Olivier Malaponti | |
Afghanistan, reconstruire les enfants
A Kaboul, Enfants du Monde Droits de l'Homme a mis sur pied un centre d'animation et d'assistance psychosociale à destination d'enfants âgés de 4 à 12 ans. Le point avec Sébastien Lebail, chef de mission.
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A quels types de traumatismes sont confrontés les enfants que vous prenez en charge ?
Ils sont atteints dans leur développement par les troubles de leurs parents et de leur famille. Ces traumatismes sont dus à la guerre dans de nombreux cas, mais aussi aux conditions de vie précaires. Du point de vue clinique, les enfants traumatisés sont peu nombreux. En revanche, la majorité d'entre eux souffre d'un dysfonctionnement de la relation parents-enfant : carence affective, parents désengagés, décalage du rôle et de la position de l'enfant dans la famille. Parfois, à l'âge de 10 ans, l'enfant est soutien familial par son labeur, ou chef de famille, car seul « homme » vivant de la fratrie.
Ils sont atteints dans leur développement par les troubles de leurs parents et de leur famille. Ces traumatismes sont dus à la guerre dans de nombreux cas, mais aussi aux conditions de vie précaires. Du point de vue clinique, les enfants traumatisés sont peu nombreux. En revanche, la majorité d'entre eux souffre d'un dysfonctionnement de la relation parents-enfant : carence affective, parents désengagés, décalage du rôle et de la position de l'enfant dans la famille. Parfois, à l'âge de 10 ans, l'enfant est soutien familial par son labeur, ou chef de famille, car seul « homme » vivant de la fratrie.
Quels sont les besoins de ces enfants ?
Ils ont besoin de se restructurer pour se développer normalement. Pour cela, comme tout enfant, ils ont besoin de sécurité, d'un cadre, d'être écoutés et de s'exprimer librement. C'est « normalement » le rôle de la cellule familiale. Ces enfants, dont les parents sont souvent très affectés, ont besoin d'être accompagnés vers l'école, de se refaire des amis, et de reprendre confiance dans la permanence et la sécurité de leur environnement.
Ils ont besoin de se restructurer pour se développer normalement. Pour cela, comme tout enfant, ils ont besoin de sécurité, d'un cadre, d'être écoutés et de s'exprimer librement. C'est « normalement » le rôle de la cellule familiale. Ces enfants, dont les parents sont souvent très affectés, ont besoin d'être accompagnés vers l'école, de se refaire des amis, et de reprendre confiance dans la permanence et la sécurité de leur environnement.
Comment s'effectue la prise en charge et quelles sont les différentes réponses que vous apportez ?
Les activités ludo-éducatives ou psycho-éducatives sont choisies selon les besoins individuels des enfants. Ils sont identifiés par les éducateurs, qui vivent quotidiennement avec eux, en collaboration avec les travailleuses sociales, qui connaissent bien leurs conditions familiales. Grâce à des activités créatives, collectives mais toujours ludiques, nous apportons aux enfants les moyens de se reconstruire et de faire face à leur quotidien. Nous avons de nombreuses fresques peintes, ouvrages de perles, jeu de société, de construction, des activités sportives, des projections de dessin animés.
Les activités ludo-éducatives ou psycho-éducatives sont choisies selon les besoins individuels des enfants. Ils sont identifiés par les éducateurs, qui vivent quotidiennement avec eux, en collaboration avec les travailleuses sociales, qui connaissent bien leurs conditions familiales. Grâce à des activités créatives, collectives mais toujours ludiques, nous apportons aux enfants les moyens de se reconstruire et de faire face à leur quotidien. Nous avons de nombreuses fresques peintes, ouvrages de perles, jeu de société, de construction, des activités sportives, des projections de dessin animés.
Votre programme s'étend aussi à la prise en charge des femmes, de la famille. Quel est l'objectif de cette prise en charge globale ?
Apres deux ans d'activité, les éducateurs sont désormais en mesure de travailler plus en profondeur sur les problèmes des enfants et, donc, d'agir sur les causes plus que sur les symptômes. Leurs conditions de développement psychosocial commencent au sein de la cellule familiale avec la relation mère-enfant. Aussi, c'est en aidant les mamans à gérer leur stress, leur responsabilité parentale, la relation avec leur enfant, que nous pouvons aider ces enfants. Plus généralement, la sensibilisation aux questions d'hygiène, de planning familial et des risques de la violence (châtiments corporels, dureté des taches ménagères, travail des enfants) sont aussi des moyens d'aider la cellule parentale à être plus adaptée à l'éducation. Par ailleurs, on connaît la position des femmes dans la société afghane. Leur permettre de prendre la parole pour exprimer leur souffrance et, ainsi, envisager celle de leur enfant est un grand pas en avant.
Apres deux ans d'activité, les éducateurs sont désormais en mesure de travailler plus en profondeur sur les problèmes des enfants et, donc, d'agir sur les causes plus que sur les symptômes. Leurs conditions de développement psychosocial commencent au sein de la cellule familiale avec la relation mère-enfant. Aussi, c'est en aidant les mamans à gérer leur stress, leur responsabilité parentale, la relation avec leur enfant, que nous pouvons aider ces enfants. Plus généralement, la sensibilisation aux questions d'hygiène, de planning familial et des risques de la violence (châtiments corporels, dureté des taches ménagères, travail des enfants) sont aussi des moyens d'aider la cellule parentale à être plus adaptée à l'éducation. Par ailleurs, on connaît la position des femmes dans la société afghane. Leur permettre de prendre la parole pour exprimer leur souffrance et, ainsi, envisager celle de leur enfant est un grand pas en avant.
Selon vous, quelles sont aujourd'hui les priorités afin que ces enfants puissent demain, grandir et évoluer normalement ?
Saint-Exupéry disait qu'il ne sert à rien de prévoir l'avenir, mais qu'il faut savoir le rendre possible. Dans l'immédiat, il faut continuer l'effort pour donner aux 8 ou 10 millions d'enfants afghans une école (moins de 50 % d'entre eux sont scolarisés) dotée de bons enseignants. Il faut ouvrer pour que les services publics en création s'ouvrent aux pratiques alternatives d'écoute de la souffrance psychologique et de reconstruction du lien familial et communautaire.
Soutenir l'action de Enfants du monde Droits de l'Homme :http://www.emdh.org
Saint-Exupéry disait qu'il ne sert à rien de prévoir l'avenir, mais qu'il faut savoir le rendre possible. Dans l'immédiat, il faut continuer l'effort pour donner aux 8 ou 10 millions d'enfants afghans une école (moins de 50 % d'entre eux sont scolarisés) dotée de bons enseignants. Il faut ouvrer pour que les services publics en création s'ouvrent aux pratiques alternatives d'écoute de la souffrance psychologique et de reconstruction du lien familial et communautaire.
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