Hacène Ouffar, Journaliste, La Maison des Journalistes*

Quelles solutions pour sauver la planète ?

Le développement durable se présente de plus en plus comme une réponse à la problématique environnementale. Mais pour aboutir,  ce concept  exige l'implication du plus grand nombre de citoyens.  Notamment  celle des plus jeunes qui, demain, présideront, aux destinées d'un monde  de plus en plus  fragile. Ce sont ces « énergies futures »  qu'ont tenté et tentent encore de sensibiliser et mobiliser les  institutions et les associations en charge de ce dossier  complexe. De nombreuses initiatives qui relèvent essentiellement du domaine de la pédagogie et de la communication. Exemples ?
Quelles solutions pour sauver la planète ?
Mars 2004, une directive ministérielle oblige tous les établissements scolaires à « mettre en place une Education à l'Environnement et au Développement Durable (EEDD) ». C'est le début d'une série d'actions qui invitent les plus jeunes à toucher du doigt un thème devenu depuis longtemps récurrent. Ainsi, écoliers, collégiens et  lycéens sont appelés à proposer des solutions sur les sujets liés à la sauvegarde d'une planète en péril. Et cette phase n'est pas vaine puisque trois ans après, en automne 2007, ces jeunes seront à l'instar de leurs aînés,  partie prenante du « Grenelle de l'Environnement ». En effet, c'est  de cet événement  que découle la formule « l'Ecole agit » lancée le 27 septembre de la même année par le Ministère de tutelle.
 
Sous forme d'un appel à projets, l'idée des responsables du secteur de l'Education visait à susciter des « vocations vertes » dans divers établissements du pays. Les classes ou les groupes de classes volontaires ont eu alors à traiter, selon leurs choix, un ou plusieurs des six thèmes contenus dans le « Grenelle de l'Environnement ».  Avec des contributions écrites, les participants devaient soumettre le fruit de leurs réflexions au comité dit de pilotage académique pour l'éducation au développement durable.  Aujourd'hui, cette campagne touche à sa fin. Le 19 juin, un jury composé de personnalités reconnues aura à sélectionner une quinzaine des plus pertinentes productions. 
 
L'office français de la Fondation pour l'Education à l'Environnement en Europe (of-FEEE) a une inspiration presque similaire. A la différence qu'en plus des élèves, l'of-FEEE sollicite également les jeunes qui « se trouvent en dehors de la sphère scolaire comme les clubs, les quartiers ou encore les centres de détention ». Par le biais de son programme intitulé « Jeunes Reporters pour l'Environnement » (JRE), il incite  les filles et les garçons de 11 à 20 ans à réaliser des enquêtes journalistiques portant sur la problématique de l'environnement. Un large succès pour ce programme qui est  aujourd'hui à sa 14eme édition. Lancé en 1994 avec seulement le concours de cinq pays participants, il est aujourd'hui développé dans 17 pays. Selon ses initiateurs, « Rien qu'en 2005, près de 12 000  Jeunes Reporters  se sont investis dans plus de 500 projets de reportage ». Depuis, chaque année des centaines d'articles sont produits et partagés par la communauté internationale sur de nombreux sujets tels la désertification, la pollution de l'eau, les risques naturels majeurs, le recyclage, le transport, la protection de la nature, les OGM, les pesticides...
 
Le succès est encore plus retentissant  lorsque plusieurs acteurs conjuguent leurs efforts dans une même campagne de sensibilisation. Le meilleur exemple est sans doute celui qui a réuni  en mai 2005,  l'Agence de l'Environnement et de la Maîtrise de l'Energie (ADEME) et la Fondation-Nicolas-Hulot dans un programme commun appelé Défi pour la Terre.
 
A cette date, les « deux institutions protectrice de l'environnement » lancent  deux concours auprès des écoles : le concours Chantons le Défi pour la Terre destiné aux  écoles primaires et les 24h00 du Défi pour la Terre auprès des étudiants. Deux années après, entre le 18 octobre 2007 et le 18 février 2007, 110 équipes se sont inscrites au concours. 80 actions de terrain réparties sur 21 régions, ont été organisées durant le mois de mars pour sensibiliser le plus grand nombre aux problématiques environnementales et relayer les messages du Défi pour la Terre. Plus de 20 000 engagements dans le Défi pour la Terre ont été récoltés.
 
Une prouesse. Aucun doute que l'information et la sensibilisation du public soient des « conditions essentielles à la  réussite des politiques en matière d'environnement ». Aussi préconise-t-on des campagnes de communication de grande ampleur. Seules à même de  faire évoluer les mentalités, les comportements et les actes. Changer l'homme en somme. Notamment celui du futur.
 
Crédit photo : libre de droit
* La Maison des journalistes est un lieu où les journalistes contraints de fuir leur pays peuvent trouver un toit, une chambre et une ambiance de travail. La Maison des journalistes héberge trente journalistes par an. L'association met à leur disposition une chambre, un bon d'achat alimentaire et la possibilité de pratiquer leur métier à travers le journal en ligne de la MDJ, l'Oeil de l'exilé .

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