Violaine de Marsangy | |
Jeunes migrants, quel avenir ?
Isolés ou en famille, les jeunes migrants arrivés sur le territoire français de façon irrégulière vivent en situation précaire. Selon le ministère de l’intérieur, ils étaient 1276 a être maintenus en zone d’attente à Roissy en 2004, dont 860 mineurs isolés. Seuls 165 mineurs ont été admis sur le territoire. Des associations leur viennent en aide pour régulariser la situation de leurs parents ou pour bâtir avec eux un projet de vie.
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Qui sont-ils ?
« Il est difficile de dresser le portrait type d’un jeune migrant mineur. Ils ont tous une histoire bien particulière et les flux changent avec les années et les accords politiques signés entre les pays » explique Jean-Claude Nicolle, directeur du Lieu d’Accueil et d’Orientation (LAO) de la Croix Rouge Française, situé à Taverny. Les Chinois, par exemple, très présents il y a quelques années, ne sont plus là aujourd’hui. Actuellement, arrivent des femmes africaines avec leurs enfants (du Congo, Ethiopie, Guinée, Nigeria, Liberia, Angola…) et des jeunes du Moyen Orient (du Kurdistan irakien, Cachemire, Pakistan, Afghanistan, Pendjab…). Le centre de Taverny accueille des Mineurs Isolés Etrangers (MIE) « interceptés » à Roissy sans visa après leur arrivée sur un vol long courrier. Certains sont très jeunes (6 ans), d’autres sont des adolescents quasiment majeurs. Ils se décident à partir en exil du jour au lendemain ou bien ont attendu des années dans leur pays avant d’avoir mis de côté l’argent nécessaire pour le voyage. Ils sont parfois envoyés en éclaireur par leur famille, d’autres fuient la guerre. Leur seul point commun : ils ont tous vécu le traumatisme de la séparation.
De quoi ont-ils besoin ?
En France, un enfant mineur n’est pas soumis à la réglementation du séjour (sauf cas exceptionnel où il souhaite travailler). En d’autres termes, il n’a pas besoin de papiers. Néanmoins, sa situation demeure très précaire à partir du moment où il est entré de façon irrégulière. Dès sa majorité, il deviendra « sans papiers ». D’autre part, s’il n’est pas arrivé seul, ses parents, eux, sont illégaux et donc menacés à tout instant d’expulsion. « Les mineurs subissent l’illégalité de leurs parents » explique Jérôme Martinez, Délégué Régional Ile de France de la Cimade. « Leur principal besoin est donc l’existence légale des parents » poursuit-il. Le Réseau Education Sans Frontière (RESF), créé en juin 2004, regroupe des parents d’élèves, des enseignants et des associations. Il soutient, par le biais de parrainages, les jeunes scolarisés dont la famille vit en France de façon irrégulière. Si les besoins essentiels sont d'ordre juridique et administratif afin d’obtenir la régularisation, les jeunes migrants sont souvent à la rue et peuvent avoir des soucis de santé. Dans son centre d'accueil en région parisienne, l’association Enfants du Monde - Droits de l'Homme les protège, leur offre un hébergement d'urgence, leur apporte un suivi médical et leur propose des activités éducatives et récréatives.
Quel avenir peuvent-ils espérer ?
L'objectif primordial des associations est de les écarter des réseaux mafieux et de les aider à vivre leur enfance et leur adolescence en paix. La démarche est de les mettre en confiance, de ne pas les brusquer. Il n’est pas possible, ni nécessaire de connaître la vérité de leur histoire, « le plus important pour nous est de leur donner les capacités de rebondir, qu’ils restent en France ou qu’ils rentrent chez eux. Nous tentons de construire un projet de vie avec chacun d’entre eux » explique Jean-Claude Nicolle du centre d’orientation de Taverny. Concrètement, trois possibilités s’offrent à un jeune mineur arrivé irrégulièrement sur le territoire français : le retour au pays si sa vie sur place n’est pas en danger ; la réunification familiale si il a de la famille présente dans l’espace Schengen et qu’elle est prête à l’accueillir ; enfin la dernière option est celle du placement dans un établissement de l’enfance. Ainsi le jeune migrant régularise son niveau scolaire, il peut apprendre le français et se former à un nouveau métier. Les jeunes sont en général très motivés. Ils considèrent le placement comme une chance qu’ils ne gâchent pas et apprennent très vite.
Le droit d'asile ?
Parmi les mineurs isolés étrangers qui arrivent en France, beaucoup sont des demandeurs d'asile. Leur arrivée croissante depuis 1997 a conduit France Terre d'Asile à ouvrir en janvier 2004 une plate-forme de jour réservée à ces jeunes souvent en grande souffrance morale ou physique. L'association les accompagne ainsi dans leurs démarches et les soutient par une écoute, un signalement auprès des autorités compétentes et un hébergement d'urgence si nécessaire. Enfin, pour tous, se pose le problème de l'intégration. Des cours de français et des formations sont dispensés via les associations mais l'intégration reste en grande partie une démarche personnelle pour les étrangers qui partent s’installer en dehors de chez eux.
Crédit photos : Croix Rouge française et Benjamain Horvais
« Il est difficile de dresser le portrait type d’un jeune migrant mineur. Ils ont tous une histoire bien particulière et les flux changent avec les années et les accords politiques signés entre les pays » explique Jean-Claude Nicolle, directeur du Lieu d’Accueil et d’Orientation (LAO) de la Croix Rouge Française, situé à Taverny. Les Chinois, par exemple, très présents il y a quelques années, ne sont plus là aujourd’hui. Actuellement, arrivent des femmes africaines avec leurs enfants (du Congo, Ethiopie, Guinée, Nigeria, Liberia, Angola…) et des jeunes du Moyen Orient (du Kurdistan irakien, Cachemire, Pakistan, Afghanistan, Pendjab…). Le centre de Taverny accueille des Mineurs Isolés Etrangers (MIE) « interceptés » à Roissy sans visa après leur arrivée sur un vol long courrier. Certains sont très jeunes (6 ans), d’autres sont des adolescents quasiment majeurs. Ils se décident à partir en exil du jour au lendemain ou bien ont attendu des années dans leur pays avant d’avoir mis de côté l’argent nécessaire pour le voyage. Ils sont parfois envoyés en éclaireur par leur famille, d’autres fuient la guerre. Leur seul point commun : ils ont tous vécu le traumatisme de la séparation.
De quoi ont-ils besoin ?
En France, un enfant mineur n’est pas soumis à la réglementation du séjour (sauf cas exceptionnel où il souhaite travailler). En d’autres termes, il n’a pas besoin de papiers. Néanmoins, sa situation demeure très précaire à partir du moment où il est entré de façon irrégulière. Dès sa majorité, il deviendra « sans papiers ». D’autre part, s’il n’est pas arrivé seul, ses parents, eux, sont illégaux et donc menacés à tout instant d’expulsion. « Les mineurs subissent l’illégalité de leurs parents » explique Jérôme Martinez, Délégué Régional Ile de France de la Cimade. « Leur principal besoin est donc l’existence légale des parents » poursuit-il. Le Réseau Education Sans Frontière (RESF), créé en juin 2004, regroupe des parents d’élèves, des enseignants et des associations. Il soutient, par le biais de parrainages, les jeunes scolarisés dont la famille vit en France de façon irrégulière. Si les besoins essentiels sont d'ordre juridique et administratif afin d’obtenir la régularisation, les jeunes migrants sont souvent à la rue et peuvent avoir des soucis de santé. Dans son centre d'accueil en région parisienne, l’association Enfants du Monde - Droits de l'Homme les protège, leur offre un hébergement d'urgence, leur apporte un suivi médical et leur propose des activités éducatives et récréatives.
Quel avenir peuvent-ils espérer ?
L'objectif primordial des associations est de les écarter des réseaux mafieux et de les aider à vivre leur enfance et leur adolescence en paix. La démarche est de les mettre en confiance, de ne pas les brusquer. Il n’est pas possible, ni nécessaire de connaître la vérité de leur histoire, « le plus important pour nous est de leur donner les capacités de rebondir, qu’ils restent en France ou qu’ils rentrent chez eux. Nous tentons de construire un projet de vie avec chacun d’entre eux » explique Jean-Claude Nicolle du centre d’orientation de Taverny. Concrètement, trois possibilités s’offrent à un jeune mineur arrivé irrégulièrement sur le territoire français : le retour au pays si sa vie sur place n’est pas en danger ; la réunification familiale si il a de la famille présente dans l’espace Schengen et qu’elle est prête à l’accueillir ; enfin la dernière option est celle du placement dans un établissement de l’enfance. Ainsi le jeune migrant régularise son niveau scolaire, il peut apprendre le français et se former à un nouveau métier. Les jeunes sont en général très motivés. Ils considèrent le placement comme une chance qu’ils ne gâchent pas et apprennent très vite.
Le droit d'asile ?
Parmi les mineurs isolés étrangers qui arrivent en France, beaucoup sont des demandeurs d'asile. Leur arrivée croissante depuis 1997 a conduit France Terre d'Asile à ouvrir en janvier 2004 une plate-forme de jour réservée à ces jeunes souvent en grande souffrance morale ou physique. L'association les accompagne ainsi dans leurs démarches et les soutient par une écoute, un signalement auprès des autorités compétentes et un hébergement d'urgence si nécessaire. Enfin, pour tous, se pose le problème de l'intégration. Des cours de français et des formations sont dispensés via les associations mais l'intégration reste en grande partie une démarche personnelle pour les étrangers qui partent s’installer en dehors de chez eux.
Crédit photos : Croix Rouge française et Benjamain Horvais
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