Christelle Célarié

« L'adolescence n'est pas une maladie »

Le pédopsychiatre Marcel Rufo est le responsable médical de la maison des adolescents, la Maison de Solenn, un des services du groupe hospitalier Cochin à Paris. Il fait le point sur le mal-être des adolescents et sur les attitudes à avoir face à un jeune en souffrance.
« L'adolescence n'est pas une maladie »
Les adolescents vont-ils mal ?

90 % des adolescents vont bien. mais ceux qui vont mal cumulent les difficultés ; ils multiplient les conduites à risque : ils font les idiots, ils ont de mauvais résultats scolaires, ils prennent des produits (alcool, drogue.), ils ont une sexualité « hors jeu » - certains sont très précoces, d'autres, au contraire, ont un malaise avec ça. Il se dévaluent, ont des troubles de confiance en eux.

Quels sont les premiers signes qui montrent qu'un adolescent va mal ?

Le premier signe est le trouble du sommeil. Viennent ensuite le décrochage scolaire, l'agressivité, les scarifications, les piercings. face à un de ces troubles, les parents doivent agir. Il faut qu'ils tiennent un discours radical sans toutefois être autoritaires. Ils doivent être directs et dire « voici ma position, voici ce que je pense ». Cette position va aider l'adolescent à grandir, à se construire.

Quelle attitude, les parents doivent-ils avoir face à un adolescent ayant une conduite à risque (sexualité, alcool, ou drogue) ?

Il faut agir au début de ces manifestations, il ne faut pas laisser pourrir la situation : on ne sait pas si l'adolescent va être vulnérable et s'enfoncer dans cette conduite, s'il va de plus en plus fumer du cannabis, par exemple. On ne peut pas dire « ça va passer, ça va s'arranger. » ; on n'en sait rien. Les parents doivent se rapprocher de leur médecin généraliste ou de leur pédiatre. Pour des troubles plus profonds, il faut se rendre au centre medico-psychologique le plus proche de son domicile, il y en a partout en France, même dans les zones rurales.

Les tentatives de suicide des adolescents augmentent*. Cela vous inquiète ?

Bien sûr que ça m'inquiète. Et la toute première tentative doit être prise au sérieux. Mon intérêt est de repérer un adolescent avant qu'il fasse cette première tentative. Mon travail va être d'essayer de comprendre pourquoi il a tenté de se suicider, pour éviter qu'il ne récidive. En France, il y a entre 800 et 900 adolescents qui se suicident chaque année, c'est la deuxième cause de mortalité chez les 15-24 ans après les accidents de la route. Et, dans 60 % des cas, c'est au cours de la deuxième tentative qu'ils meurent.

Quelles réponses la Maison de Solenn apporte-t-elle aux ados ?

Depuis son ouverture, le 6 décembre, nous avons réalisé 800 consultations par mois et nous avons hospitalisé dix adolescents par semaine. Cette maison est destinée à tous les jeunes gens malades au plan organique ou en difficulté psychologique. Les adolescents peuvent y venir pour des actes de prévention et d'information, des actes de consultation, des actes d'hospitalisation ou au suivi des ateliers de l'espace culturel.

*: 3,7 % en 1997 et 4,3 % en 1999 chez les 15-19 ans, selon le baromètre santé 2000 de l'INPES.

Crédits photos : Benjamin Horvais/ Gpe Hospitalier Cochin-Paris

Sondage

  1. A quel propos les parents ressentent-ils le plus de stress vis-à-vis de leurs enfants ?

Votez pour voir les résultats

Cliquez ici pour voir les réponses sans voter

  1. A quel propos les parents ressentent-ils le plus de stress vis-à-vis de leurs enfants ?
    1. La sécurité
      27%
    2. L'éducation
      24%
    3. La scolarité
      29%
    4. La santé
      20%
52159 réponses, Ceci n'est pas un sondage validé scientifiquement, résultats mis à jour toutes les minutes.
MSN Actions Solidaires, une initiative Microsoft Unlimited Potential