Karima Guenivet et Elodie Robert | |
Femmes : population en danger !
Parler des droits des femmes en France en 2004 peut sembler hors du temps. Pourtant, toutes les organisations de défense des droits des femmes s'accordent à dire que, trente ans après la grande émancipation initiée par les mouvements féministes, on assiste aujourd'hui à une régression en matière de respect et de promotion des femmes. Qu'en est-il de ces droits que nos mères réclamaient à corps et à cris ?
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La déclaration universelle des droits humains de 1948 reconnaît à chacune et à chacun le droit à l'intégrité physique et psychologique.
Pourtant, l'état des lieux de la situation des femmes dans le monde est accablant. En 1995, Koffi Annan, paraphrasant Aragon, proclamait que les femmes sont l'avenir de la planète.
De quel avenir parlait-il ?
Pourtant, l'état des lieux de la situation des femmes dans le monde est accablant. En 1995, Koffi Annan, paraphrasant Aragon, proclamait que les femmes sont l'avenir de la planète.
De quel avenir parlait-il ?
L'état des lieux
Dans les conflits actuels, où la préférence ethnique ou religieuse est au cour des revendications, les femmes sont stigmatisées.
Elles ont été utilisées comme armes de guerre en Bosnie, au Kosovo, en République démocratique du Congo et leur corps a servi de champ de bataille.
Dans les anciennes républiques soviétiques, des femmes sont exploitées sexuellement et condamnées à la prostitution forcée par des réseaux mafieux. Dans certains pays, la charia exclut de facto les femmes et annihile leurs droits les plus élémentaires de femmes et de mères. Lapidées, mutilées, tuées, sous couvert de pratiques culturelles ou religieuses, elles sont aussi les premières victimes de la pauvreté (70 % des populations les plus pauvres dans le monde sont des femmes). Cette paupérisation est directement liée au manque d'accès à l'éducation des filles, qui représentent les deux tiers des enfants non scolarisés dans le monde.
Dans les conflits actuels, où la préférence ethnique ou religieuse est au cour des revendications, les femmes sont stigmatisées.
Elles ont été utilisées comme armes de guerre en Bosnie, au Kosovo, en République démocratique du Congo et leur corps a servi de champ de bataille.
Dans les anciennes républiques soviétiques, des femmes sont exploitées sexuellement et condamnées à la prostitution forcée par des réseaux mafieux. Dans certains pays, la charia exclut de facto les femmes et annihile leurs droits les plus élémentaires de femmes et de mères. Lapidées, mutilées, tuées, sous couvert de pratiques culturelles ou religieuses, elles sont aussi les premières victimes de la pauvreté (70 % des populations les plus pauvres dans le monde sont des femmes). Cette paupérisation est directement liée au manque d'accès à l'éducation des filles, qui représentent les deux tiers des enfants non scolarisés dans le monde.
La situation en France
Si, depuis sa création en 1910, la Journée internationale des femmes est surtout l'occasion de pointer du doigt la condition des femmes dans le reste du monde, cette année, les Françaises se préparent à revendiquer leurs propres droits au nom d'une laïcité qu'elles défendent.
C'est sous ce signe d'ailleurs que s'inscrit la grande manifestation du 6 mars, organisée par le Collectif national pour le droit des femmes. Une manifestation qui rappelle combien, ici comme ailleurs, être une femme n'a rien d'une sinécure.
Si, depuis sa création en 1910, la Journée internationale des femmes est surtout l'occasion de pointer du doigt la condition des femmes dans le reste du monde, cette année, les Françaises se préparent à revendiquer leurs propres droits au nom d'une laïcité qu'elles défendent.
C'est sous ce signe d'ailleurs que s'inscrit la grande manifestation du 6 mars, organisée par le Collectif national pour le droit des femmes. Une manifestation qui rappelle combien, ici comme ailleurs, être une femme n'a rien d'une sinécure.
Les violences conjugales
En France, les violences conjugales n'épargnent personne. Selon une enquête réalisée par le CNDIF (Centre national d'informations sur les droits des femmes) en 2000, 43,9 % des femmes interrogées disent avoir été victimes de violence dans l'année qui a précédé l'enquête. Depuis le décès de l'actrice Marie Trintignant, la société française a pris conscience de l'ampleur des violences domestiques. Un phénomène qui reste la première cause de mortalité chez les femmes : chaque semaine en France, deux femmes meurent sous les coups de leur conjoint.
En France, les violences conjugales n'épargnent personne. Selon une enquête réalisée par le CNDIF (Centre national d'informations sur les droits des femmes) en 2000, 43,9 % des femmes interrogées disent avoir été victimes de violence dans l'année qui a précédé l'enquête. Depuis le décès de l'actrice Marie Trintignant, la société française a pris conscience de l'ampleur des violences domestiques. Un phénomène qui reste la première cause de mortalité chez les femmes : chaque semaine en France, deux femmes meurent sous les coups de leur conjoint.
La situation dans les quartiers
Dans les quartiers, les femmes sont particulièrement touchées. Violences verbales, physiques, harcèlement : au quotidien, elles subissent la dictature des hommes de leur quartier. La marche organisée l'an dernier par le Mouvement des femmes de quartiers a permis de dénoncer le phénomène des tournantes, qui ne sont rien d'autre que des viols collectifs, et la nécessité urgente de libérer la parole pour ces femmes. Leur revendication est claire : le droit à disposer de leur corps. Un corps qui, parce qu'il concentre toutes peurs liées à la virginité, est devenu la propriété des hommes de leur famille, voire de la communauté tout entière.
Pour Fadela Amara, présidente de l'association Ni Putes, Ni Soumises, il faut restaurer la mixité et le respect. Elle estime que nous assistons à une régression des droits et à une surenchère de la violence.
Dans les quartiers, les femmes sont particulièrement touchées. Violences verbales, physiques, harcèlement : au quotidien, elles subissent la dictature des hommes de leur quartier. La marche organisée l'an dernier par le Mouvement des femmes de quartiers a permis de dénoncer le phénomène des tournantes, qui ne sont rien d'autre que des viols collectifs, et la nécessité urgente de libérer la parole pour ces femmes. Leur revendication est claire : le droit à disposer de leur corps. Un corps qui, parce qu'il concentre toutes peurs liées à la virginité, est devenu la propriété des hommes de leur famille, voire de la communauté tout entière.
Pour Fadela Amara, présidente de l'association Ni Putes, Ni Soumises, il faut restaurer la mixité et le respect. Elle estime que nous assistons à une régression des droits et à une surenchère de la violence.
Le silence fait loi
Dans l'éventail des violences que subissent les femmes, il en est une qui, plus que tout autre, est mortelle : le silence. Le silence imposé par les communautés, le silence lié à la honte ressentie par les victimes et, enfin, le silence qui entoure tous ces actes : 48 000 viols sont déclarés en France chaque année, mais combien sont tus ?
Dans l'éventail des violences que subissent les femmes, il en est une qui, plus que tout autre, est mortelle : le silence. Le silence imposé par les communautés, le silence lié à la honte ressentie par les victimes et, enfin, le silence qui entoure tous ces actes : 48 000 viols sont déclarés en France chaque année, mais combien sont tus ?
Les causes ?
Comment expliquer ces stéréotypes sur les femmes, qui ne leur laissent pas d'autres choix que d'être « putes ou soumises », selon le slogan de l'association ?
C'est justement sur ces constructions culturelles et sociales que les associations ont décidé de travailler. Mix Cité, mouvement pour l'égalité, a lancé une campagne qui dénonce le rôle de certains jouets dans la création des comportements sexistes.
L'éducation est un facteur clé de l'égalité. Elle est au cour de l'action des plannings familiaux, qui tentent de restaurer le dialogue filles-garçons, de les amener à se connaître dans les collèges et lycées par des débats autour de la vision de l'autre.
Comment expliquer ces stéréotypes sur les femmes, qui ne leur laissent pas d'autres choix que d'être « putes ou soumises », selon le slogan de l'association ?
C'est justement sur ces constructions culturelles et sociales que les associations ont décidé de travailler. Mix Cité, mouvement pour l'égalité, a lancé une campagne qui dénonce le rôle de certains jouets dans la création des comportements sexistes.
L'éducation est un facteur clé de l'égalité. Elle est au cour de l'action des plannings familiaux, qui tentent de restaurer le dialogue filles-garçons, de les amener à se connaître dans les collèges et lycées par des débats autour de la vision de l'autre.
Les conséquences au travail
Aujourd'hui les femmes ont accès au travail. Pourtant, la différence de traitement entre hommes et femmes subsiste et ce, malgré un arsenal de lois répressives en la matière. Dans son rapport du 8 juin 2001, la commission des droits de la femme et de l'égalité des chances a analysé les différences de salaire en Europe. D'après cette enquête, l'écart de rémunération entre hommes et femmes est toujours de 27 %.
Le fait que les femmes soient moins nombreuses à accéder aux niveaux de rémunération supérieurs et que dans leur progression de carrière elles se heurtent à un obstacle invisible appelé « le plafond de verre » est symptomatique du décalage entre la loi et la pratique. Par ailleurs, il faut souligner qu'elles sont aujourd'hui plus diplômées que les hommes !
Aujourd'hui les femmes ont accès au travail. Pourtant, la différence de traitement entre hommes et femmes subsiste et ce, malgré un arsenal de lois répressives en la matière. Dans son rapport du 8 juin 2001, la commission des droits de la femme et de l'égalité des chances a analysé les différences de salaire en Europe. D'après cette enquête, l'écart de rémunération entre hommes et femmes est toujours de 27 %.
Le fait que les femmes soient moins nombreuses à accéder aux niveaux de rémunération supérieurs et que dans leur progression de carrière elles se heurtent à un obstacle invisible appelé « le plafond de verre » est symptomatique du décalage entre la loi et la pratique. Par ailleurs, il faut souligner qu'elles sont aujourd'hui plus diplômées que les hommes !
Et demain ?
La maîtrise de la maternité n'a pas mis un terme au patriarcat et le combat pour l'égalité risque d'être long. Il implique une prise de conscience de la part des populations, élément clé de l'évolution des mentalités. Un arsenal de lois existe. Il va des injures sexistes à la discrimination au travail. Par ailleurs, un observatoire de la parité a été mis en place. Le rôle de cet organe de surveillance des bons comportements est d'élaborer des politiques publiques en faveur de l'égalité.
La valorisation du rôle des femmes dans notre société est devenue une priorité pour certaines associations comme le Centre d'informations sur les femmes (il en existe 119 en France), qui valorise la promotion économique et sociale des femmes.
La maîtrise de la maternité n'a pas mis un terme au patriarcat et le combat pour l'égalité risque d'être long. Il implique une prise de conscience de la part des populations, élément clé de l'évolution des mentalités. Un arsenal de lois existe. Il va des injures sexistes à la discrimination au travail. Par ailleurs, un observatoire de la parité a été mis en place. Le rôle de cet organe de surveillance des bons comportements est d'élaborer des politiques publiques en faveur de l'égalité.
La valorisation du rôle des femmes dans notre société est devenue une priorité pour certaines associations comme le Centre d'informations sur les femmes (il en existe 119 en France), qui valorise la promotion économique et sociale des femmes.
Combatives plus que victimes
Reste que, bien qu'elles soient souvent victimes, les femmes n'en restent pas moins combatives. A l'instar des Mères de la place de Mai en Argentine ou des mouvements des Femmes en noir, elles sont de véritables « faiseuses de paix ». Et, si la parole ne leur est pas donnée, on peut compter sur elles pour la prendre !
Reste que, bien qu'elles soient souvent victimes, les femmes n'en restent pas moins combatives. A l'instar des Mères de la place de Mai en Argentine ou des mouvements des Femmes en noir, elles sont de véritables « faiseuses de paix ». Et, si la parole ne leur est pas donnée, on peut compter sur elles pour la prendre !
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