n'importe quoi. Tout ce qui facilite, favorise et vient consolider la notion d'identité, de respect de soi, de l'autre, la définition des limites, des repères, des balises sont des axes de prévention. C'est vraiment une responsabilité collective que l'on doit avoir aussi bien dans les écoles, dans la rue, que sur Internet. Il faut définir des champs d'évolution de manière que les jeunes ne se sentent ni trop enfermés dans leurs capacité de bouger, ni trop lâchés et livrés à eux-mêmes.
C'est la multiplication des conduites de rupture, le mot rupture étant à entendre au sens propre et au sens figuré. La fugue, l'ivresse répétée (à l'alcool ou au cannabis) ou l'absentéisme scolaire sont autant de signes qui peuvent montrer l'envie de couper avec une réalité considérée comme difficile ou intolérable. C'est cette multiplication de faits, de coupures, qui doit alerter. L'apparition des premiers signes avant l'âge de 15 ans, le cumul de ces façons de rompre, l'intensité de ces ruptures et leur caractère répété sont des indicateurs de gravité. Il faut savoir que les garçons et les filles n'adoptent pas les mêmes comportements : les garçons sont davantage dans des conduites de rupture violentes et très impulsives, alors que les filles sont plutôt dans un schéma de violence dirigées vers leur propre corps, comme les scarifications.
Quels conseils donneriez-vous aux parents ?
En tant que parent, on a parfois beaucoup de mal à voir avec analyse et distance les conduites de rupture de ses propres enfants. En revanche, on peut très bien voir chez les voisins ce qui ne va pas ! Il faut donc arriver à faciliter cet " effet de tiers ". Aussi, quand on est parent d'adolescents, c'est bien de lire quelques ouvrages sur l'adolescence. C'est encore mieux de pouvoir en parler avec d'autres parents ou des professionnels en charge d'adolescents, pour bien comprendre la différence entre des conduites normales, avec leur degré de provocations, de revendications, et des conduites de rupture. C'est une histoire de mesure et d'appréciation et, pour cela, il faut pouvoir parler avec d'autres parents.
La prévention dans ce domaine est-elle efficace ?
C'est très important pour les ados de savoir qui ils sont, comment on les voit, quelle place on leur donne, jusqu'où ils peuvent aller, à partir de quel stade ils ne peuvent pas faire n'importe quoi. Tout ce qui facilite, favorise et vient consolider la notion d'identité, de respect de soi, de l'autre, la définition des limites, des repères, des balises sont des axes de prévention. C'est vraiment une responsabilité collective que l'on doit avoir aussi bien dans les écoles, dans la rue, que sur Internet. Il faut définir des champs d'évolution de manière que les jeunes ne se sentent ni trop enfermés dans leurs capacité de bouger, ni trop lâchés et livrés à eux-mêmes.
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