Juliette Viatte | |
Éveiller les jeunes à la citoyenneté, c'est responsabiliser les adultes de demain.
Émeutes urbaines, mouvements anti CPE et manifestations diverses pourraient laisser penser que les jeunes ne croient plus en leur avenir. Pourtant il n’en est rien, comme le prouve une récente étude menée pour la Fondation de France auprès de jeunes âgés de 15 à 35 ans : 79 % d’entre eux souhaitent que la France change. Et pour cela, ils s’engagent dans un mouvement citoyen qui place l’individu au cœur de la société.
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Qu'est ce que la citoyenneté ?
Le champ d’action de la citoyenneté est particulièrement vaste puisqu’il touche aux valeurs humaines, démocratiques, sanitaires comme environnementales. Être citoyen ou porter des valeurs citoyennes, c’est réfléchir et comprendre la société dans laquelle on évolue mais aussi accepter d’y jouer un rôle pour influer sur les décisions. Pour Jean-Marc Roirant, président du Cidem, « Au-delà de la prise de conscience de l’intérêt général, être citoyen, c’est dans la vie quotidienne, apprendre à vivre ensemble, respecter les autres, s’écouter, mieux se comprendre. ».
On voit depuis quelques années apparaître un renouveau citoyen. L’étude de la Fondation de Francemontre qu’il est d’ailleurs porté par de nouvelles valeurs républicaines : plus d’égalité, de solidarité, de respect. L’égalité concerne davantage l’égalité des chances que celle des droits (hommes/femmes, handicapés, d’origine…). Il s’agit finalement d’une réflexion politique puisqu’elle met en jeu la place de l’individu au cœur même de la société. Les jeunes parlent aussi de respect, qui consiste à savoir écouter la parole de l’autre et à accepter la différence. La solidarité enfin joue un rôle primordial. Elle est construite pour les jeunes autour des notions d’entraide, de secours et d’altruisme.
Comment devient-on citoyen ?
On ne se décrète pas citoyen à 18 ans. La réflexion et l’apprentissage qui permettent de le devenir sont autant liés à l’environnement familial, qu’économique, social ou scolaire. Pour Christine Berbigier, Responsable Formation et Partenariats au sein de l’association Éveil, « la citoyenneté s’acquiert d’abord en famille, puis à l’école. Enfin les associations peuvent jouer un rôle complémentaire en proposant un regard différent. » Éveil travaille depuis maintenant 13 ans en partenariat avec l’Education nationale pour permettre aux adolescents de devenir acteurs et responsables de leur propre vie. « Cela signifie les aider à faire des choix, émettre une opinion, argumenter, comprendre l’impact de leurs gestes ou de leurs comportements, et surtout susciter chez eux le désir d’agir et de s’investir dans le monde qui les entoure ».
L’idée semble porter ses fruits. Les conseils de jeunes, soutenus par l’association Anacej, en sont une formidable illustration. Depuis le début des années 90, le nombre de conseils de jeunes progresse constamment. Il en existe aujourd’hui plus de 1 600 dont les représentants sont élus ou recrutés sur la base du volontariat. Ces jeunes, tous mineurs, donnent leur avis aux élus sur des projets qui les concernent, émettent des propositions, et font ainsi l’apprentissage de la démocratie.
Car il n’y a pas d’âge pour l’engagement militant et les jeunes sont demandeurs. 66 % des jeunes interrogés pour la Fondation de France font confiance aux citoyens pour que la société évolue. C’est dire s’ils croient en leur pouvoir d’action dont les formes peuvent être variées : conseils de jeunes, parlement des enfants, associations (900 000 associations actives en France agissent pour retisser du lien social, aider les personnes en difficulté, soutenir des projets culturels…), syndicats étudiants et représentations lycéennes. L’étude précise qu’il s’agit souvent d’un engagement de courte durée, qui va de pair avec son utilité immédiate. Le collectif ACLEFEU (Association collectif liberté égalité fraternité ensemble et unis) s’est ainsi créé à l’initiative d’éducateurs de Clichy sous Bois pour faire suite aux révoltes sociales de l’automne 2005. Aujourd’hui et après avoir sillonné 120 villes de France pour recueillir les doléances, le collectif met des mots sur les maux. Il soumet aux candidats à l’élection présidentielle un « contrat social et citoyen » comportant 105 propositions. Par ailleurs, il a largement incité les jeunes à s’inscrire sur les listes électorales pour faire entendre leur voix d’une manière citoyenne et responsable et peser ainsi dans le débat présidentiel.
Citoyen du monde
Mais la citoyenneté et son exercice ne s’arrêtent pas à nos frontières. « Je ne suis ni d’Athènes, ni de Corinthe, je suis citoyen du monde » affirmait déjà Socrate en son temps. Les institutions ont largement ouvert leurs portes aux plus jeunes pour leur permettre d’en appréhender les mécanismes. De nombreuses initiatives se multiplient pour rendre l’Europe concrète et accessible. Mais la citoyenneté, c’est aussi la prise de conscience de la mondialisation, des différences Nord/Sud pour lesquelles émergent quelques formes de réponses. L’instauration et la reconnaissance du commerce équitable en sont une. Les jeunes s’y investissent avec beaucoup de passion, conscients de leurs droits et de leurs devoirs, et volontaires pour construire un monde plus juste.
Crédits photos : Benjamin Horvais, Agnès Pain/copyright : Anace
Le champ d’action de la citoyenneté est particulièrement vaste puisqu’il touche aux valeurs humaines, démocratiques, sanitaires comme environnementales. Être citoyen ou porter des valeurs citoyennes, c’est réfléchir et comprendre la société dans laquelle on évolue mais aussi accepter d’y jouer un rôle pour influer sur les décisions. Pour Jean-Marc Roirant, président du Cidem, « Au-delà de la prise de conscience de l’intérêt général, être citoyen, c’est dans la vie quotidienne, apprendre à vivre ensemble, respecter les autres, s’écouter, mieux se comprendre. ».
On voit depuis quelques années apparaître un renouveau citoyen. L’étude de la Fondation de Francemontre qu’il est d’ailleurs porté par de nouvelles valeurs républicaines : plus d’égalité, de solidarité, de respect. L’égalité concerne davantage l’égalité des chances que celle des droits (hommes/femmes, handicapés, d’origine…). Il s’agit finalement d’une réflexion politique puisqu’elle met en jeu la place de l’individu au cœur même de la société. Les jeunes parlent aussi de respect, qui consiste à savoir écouter la parole de l’autre et à accepter la différence. La solidarité enfin joue un rôle primordial. Elle est construite pour les jeunes autour des notions d’entraide, de secours et d’altruisme.
Comment devient-on citoyen ?
On ne se décrète pas citoyen à 18 ans. La réflexion et l’apprentissage qui permettent de le devenir sont autant liés à l’environnement familial, qu’économique, social ou scolaire. Pour Christine Berbigier, Responsable Formation et Partenariats au sein de l’association Éveil, « la citoyenneté s’acquiert d’abord en famille, puis à l’école. Enfin les associations peuvent jouer un rôle complémentaire en proposant un regard différent. » Éveil travaille depuis maintenant 13 ans en partenariat avec l’Education nationale pour permettre aux adolescents de devenir acteurs et responsables de leur propre vie. « Cela signifie les aider à faire des choix, émettre une opinion, argumenter, comprendre l’impact de leurs gestes ou de leurs comportements, et surtout susciter chez eux le désir d’agir et de s’investir dans le monde qui les entoure ».
L’idée semble porter ses fruits. Les conseils de jeunes, soutenus par l’association Anacej, en sont une formidable illustration. Depuis le début des années 90, le nombre de conseils de jeunes progresse constamment. Il en existe aujourd’hui plus de 1 600 dont les représentants sont élus ou recrutés sur la base du volontariat. Ces jeunes, tous mineurs, donnent leur avis aux élus sur des projets qui les concernent, émettent des propositions, et font ainsi l’apprentissage de la démocratie.
Car il n’y a pas d’âge pour l’engagement militant et les jeunes sont demandeurs. 66 % des jeunes interrogés pour la Fondation de France font confiance aux citoyens pour que la société évolue. C’est dire s’ils croient en leur pouvoir d’action dont les formes peuvent être variées : conseils de jeunes, parlement des enfants, associations (900 000 associations actives en France agissent pour retisser du lien social, aider les personnes en difficulté, soutenir des projets culturels…), syndicats étudiants et représentations lycéennes. L’étude précise qu’il s’agit souvent d’un engagement de courte durée, qui va de pair avec son utilité immédiate. Le collectif ACLEFEU (Association collectif liberté égalité fraternité ensemble et unis) s’est ainsi créé à l’initiative d’éducateurs de Clichy sous Bois pour faire suite aux révoltes sociales de l’automne 2005. Aujourd’hui et après avoir sillonné 120 villes de France pour recueillir les doléances, le collectif met des mots sur les maux. Il soumet aux candidats à l’élection présidentielle un « contrat social et citoyen » comportant 105 propositions. Par ailleurs, il a largement incité les jeunes à s’inscrire sur les listes électorales pour faire entendre leur voix d’une manière citoyenne et responsable et peser ainsi dans le débat présidentiel.
Citoyen du monde
Mais la citoyenneté et son exercice ne s’arrêtent pas à nos frontières. « Je ne suis ni d’Athènes, ni de Corinthe, je suis citoyen du monde » affirmait déjà Socrate en son temps. Les institutions ont largement ouvert leurs portes aux plus jeunes pour leur permettre d’en appréhender les mécanismes. De nombreuses initiatives se multiplient pour rendre l’Europe concrète et accessible. Mais la citoyenneté, c’est aussi la prise de conscience de la mondialisation, des différences Nord/Sud pour lesquelles émergent quelques formes de réponses. L’instauration et la reconnaissance du commerce équitable en sont une. Les jeunes s’y investissent avec beaucoup de passion, conscients de leurs droits et de leurs devoirs, et volontaires pour construire un monde plus juste.
Crédits photos : Benjamin Horvais, Agnès Pain/copyright : Anace
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