Anne-Laure Murier

Santé, un secteur d'avenir

Selon les prévisions du ministère de l'Emploi, plus de 200 000 postes d'infirmiers et sages-femmes seront à pourvoir d'ici 2015, ce qui implique un renouvellement annuel avoisinant 5%. Pas plus, médecins, kinés ou techniciens de laboratoires ne connaîtront la crise. Les associations le confirment : en France et à l'étranger, médicaux et paramédicaux sont appelés à la rescousse.
Santé, un secteur d'avenir
2 orthophonistes, 1 médecin de rééducation fonctionnelle, 1 chef de service paramédical, soit 3 postes en CDI : avec ses 269 services et établissements pour enfants et adultes, l’Association des Paralysés de France (APF) recrute des professionnels de santé tous azimuts ! En ce début d’été 2006, la Croix-Rouge s’affiche aussi « en quête de compétences ». Médecin cardiologue, généraliste, chirurgien-dentiste, cadre infirmier, ses 559 établissements ne requièrent pas moins de 74 médicaux et paramédicaux. Idem du côté de Médecins sans Frontières (MSF), dont les volontaires sont composés pour un grand tiers de médecins et autant de paramédicaux, ou encore pour Handicap International, qui propose de rejoindre ses équipes du siège ou du terrain.

Une pénurie de tous les professionnels

Si « le monde associatif peut être un gisement de nouveaux emplois », pointait le ministre de la Jeunesse, des Sports et de la Vie associative Jean-François Lamour fin 2005, en présentant son plan de lutte contre le chômage par des contrats aidés, c’est tout le marché de l’emploi qui s’enfièvre pour les profils de la santé. La pénurie d’infirmières est telle que les hôpitaux sont obligés de recruter hors de France. Les kinésithérapeutes représentent un autre gros bataillon d’embauches, y compris chez MSF où les missions chirurgicales se multiplient et intègrent la rééducation fonctionnelle. Les ergothérapeutes manquent aussi, dans les centres de personnes handicapées et les maisons de retraite. Même constat pour les prothésistes dentaire et auditif, les techniciens, les manipulateurs d’électroradiologie médicale, les ambulanciers... Bref, qu’il s’agisse des soins, de la rééducation ou de l’appareillage médical et technique, pas un métier n’est épargné par cet inventaire en creux.
Est-ce à dire que les carrières médicales et paramédicales sont désertées ? L’explication de l’anémie, actuelle et future, est plutôt à chercher sur les courbes de la démographie. Bien que le nombre de médecins (203 000 en 2004) n’ait jamais été aussi élevé en France, les effectifs vont commencer à chuter à partir de 2007-2008, le nombre de départs en retraite  supplantant celui des nouveaux diplômés. Certaines spécialités sont particulièrement touchées, comme l’anesthésie réanimation, la médecine interne ou la chirurgie, dans lesquelles plus de 30% des praticiens ont dépassé 55 ans. Pour [Afin de] prévenir un potentiel goulot d’étranglement pour accéder aux soins, le numerus clausus (plafonnant les passages en deuxième année de médecine) a été quasiment doublé depuis 2002 (7 000 en 2006).

Anticiper la demande croissante de soins

« Il faut agir dès maintenant », analyse le président de l’Observatoire national de la démographie des professions de santé, le Pr.Yvon Berland. « Cette évolution à la baisse va se produire alors que la demande de soins va augmenter avec le vieillissement de la population. » Le plan solidarité grand âge, dévoilé fin juin, donne une mesure des besoins à venir. Pour « donner aux personnes âgées dépendantes le libre choix de rester chez elles », le ministre délégué aux personnes âgées, Philippe Bas, prévoit la création de « 7 000 places d’hospitalisation  à domicile d’ici 2010, nécessitant l’augmentation  de « 40% en 5 ans » du nombre de places de soins infirmiers. Autres donnes de ce plan quinquennal : développer la médecine gériatrique à l’hôpital, accentuer la recherche et la prévention des pathologies du grand âge.
 « La gériatrie est un de nos axes de développement d’ici 2010, au Liban comme dans les pays du Maghreb », confirme Marvonne de Backer, responsable du pôle santé, soins et réadaptation à Handicap International. « Plus généralement, la prévention est appelée à se développer. Dans certains pays émergents, le diabète devient catastrophique : il provoque toutes les 30 secondes l’amputation d’une personne ! » Certes, la corpulence peut être un faire-valoir social en Inde ; certes, la pauvreté conduit les Philippins à remplacer la viande par du gras animal. Mais des programmes éducatifs peuvent modifier ce mode de vie. D’où l’appel accrû à des cadres de santé, à côté des spécialistes médicaux et paramédicaux : diplômés en sciences sociales ou santé publique, paramédicaux se formant par la suite, l’expérience est déterminante dans les deux cas.  C’est un leitmotiv dans la plupart des ONG. « Infirmiers et infirmières de blocs, techniciens de laboratoires, pharmaciens : en missions sur le terrain, il s’agit autant de mettre en place des programmes, de former à travers son expertise, que d’exercer ses compétences soi-même », rebondit-on à MSF. De même, les postes de coordination au siège exigent une grande connaissance de terrain. »

Les associations, des professionnels du recrutement

Une carrière dans la santé vous tente ? Les professions médicales - chirurgien-dentiste, médecin, pharmacien et sage-femme - requièrent de 4 à 10 ans d’études. Quant aux professions paramédicales, elles couvrent 14 professions, d’auxiliaire de puériculture à orthophoniste, après 1 à 4 ans d’études. Et les associations sont une bonne école, mais aussi de meilleurs employeurs qu’on ne pourrait le croire. « En nous rejoignant, vous développerez vos compétences », plaide La Croix-Rouge, rappelant son engagement, son éthique et ses solutions innovantes « au coeur des enjeux de société ». Formation, parcours personnalisé, évolution professionnelle, mais aussi conditions matérielles attractives : les expatriés peuvent dorénavant prétendre au statut de salarié, après un an de volontariat à MSF, voire dès l’embauche à Handicap International ; globalement, les rémunérations décollent. Une vraie politique de ressources humaines, pour fidéliser des ressources humaines précieuses.

Crédit photos : Fondation Raoul Follereau

Espace offert par Microsoft

Sondage

  1. Quel problème écologique inquiète le plus les jeunes ?

Votez pour voir les résultats

Cliquez ici pour voir les réponses sans voter

  1. Quel problème écologique inquiète le plus les jeunes ?
    1. La pollution marine
      30%
    2. Le réchauffement climatique
      18%
    3. La déforestation
      34%
    4. La pollution de l'air
      18%
38116 réponses, Ceci n'est pas un sondage validé scientifiquement, résultats mis à jour toutes les minutes.
MSN Actions Solidaires, une initiative Microsoft Unlimited Potential