Juliette Viatte | |
Quel avenir pour les droits de l'Homme ?
Le 10 décembre 1948, les 58 Etats Membres qui constituaient l’Assemblée générale des Nations Unies adoptaient la Déclaration universelle des droits de l’Homme à Paris au Palais de Chaillot. Alors qu’on s’apprête aujourd’hui à célébrer son soixantième anniversaire, la peine de mort ou la torture, les violences faites aux femmes, l’implication d’enfants dans des conflits armés, ou encore le terrorisme restent le quotidien de millions d’êtres humains. Pourtant de nombreuses associations se mobilisent pour faire reconnaître ces droits et protéger les victimes.
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Abolir la peine de mort et dénoncer la torture
Si la France a aboli la peine de mort depuis plus de 25 ans, le 9 octobre 1981, ce n'est que tout récemment, en octobre 2007, que l'Assemblée nationale ratifiait, sans modification et en première lecture, les deux protocoles abolissant cette pratique « en toutes circonstances », soit également en temps de guerre.
Dans le monde, l'année 2007 a été marquée par l'abolition de la peine capitale dans de nombreux Etats (Ouzbékistan, Gabon, New Jersey...). Selon le rapport publié par Amnesty International, 99 pays ont aboli la peine de mort en 2006, ce qui représente une avancée notable. Pourtant 69 pays la pratiquent toujours aujourd'hui. 3 861 personnes ont été officiellement condamnées à mort cette même année, 20 000 attendent d'être tuées et 1591 ont été exécutées.
Le cas de la Chine est particulièrement inquiétant. Alors qu'elle s'apprête à accueillir les Jeux Olympiques en août prochain, la peine capitale y est encore applicable pour 68 crimes et délits, y compris des infractions non-violentes telles que la corruption, le vol de bétail ou la fraude fiscale. Profitant de cette fenêtre ouverte sur le monde, neuf associations françaises et internationales, rejointes par des associations très diverses, créent le Collectif Chine JO 2008 . Son objectif : attirer l'attention de l'opinion mondiale sur les avancées nécessaires dans le domaine des droits de l'Homme. « En 2001, le gouvernement Chinois avait promis des avancées notables en matière de droits humains. Sept ans plus tard et à seulement 6 mois des JO, les avancées sont toujours attendues... », lit-on pourtant encore sur le site Internet de l'association Ensemble Contre la Peine de Mort.
Dans le monde, l'année 2007 a été marquée par l'abolition de la peine capitale dans de nombreux Etats (Ouzbékistan, Gabon, New Jersey...). Selon le rapport publié par Amnesty International, 99 pays ont aboli la peine de mort en 2006, ce qui représente une avancée notable. Pourtant 69 pays la pratiquent toujours aujourd'hui. 3 861 personnes ont été officiellement condamnées à mort cette même année, 20 000 attendent d'être tuées et 1591 ont été exécutées.
Le cas de la Chine est particulièrement inquiétant. Alors qu'elle s'apprête à accueillir les Jeux Olympiques en août prochain, la peine capitale y est encore applicable pour 68 crimes et délits, y compris des infractions non-violentes telles que la corruption, le vol de bétail ou la fraude fiscale. Profitant de cette fenêtre ouverte sur le monde, neuf associations françaises et internationales, rejointes par des associations très diverses, créent le Collectif Chine JO 2008 . Son objectif : attirer l'attention de l'opinion mondiale sur les avancées nécessaires dans le domaine des droits de l'Homme. « En 2001, le gouvernement Chinois avait promis des avancées notables en matière de droits humains. Sept ans plus tard et à seulement 6 mois des JO, les avancées sont toujours attendues... », lit-on pourtant encore sur le site Internet de l'association Ensemble Contre la Peine de Mort.
Lutter contre la violence faite aux femmes
Sociales, familiales, sexuelles, voire utilisées comme armes de guerre, les violences faites aux femmes sont nombreuses. Malgré la ratification en 1979 par l'Assemblée générale des Nations Unies, d'une Convention sur l'élimination de toutes les formes de discrimination à l'égard des femmes (CEDAW), ces violences continuent.
Au Burundi par exemple, Médecins sans Frontières enregistrait entre 2004 et 2006, pendant la guerre civile, 1346 cas de viols ou violences sexuelles, soit 26 par semaine. En République Démocratique du Congo, ces violences se sont banalisées et se développent dans tout le pays, les criminels bénéficiant d'une étrange impunité. « Le gouvernement congolais avait fait un pas en adoptant, il y a plus d'un an, deux lois sur la répression des violences sexuelles, mais elles restent à ce jour inappliquées », confirme un rapport publié par la FIDH (Fédération Internationale des Ligues des Droits de l'Homme) en novembre 2007. Pourtant des femmes se mobilisent, notamment dans le Maghreb et le Moyen-Orient, et mènent des actions de sensibilisation tant au niveau régional que national pour soutenir les victimes, apporter des soins médicaux et psychologiques, favoriser leur réinsertion dans la société.
D'autres associations comme Avocats sans Frontière développent des programmes d'accompagnement pour aider à la reconstruction juridique des pays en difficulté. Elles luttent ainsi contre l'impunité, oeuvrent en faveur du droit au procès équitable et contribuent au renforcement de l'État de droit.
Au Burundi par exemple, Médecins sans Frontières enregistrait entre 2004 et 2006, pendant la guerre civile, 1346 cas de viols ou violences sexuelles, soit 26 par semaine. En République Démocratique du Congo, ces violences se sont banalisées et se développent dans tout le pays, les criminels bénéficiant d'une étrange impunité. « Le gouvernement congolais avait fait un pas en adoptant, il y a plus d'un an, deux lois sur la répression des violences sexuelles, mais elles restent à ce jour inappliquées », confirme un rapport publié par la FIDH (Fédération Internationale des Ligues des Droits de l'Homme) en novembre 2007. Pourtant des femmes se mobilisent, notamment dans le Maghreb et le Moyen-Orient, et mènent des actions de sensibilisation tant au niveau régional que national pour soutenir les victimes, apporter des soins médicaux et psychologiques, favoriser leur réinsertion dans la société.
D'autres associations comme Avocats sans Frontière développent des programmes d'accompagnement pour aider à la reconstruction juridique des pays en difficulté. Elles luttent ainsi contre l'impunité, oeuvrent en faveur du droit au procès équitable et contribuent au renforcement de l'État de droit.
Protéger les enfants
« Chaque jour, plus de 26 000 enfants de moins de 5 ans meurent dans le monde, de causes qui pour la plupart auraient pu être prévenues », estime l'Unicef dans son rapport 2008 relatif au droit de l'enfant. Malnutrition, maladies, blessures... les causes sont nombreuses. Même s'il reste beaucoup à faire, les mesures internationales et l'action des ONG commencent à porter leurs fruits. En 2006 pour la première fois, on notait une baisse de la mortalité de l'enfant de moins de 5 ans de 60 %.
Protéger l'enfant, c'est aussi lui épargner toutes formes de violence. En 1989, 191 pays ratifiaient la Convention internationale des droits de l'enfant, premier texte visant à bannir le recours aux enfants soldats. Pourtant cette convention s'adresse aux Etats, ce qui laisse la faculté aux groupes armés non étatiques d'enrôler les enfants selon leur bon vouloir. « On estime actuellement à 250 000 le nombre d'enfants utilisés par les groupes et les forces armés à travers le monde », écrivent Manuel Fontaine, conseiller « protection de l'enfance » à l'Unicef et Henri Leblanc, chargé de programmes à l'Unicef France. Pour combattre ce fléau, l'Unicef s'engage activement en finançant des programmes dédiés à la prise en charge des enfants associés à des entités armées. C'est ainsi qu'en République Centrafricaine, 450 enfants ont été relâchés grâce à la signature d'un accord entre l'association, le gouvernement et l'un des groupes armés.
Protéger l'enfant, c'est aussi lui épargner toutes formes de violence. En 1989, 191 pays ratifiaient la Convention internationale des droits de l'enfant, premier texte visant à bannir le recours aux enfants soldats. Pourtant cette convention s'adresse aux Etats, ce qui laisse la faculté aux groupes armés non étatiques d'enrôler les enfants selon leur bon vouloir. « On estime actuellement à 250 000 le nombre d'enfants utilisés par les groupes et les forces armés à travers le monde », écrivent Manuel Fontaine, conseiller « protection de l'enfance » à l'Unicef et Henri Leblanc, chargé de programmes à l'Unicef France. Pour combattre ce fléau, l'Unicef s'engage activement en finançant des programmes dédiés à la prise en charge des enfants associés à des entités armées. C'est ainsi qu'en République Centrafricaine, 450 enfants ont été relâchés grâce à la signature d'un accord entre l'association, le gouvernement et l'un des groupes armés.
En France aussi, les Droits de l'Homme doivent être respectés
Si la France apparaît pour beaucoup comme la « patrie des droits humains », elle est encore loin de tous les respecter. Droits au logement, au travail, à l'éducation ou à la culture, respect du droit d'asile ou lutte contre la pauvreté ... Chaque année, le 17 octobre, l'association ATD Quart Monde participe à la Journée mondiale du refus de la misère. Une occasion de rappeler que l'extrême pauvreté existe aussi en France et que la vigilance des citoyens reste fondamentale pour protéger les plus démunis.
Crédit photos :
Amnesty International
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