Juliette Viatte | |
Favoriser la formation et l’information pour garantir l’insertion sociale des femmes
Si l’égalité des hommes et des femmes a toujours été l’un des objectifs prioritaires de l’ONU, 200 millions de petites filles n’ont officiellement toujours pas accès à l’éducation dans le monde aujourd’hui. Or les experts internationaux sont unanimes. Le respect des droits fondamentaux, l’accès aux soins de l’ensemble de la cellule familiale, l’émancipation des femmes passent par l’éducation et l’insertion économique. D’où la nécessité de développer les actions de formation et d’information, visant à favoriser l’accès à l’emploi ou lutter contre le travail précaire et le chômage des femmes.
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Former et éduquer les filles
Le rapport publié en 2007 par l’Unicef sur « La situation des enfants dans le monde » rappelle dramatiquement que des millions de fillettes ne vont jamais à l’école ou n’achèvent pas leurs études. On les prive ainsi d’un accès au développement économique, social ou politique de leur communauté. Or il est clairement établi que l’éducation permet aux petites filles d’apprendre à se protéger des violences, des exploitations sexuelles, des maladies telles que le VIH, auquel elle paye un lourd tribut. Outre les bénéfices sanitaires (contrôle des naissances, lutte contre la malnutrition, adoption de mesures d’hygiène transmises ensuite à toute la famille…), l’éducation des filles profite à l’ensemble de la population, en favorisant l’initiative. Muhammad Yunus, fondateur de la banque Grameen (spécialisée dans le microcrédit) et prix Nobel de la paix, l’a bien compris. En 2006, il accordait 94 % de ses microcrédits à des femmes.
De nombreuses associations, conscientes de cette réalité, se mobilisent pour permettre l’accès à l’école des fillettes. C’est le cas notamment de Toutes à l'école, qui accueille depuis novembre 2006 deux cents petites cambodgiennes âgées de 6 à 10 ans dans la région rurale de Prek Tmey (13 km de Phnom Penh). L’objectif à long terme : permettre aux enfants d’effectuer des études supérieures pour accéder à des postes à responsabilité alors que l’élite a été décimée par le génocide des khmers rouges.
Développer la formation professionnelle qualifiante des femmes
Née de la volonté d’une femme, Valérie Toranian, directrice de la rédaction du magazine Elle, la fondation d'entreprise du même nom, voit le jour en 2004. Son objectif : promouvoir l’émancipation des femmes par l’éducation, la formation et l’information. Dotée d’un budget annuel de 250 000 euros, et grâce à une recherche active de partenaires financiers, elle soutient chaque année des projets en France et à l’International. « L’émancipation économique des femmes est pour nous une voie fondamentale vers l’autonomie, explique Karine Guldemann, déléguée générale de la Fondation. C’est donc naturellement que nous nous sommes investies dans la création du magazine Roz, porté par l’association Afghanistan Libre. Un instrument de convivialité et d’information pour les femmes qui permet de traiter d’hygiène, de santé, de poésie, dans un pays où leurs droits sont quotidiennement bafoués ». « Au-delà de l’aide financière, il s’agit aussi d’un partenariat de compétences, complète Arnaud Julliard, responsable du bureau Afghanistan Libre à Paris, qui permet de former des journalistes afghanes aux métiers de la presse. Aujourd’hui, le journal emploie 15 personnes dont 12 femmes. Parallèlement, au sein des trois écoles qu’elle reconstruit dans les provinces du Panjshir et de Kaboul, l’association développe la création de filières professionnelles (journalisme bien sûr, mais aussi comptabilité, administration, gestion, couture…).
Proposer des modes de garde adaptés aux horaires décalés des femmes
Pour lutter contre le chômage en France, et parce que la maternité contraint les femmes à abandonner leur emploi aux horaires décalés, la Fondation Elle accompagne Baby Loup depuis plusieurs années. Créée par Natalia Baleato, sage-femme, et un groupe de femmes de la cité La Noé à Chanteloup les Vignes dans les Yvelines, cette crèche accueille les enfants 24h/24, 7 jours/7. Une réponse originale et pertinente pour permettre aux femmes de travailler sans s’inquiéter du bien-être de leur enfant. Mais l’initiative va plus loin puisque l’association salarie et finance la formation professionnelle de femmes du quartier aux métiers de la petite enfance.
Lutter contre le chômage des femmes âgées de plus de 45 ans
En France, le nombre de femmes au travail ne cesse d’augmenter. Pourtant elles restent toujours les premières touchées par le chômage et la précarité. Si à 45 ans, la vie professionnelle est loin d’être achevée, ces étapes sont vécues comme de véritables épreuves aux conséquences parfois bien lourdes : perte de confiance individuelle, fragilisation de la famille, sentiment d’inutilité, absence de reconnaissance sociale… Pour les aider à rebondir et retrouver un emploi, des femmes chefs d’entreprises créent en 2005 Force Femmes, une association basée sur l’entraide et le partage de compétences, qui favorise la mise en relation avec des employeurs potentiels. Force Femmes propose ainsi un accompagnement individuel et personnalisé (entretiens individuels, coaching), collectif (via des réunions d’informations, ateliers, groupes de soutiens actifs) et sensibilise les femmes de plus de 45 ans à la création d’entreprise.
Présente dans 14 villes de France, l’association continue aujourd’hui de se développer.
D’où la démonstration que la solidarité peut être mise au service de la réussite sociale et professionnelle.
Crédit photos :
Force Femmes
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