Déborah Levy | |
Carole Diamant :« La carte scolaire reproduit les inégalités sociales »
Professeur de philosophie au lycée Auguste Blanqui de Saint-Ouen, Carole Diamant a participé, dès le début, à l'élaboration de la « Convention Education prioritaire », dispositif créé il y a cinq ans pour permettre aux élèves de lycées « des quartiers sensibles » d'intégrer Sciences Po. Elle est également l'auteur d'un ouvrage intitulé « Ecole, terrain miné », paru chez Liana Lévi. L'école : outil de promotion de l'égalité des chances ? Eléments de réponse.
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Pour vous, l'école, l'université sont-elles des outils d'« intégration » ou des lieux de discrimination ?
Carole Diamant : Ce sont évidemment des lieux de discrimination en raison de la « carte scolaire ». De nombreux lycées se trouvent au pied des cités, et les enfants n'ont, dès lors, pas la possibilité de sortir de leur cadre de vie. Ce système multiplie, duplique et réplique les discriminations sociales. Dans nos sociétés, il y a un lien, de fait, entre les discriminations sociales et les discriminations d'origine. Ceux qui habitent les quartiers défavorisés, sont, dans la plupart des cas, des enfants d'immigrés et encore souvent considérés comme des immigrés eux-mêmes. Mais l'école est malgré tout, et absolument, un lieu d'intégration, grâce à la culture, le savoir, la connaissance et l'échange quand ils y sont permis. C'est même, pour certains enfants, le seul lieu d'intégration sociale possible.
Carole Diamant : Ce sont évidemment des lieux de discrimination en raison de la « carte scolaire ». De nombreux lycées se trouvent au pied des cités, et les enfants n'ont, dès lors, pas la possibilité de sortir de leur cadre de vie. Ce système multiplie, duplique et réplique les discriminations sociales. Dans nos sociétés, il y a un lien, de fait, entre les discriminations sociales et les discriminations d'origine. Ceux qui habitent les quartiers défavorisés, sont, dans la plupart des cas, des enfants d'immigrés et encore souvent considérés comme des immigrés eux-mêmes. Mais l'école est malgré tout, et absolument, un lieu d'intégration, grâce à la culture, le savoir, la connaissance et l'échange quand ils y sont permis. C'est même, pour certains enfants, le seul lieu d'intégration sociale possible.
L'école peut-elle servir à l'avènement de l'égalité des chances ?
Carole Diamant : S'il n'y avait pas l'école, ce serait infiniment pire. L'école doit, certes, jouer un rôle primordial dans la promotion de l'égalité des chances, mais ne peut pas, seule, en assurer l'avènement. Il est pourtant vrai que dans notre société, l'école ne remplit pas sa fonction première, et en particulier sa fonction républicaine d'égalité. Les établissements sont débordés : le nombre d'élèves augmente et nous manquons de moyens. Mais au-delà de cela, l'école doit développer la reconnaissance de l'autre. Aujourd'hui c'est une réalité, l'école est pluriculturelle. On ne peut demeurer ignorant ou indifférent à l'égard de toutes les cultures qui s'y trouvent représentées. On ne peut pas continuer d'enseigner à des enfants dont on ignore l'histoire.
Carole Diamant : S'il n'y avait pas l'école, ce serait infiniment pire. L'école doit, certes, jouer un rôle primordial dans la promotion de l'égalité des chances, mais ne peut pas, seule, en assurer l'avènement. Il est pourtant vrai que dans notre société, l'école ne remplit pas sa fonction première, et en particulier sa fonction républicaine d'égalité. Les établissements sont débordés : le nombre d'élèves augmente et nous manquons de moyens. Mais au-delà de cela, l'école doit développer la reconnaissance de l'autre. Aujourd'hui c'est une réalité, l'école est pluriculturelle. On ne peut demeurer ignorant ou indifférent à l'égard de toutes les cultures qui s'y trouvent représentées. On ne peut pas continuer d'enseigner à des enfants dont on ignore l'histoire.
Que manque-t-il dans notre société pour que l'école soit un vecteur de l'égalité des chances ?
Carole Diamant : Une de mes élèves avait suggéré de « raser les cités ». Je n'ai pas cette « spontanéité », mais tant que les lycées seront au pied des cités, je ne vois pas comment faire. Toutefois il y a aussi des risques inhérents à l'abandon de la carte scolaire. Sans ce système, les meilleurs élèves iraient dans les meilleurs établissements et les lycées de la périphérie seraient encore plus ghettoïsés. Or il faut savoir que nous avons aussi de très bons éléments dans nos établissements, et dans certains lycées de banlieues, nous avons créé des classes préparatoires : un excellent moyen de conserver les meilleurs élèves et de créer une dynamique de travail.
Carole Diamant : Une de mes élèves avait suggéré de « raser les cités ». Je n'ai pas cette « spontanéité », mais tant que les lycées seront au pied des cités, je ne vois pas comment faire. Toutefois il y a aussi des risques inhérents à l'abandon de la carte scolaire. Sans ce système, les meilleurs élèves iraient dans les meilleurs établissements et les lycées de la périphérie seraient encore plus ghettoïsés. Or il faut savoir que nous avons aussi de très bons éléments dans nos établissements, et dans certains lycées de banlieues, nous avons créé des classes préparatoires : un excellent moyen de conserver les meilleurs élèves et de créer une dynamique de travail.
Que diriez-vous aux jeunes internautes ?
Carole Diamant : Quelle que soit cette école, c'est la voie du salut. Pendant les violences urbaines, les enfants étaient à l'école le matin, même s'ils manifestaient toute la nuit. Il y a eu très peu de violence contre l'école. Les enfants et les jeunes ne se sont pas trompés de cible. Ils ont bien compris que le vecteur, le passeur, c'est quand même l'école, mais il faut que l'école s'ajuste. Je suis contre une politique des quotas, mais la République doit reconnaître et rectifier les erreurs qu'elle a elle-même générées.
Carole Diamant : Quelle que soit cette école, c'est la voie du salut. Pendant les violences urbaines, les enfants étaient à l'école le matin, même s'ils manifestaient toute la nuit. Il y a eu très peu de violence contre l'école. Les enfants et les jeunes ne se sont pas trompés de cible. Ils ont bien compris que le vecteur, le passeur, c'est quand même l'école, mais il faut que l'école s'ajuste. Je suis contre une politique des quotas, mais la République doit reconnaître et rectifier les erreurs qu'elle a elle-même générées.
Crédit photos : Benjamin Horvais
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