Jean-Claude Mairal : du nord au sud, le tourisme responsable
Depuis près de dix ans, Jean-Claude Mairal, élu politique auvergnat affilié au PCF, se passionne pour les questions de tourisme responsable et solidaire.
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A la fois vice-président du Conseil régional d’Auvergne et président du "groupe tourisme responsable" de Cités Unies France (CUF), il nous parle de l’action des collectivités pour soutenir les pays en développement qui font le choix d’une approche touristique raisonnée et respectueuse du territoire.
Jean Claude Mairal, 62 ans, connaît bien les problèmes de développement territorial étant lui-même originaire du Massif Central, une région qui a beaucoup souffert de l’émigration par le passé. A ce propos, il cite souvent l’exemple de l’Aveyron : "il y a 50 ans c’était une région en désespérance. Mais grâce aux potentialités locales, notamment la viande d’Aubrac, et au développement de l’agrotourisme, qui a vu la création de nombreux gîtes, le territoire a progressivement regagné en population et en dynamisme". C’est cet exemple qui l’a ensuite conduit à penser : "pourquoi ne pas faire dans les pays du Sud, ce qui a été possible en Auvergne? ".
En 1998, après une carrière longue de 20 ans passée dans les conseils généraux et régionaux, Jean Claude Mairal s’intéresse à la coopération décentralisée, ces partenariats menés entre collectivités locales françaises et étrangères sur différents types de projets (humanitaires, développement, échanges culturels, etc.). C’est alors qu’il fait le lien entre son expérience du tourisme rural en Auvergne et la possibilité d’engager cette même dynamique dans les pays en développement, les plus touchés par l’exode rural et l’émigration.
Le Conseil régional d’Auvergne conduit à ce jour deux projets de coopération décentralisée axés sur le tourisme solidaire et villageois dans la région de Tombouctou, au Mali, et à Madagascar. Dans les deux cas, précise J.C Mairal, la démarche a été initiée à la demande des autorités africaines locales et vise à la réalisation d’un schéma régional de développement touristique.
Qu’est ce que cela signifie ? "Qu’il faut s’appuyer sur tous les acteurs du territoire : élus, paysans, artisans, commerçants, pour développer une offre touristique de qualité qui soit génératrice d’emplois, de revenus et de mieux être social pour les habitants de la zone concernée". Il ne s’agit pas d’une démarche humanitaire, insiste l’élu, mais d’un vrai projet de développement mené entre deux territoires partenaires. "C’est un processus long qui repose sur le soutien des autorités, la formation des populations aux métiers touristiques, la création d’infrastructures et de services pour le logement et l’accès aux soins, la mise en valeur des sites et patrimoines culturels et historiques … Il y a un vrai engagement politique et un modèle économique derrière tout ça".
Pour J.C Mairal, le tourisme responsable est une clé d’entrée, parmi d’autres bien sûr, qui permettra aux pays les plus pauvres de rentrer dans des démarches de développement pérenne. Mais il insiste également sur le fait qu’il est nécessaire que ce tourisme ne soit pas enfermé dans une niche réservée. Au contraire, "c’est le tourisme de masse qui doit devenir plus responsable. Et pour ce faire, tout le monde doit y avoir accès. C’est pourquoi, nous cherchons à impliquer, ici au Nord, des voyagistes, mais aussi des comités d’entreprises qui souhaitent pouvoir proposer des voyages solidaires à leurs employés … ".
C’est pourquoi Jean Claude Mairal a pris la tête du "groupe tourisme responsable" de Cités Unies France (CUF), dont les objectifs sont d’échanger et de réfléchir entre collectivités du Nord et du Sud sur les moyens de promouvoir et d’assurer au mieux cette nouvelle approche de développement.
Magdeleine Walger - Agence d’informations Reporters d’espoirs - Juin 2009
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