Olivier Malaponti | |
Oser dire non !
Dans la cité Gabriel-Péri, en Seine-Saint-Denis, l'association féministe Voix d'Elles Rebelles souhaite, depuis dix ans « promouvoir le droit de toutes les femmes et des jeunes filles, plus particulièrement celles issues de l'immigration ». Parmi ces combats, la question des mariages forcés ou arrangés. Rencontre avec sa fondatrice, Sarah Oussekine, et Yasmine, confrontée au « poids de la culture et des traditions ».
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" Moralement, c'est un déchirure qu'elles vivent ! C'est une négation de leur personnalité ! s'exclame Sarah Oussekine. On parle de mariages forcés depuis que les jeunes filles osent refuser !" Avant d'oser dire non, Yasmine, 26 ans, une jolie Française d'origine marocaine, diplômée d'une école de journalisme et titulaire d'une maîtrise de lettres, a dû prendre sur elle : " Pendant vingt-quatre ans, je n'ai pas eu le droit d'être moi. J'ai été écrasée à cause d'une culture, d'une tradition. En tant que fille, on passe de la prison familiale à la prison conjugale ! " Elle poursuit : " Chez moi, il y avait toujours des phrases insidieuses pour me faire comprendre que je devais me marier avec un proche, quelqu'un de l'entourage, un cousin ou quelqu'un de la famille. J'ai fait une dépression à cause de cette pression familiale. Je pleurais tous les jours. Les études ont été un refuge. " Yasmine finit par fuguer pendant un an et dort dans des foyers, chez des amis, à l'hôtel, avant de trouver un petit " chez elle " à Paris.
Soutenir avec chaleur
" Celles qui refusent catégoriquement sont obligées de quitter leur famille et se retrouvent livrées à elles-mêmes : ça peut être la porte ouverte à la prostitution, la drogue, la rue ", déplore Sarah. " On ne peut pas prévenir les mariages arrangés, mais on peut essayer de conforter les filles dans leur position de refus, et de les aider pour qu'elles ne se retrouvent pas à la rue. Nous sommes là pour les accueillir, les écouter, les réconforter, continue-t-elle. Nous sommes comme des accompagnateurs, comme un soutien. Nous amenons la victime à dire jusqu'où elle peut aller pour résister, et nous organisons des rencontres avec d'autres filles qui vivent la même situation. "
" Celles qui refusent catégoriquement sont obligées de quitter leur famille et se retrouvent livrées à elles-mêmes : ça peut être la porte ouverte à la prostitution, la drogue, la rue ", déplore Sarah. " On ne peut pas prévenir les mariages arrangés, mais on peut essayer de conforter les filles dans leur position de refus, et de les aider pour qu'elles ne se retrouvent pas à la rue. Nous sommes là pour les accueillir, les écouter, les réconforter, continue-t-elle. Nous sommes comme des accompagnateurs, comme un soutien. Nous amenons la victime à dire jusqu'où elle peut aller pour résister, et nous organisons des rencontres avec d'autres filles qui vivent la même situation. "
Définir des règles de prudence
Les conseils que Sarah dispense aux jeunes filles confrontées au mariage forcé : " Ne pas quitter la France, confier un double de leurs papiers à une association ou à une personne proche qui pourrait intervenir si elles sont retenues contre leur gré, et enregistrer, sur place, leur identité au consulat de France. ". Pour Sarah, " les femmes ont une responsabilité en tant que femmes, en tant que femmes issues de l'immigration. Ce qu'elles font, elles le font pour toutes les femmes ".
Les conseils que Sarah dispense aux jeunes filles confrontées au mariage forcé : " Ne pas quitter la France, confier un double de leurs papiers à une association ou à une personne proche qui pourrait intervenir si elles sont retenues contre leur gré, et enregistrer, sur place, leur identité au consulat de France. ". Pour Sarah, " les femmes ont une responsabilité en tant que femmes, en tant que femmes issues de l'immigration. Ce qu'elles font, elles le font pour toutes les femmes ".
Crédits photos : Benjamain Horvais
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